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« Devenir un vrai pro, des voyages aux mariages !» avec JC Pieri

Photographe et vidéaste, JC Pieri a d'abord roulé en BMX freestyle avant de faire de l'image son métier. Aujourd'hui, il a posé son appareil dans plus de soixante pays, de l'Islande à la Namibie en passant par le Kenya et Madagascar. Au micro de Romain Esteban, il raconte la préparation d'un reportage, ses plus beaux souvenirs comme ses frayeurs, et partage sans détour sa manière d'apprendre la photo : d'abord le cadrage et le sujet, les réglages viennent après. Un échange sur le voyage, la transmission et le métier d'image.

JC Pieri, du BMX freestyle aux reportages animaliers autour du monde

Du BMX freestyle à la caméra

Avant d’être photographe et vidéaste, JC Pieri a été un professionnel du BMX freestyle. C’est le sport, et non l’image, qui l’a mis en mouvement : adolescent à Marseille, il fait du VTT dans les skateparks avec une petite bande de copains, puis bascule vers le BMX sur les conseils d’autres riders. La vidéo arrive en parallèle, presque par hasard, le jour où il « pique » la caméra à cassette que son père s’était offerte pour ses cinquante ans. L’idée, au départ, n’est pas d’en faire un métier, mais simplement de se fabriquer des souvenirs entre amis.

Le déclic esthétique vient avec le Canon 5D Mark II, un boîtier photo capable de filmer avec des optiques : « c’était une révolution », se souvient-il. À 21 ans, un rider rencontré lors d’événements qu’il avait organisés en France l’invite en Californie, à Santa Ana, où vivent plusieurs des meilleurs riders du monde. Il filme cette scène de niche, gagne une visibilité immense et finit par travailler pour des marques comme Red Bull. La passion du voyage, elle, s’était déjà réveillée à 17 ans, lors d’un séjour à New York et au Canada.

Préparer un reportage à l’autre bout du monde

JC Pieri dit avoir voyagé dans plus de soixante pays, longtemps seul « par manque de moyens », aujourd’hui accompagné d’une petite équipe — Jérémy, Hervé ou Nicolas selon les projets. Il organise ses voyages de A à Z et repère ses lieux à distance, sur Instagram et YouTube, en croisant les comptes de photographes spécialisés, les descriptions de vidéos, parfois les points GPS glissés en commentaire. Il insiste sur un point : certains spots fragiles ne se partagent qu’en confiance, pour éviter le tourisme de masse qui « détruit » des endroits entiers.

Il raconte un safari de neuf jours en Namibie avec son ami Hervé, et la ville fantôme de Kolmanskop, ancienne mine de diamants envahie par le sable, dont l’accès se négocie la veille dans une échoppe presque invisible. Mais le voyage qui l’a « retourné le cerveau », c’est Madagascar, sujet de son documentaire « Madagascar, un monde caché » : il y découvre une pauvreté matérielle doublée d’une autre forme de richesse, et décide que ses projets doivent désormais « avoir du sens ». Tout n’est pas idyllique : il livre aussi une frayeur rarement racontée, un vol en petit Cessna entre le Sri Lanka et la Malaisie où il a fallu transvaser l’essence en plein vol avant d’être escorté par deux avions de chasse malaisiens.

Le cadrage d’abord, les réglages ensuite

Formateur reconnu, JC Pieri commence toujours par la même question : « est-ce que tu es passionné ? » Pour lui, la passion précède tout, car c’est elle qui pousse à ne jamais compter ses heures. Vient ensuite sa conviction centrale : le plus important n’est pas les réglages, que « tu vas retrouver sur YouTube en trois minutes », mais le cadrage et le sujet. Ses conseils de base sont concrets — se mettre à la hauteur des éléments, s’approcher, retirer du cadre ce qui ne raconte rien. Il défend aussi le fait de toucher à tout — voyage, sport, animalier, mariage, astrophotographie, drone — plutôt que de se spécialiser trop tôt, une leçon rappelée par la période Covid, où les photographes de mariage se sont retrouvés sans activité.

Sur les réseaux sociaux, il tient un discours sans fard : ce sont d’abord un outil de visibilité, « il faut les voir comme un business ». Il assume un coup de gueule contre l’algorithme d’Instagram, qui pousse la vidéo et les reels au détriment de la photo, et préfère « cent likes » suivis d’un vrai projet à « dix mille likes » sans lendemain. Fidèle à cette exigence de sens, il refuse catégoriquement de promouvoir la chasse aux trophées, croisée dans des réserves africaines. Sa plus belle image ? Un portrait de bébé guépard réalisé au Kenya, lors d’un voyage où il a aussi photographié les deux derniers rhinocéros blancs du Nord. Prochaines étapes : un tournage au Cameroun pour une association qui construit des écoles, puis l’avant-première de son documentaire kényan, le 20 octobre au Grand Rex à Paris.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Romain Esteban, animateur du podcast « Les minutes photographiques »
  • Canon 5D Mark II, le boîtier hybride qui a marqué ses débuts d’image
  • Red Bull, l’une des marques pour lesquelles il a filmé des riders
  • « Madagascar, un monde caché », son documentaire tourné à Madagascar
  • Kolmanskop, ville fantôme et ancienne mine de diamants de Namibie
  • Valentin Lavis, l’ami guide qui organise ses safaris
  • Les deux derniers rhinocéros blancs du Nord, photographiés au Kenya
  • Le Grand Rex, à Paris, où il présente en avant-première son documentaire kényan le 20 octobre

Au fil de l’épisode

  • Présentation de JC Pieri, photographe et vidéaste voyageur
  • Ses débuts : du VTT et du BMX freestyle à Marseille à la caméra empruntée à son père
  • Le Canon 5D Mark II et le passage à des images plus esthétiques
  • Le départ à 21 ans en Californie pour filmer les meilleurs riders du monde
  • La naissance du goût du voyage et les plus de soixante pays parcourus
  • Comment il prépare un reportage : matériel, équipe, repérage des lieux
  • La préservation des spots face au tourisme de masse
  • Le safari en Namibie et la ville fantôme de Kolmanskop
  • Madagascar, « le voyage qui m’a retourné le cerveau », et la quête de sens
  • La frayeur du vol en Cessna entre le Sri Lanka et la Malaisie
  • Ses conseils pour progresser : la passion, le cadrage et le sujet avant les réglages
  • Pourquoi toucher à tout plutôt que se spécialiser trop tôt
  • Le module mariage et l’importance de l’expérience du terrain
  • Les réseaux sociaux vus comme un outil de visibilité et son coup de gueule sur l’algorithme
  • « L’appareil ne fait pas le photographe » : de belles images avec du matériel d’entrée de gamme
  • Sa plus belle photo, un bébé guépard au Kenya, et les rhinocéros blancs du Nord
  • Le projet qu’il refuserait : promouvoir la chasse aux trophées
  • Ses projets : le Cameroun et l’avant-première de son documentaire au Grand Rex

FAQ

Qui est JC Pieri ?

JC Pieri est un photographe et vidéaste français, également réalisateur et formateur. Ancien professionnel de BMX freestyle, il est venu à l’image par la vidéo avant la photo. Grand voyageur, il dit avoir parcouru plus de soixante pays et partage son travail ainsi que ses formations photo et vidéo auprès d’une large communauté.

Comment JC Pieri est-il passé du sport à la photographie ?

Adolescent à Marseille, il filmait ses amis en VTT puis en BMX avec la caméra de son père, d’abord pour se faire des souvenirs. Le BMX freestyle l’a mené jusqu’en Californie, où il a filmé les meilleurs riders du monde. Cette visibilité l’a amené à travailler pour des marques, puis à faire de l’image son métier.

Quel est le principal conseil de JC Pieri pour progresser en photo ?

Pour lui, la passion vient en premier, puis le cadrage et le sujet, bien avant les réglages techniques. Il conseille de se mettre à la hauteur des éléments, de s’approcher et d’éliminer du cadre ce qui ne raconte rien. Les réglages, dit-il, s’apprennent vite ; c’est le regard qui fait la différence.

Faut-il un appareil coûteux pour faire de belles photos ?

Non, selon JC Pieri : « le matériel ne fait jamais le photographe ». Il a même conçu une formation réalisée avec un appareil à moins de 300 euros pour montrer que le cadrage, la retouche et le montage comptent davantage que le matériel. Un équipement haut de gamme apporte des « plus », mais reste secondaire.

De quoi parle le documentaire de JC Pieri au Kenya ?

Tourné à partir de 2021, ce documentaire aborde le conflit entre l’homme et la nature et la disparition des animaux. JC Pieri y a photographié les deux derniers rhinocéros blancs du Nord au monde. L’avant-première est annoncée le 20 octobre au cinéma Le Grand Rex, à Paris, dans une salle de 500 places.

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