Un boîtier choisi pour durer
D’emblée, Julien Bukowski prévient : il n’est pas sponsorisé et ne désignera pas « le meilleur » appareil. Le choix se fait selon ses besoins, les caractéristiques qui comptent pour soi et son budget. Lui a cherché la plus haute résolution possible et s’est tourné vers Nikon, du D800 au D850, dont il loue la qualité du capteur plein format pour capter les atmosphères et réaliser des impressions en grand format — des tirages que des entreprises lui commandent pour leurs locaux. Il rappelle que Canon et Nikon sont les deux marques principales : davantage d’objectifs disponibles, y compris des optiques Sigma ou Tamron souvent moins chères.
Son conseil le plus insistant : choisir sa marque en pensant au futur, car en changer oblige à racheter tous ses objectifs. « Réfléchis bien au départ », résume-t-il.
Des objectifs pour couvrir tout le paysage
Pour le paysage, Julien Bukowski privilégie le grand-angle : une petite focale ouvre un large champ et permet d’intégrer le premier plan, fleurs, rochers ou texture du sol. Il utilise un 16-35 mm et met en garde contre les ultra-grands-angles, dont la forte distorsion « bouleverse les géométries » — il déconseille de descendre sous 16 mm. Il rappelle qu’un capteur APS-C multiplie la focale par 1,5. Pour rester léger, il couvre toutes les focales avec deux objectifs seulement, un 16-35 et un 24-300 mm, et réserve le téléobjectif — un Sigma 150-600 mm Sport, lourd et encombrant — aux scènes lointaines comme des montagnes embrumées.
Côté méthode d’achat, il conseille de fixer son budget avant de regarder le marché, d’investir une fois pour toutes dans la qualité plutôt que de multiplier les remplacements, et de comparer les optiques sur DxOMark.
Stabilité, filtres et accessoires de terrain
Le trépied doit être robuste et pas trop léger, sous peine de bouger au vent ou dans un courant ; Julien Bukowski recommande la qualité plutôt que plusieurs modèles bas de gamme, se méfie des rotules à boule pour les panoramas et apprécie les serrages rapides. Son « meilleur achat » reste le L-bracket, qui permet de passer en cadrage vertical sans faire pivoter la tête du trépied et évite ainsi le léger flou en pose longue. Il ne défend que deux filtres, ceux qu’aucun logiciel ne remplace : le polarisant, qui supprime les reflets sur l’eau et atténue la brume atmosphérique, et le filtre ND (gris neutre), qui allonge le temps de pose pour l’effet filé des cascades. Il préfère les ND pleins aux filtres gradués, moins pratiques en montagne.
Il complète avec une télécommande — précieuse en mode bulb pour les poses de plus de 30 secondes —, un sac photo robuste et étanche capable de porter le trépied, une série d’applications de préparation (SunSurveyor, Hyperfocal Pro, Clear Outside, une météo fiable) et, en bonus, une tablette graphique Wacom pour retoucher au stylet.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Nikon D800 et Nikon D850 — les boîtiers plein format utilisés par Julien Bukowski.
- Canon EOS 5D Mark III — cité en comparaison au moment de son choix de boîtier.
- Sigma 150-600 mm Sport — le téléobjectif qu’il emporte pour les scènes lointaines.
- Trépied et L-bracket Manfrotto — pour la stabilité et le passage en cadrage vertical.
- DxOMark — site de comparaison et de notation des objectifs.
- Adobe Lightroom et Adobe Photoshop — pour le développement et le post-traitement.
- Tablette Wacom — pour retoucher ses photos au stylet.
- Applications de préparation : SunSurveyor, The Photographer’s Ephemeris, Hyperfocal Pro, Clear Outside, SkyView et une application météo (meteoblue).
Au fil de l’épisode
- Quel appareil photo choisir : marque, capteur, résolution et budget.
- Pourquoi s’engager avec une marque en pensant au futur.
- Le grand-angle, objectif favori pour le paysage.
- La distorsion des ultra-grands-angles et la limite des 16 mm.
- L’objectif zoom pour couvrir les focales intermédiaires.
- Le téléobjectif pour les scènes lointaines.
- Comment choisir ses objectifs : budget, marques et DxOMark.
- Le trépied : poids, robustesse et qualité.
- Rotule, réglages et serrage des pieds.
- Le L-bracket, le « meilleur achat » pour le cadrage vertical.
- Le filtre polarisant : reflets, brume et saturation.
- Le filtre ND et les filtres gradués pour les poses longues.
- La télécommande et le mode bulb.
- Le sac photo : protection, robustesse et portage du trépied.
- Les applications de préparation (soleil, météo, nuages, étoiles).
- Le petit plus : la tablette graphique Wacom.
FAQ
Quel appareil photo choisir pour la photographie de paysage ?
Selon Julien Bukowski, aucune marque n’est « la meilleure » : le choix dépend de vos besoins, des caractéristiques prioritaires et de votre budget. Il privilégie une haute résolution et un capteur plein format, et rappelle que Canon et Nikon offrent le plus large choix d’objectifs. Son conseil : choisir sa marque en pensant au long terme, car en changer impose de tout racheter.
Quels objectifs privilégier en photo de paysage ?
Le grand-angle est l’objectif favori de Julien Bukowski : une petite focale élargit le champ et met en valeur le premier plan. Il conseille de ne pas descendre sous 16 mm pour éviter la distorsion. Pour rester léger, il couvre toutes les focales avec deux objectifs, un 16-35 et un 24-300 mm, et garde un téléobjectif pour les scènes lointaines.
Quel trépied choisir pour le paysage ?
Il recommande un trépied robuste, pas trop léger, qui ne bougera pas au vent ni dans un courant, et de miser sur la qualité plutôt que d’enchaîner les modèles bas de gamme. Il se méfie des rotules à boule, peu pratiques pour les panoramas, et préfère une tête réglable horizontalement et verticalement, plus précise.
À quoi servent le filtre polarisant et le filtre ND en paysage ?
Ce sont les deux filtres qu’aucun logiciel ne remplace, selon Julien Bukowski. Le polarisant supprime les reflets sur l’eau, laisse voir sous la surface et atténue la brume atmosphérique. Le filtre ND, ou gris neutre, réduit la lumière entrante pour allonger le temps de pose, indispensable pour l’effet filé des cascades en plein jour.
Pourquoi utiliser une télécommande en photo de paysage ?
Un déclenchement à distance évite les vibrations provoquées par l’appui sur le déclencheur, qui nuisent à la netteté. Julien Bukowski précise qu’une télécommande est surtout utile en mode bulb, pour les poses de plus de 30 secondes que l’on démarre et arrête à distance. À défaut, le retardateur de deux ou trois secondes rend le même service.
Quelles applications aident à préparer ses photos de paysage ?
Julien Bukowski utilise SunSurveyor pour connaître la position du soleil, de la lune et de la Voie lactée, ainsi que les heures dorée et bleue. Il cite aussi Hyperfocal Pro pour calculer l’hyperfocale, Clear Outside pour les couches de nuages, SkyView pour repérer les étoiles et une application météo fiable comme meteoblue.
