Du treillis au clergyman
Pendant 22 ans, l’abbé Christian Venard a été militaire dans l’armée française, avec le statut d’officier. Aumônier parachutiste, il a plus souvent porté le treillis et le béret rouge que la soutane, un passé qui lui a valu le surnom de « Padré », une appellation qu’il affectionne pour son côté accessible. Aujourd’hui jeune retraité de l’armée, il sert le diocèse de Monaco, notamment comme aumônier des carabiniers et des sapeurs-pompiers. S’il porte encore parfois l’uniforme, c’est surtout en soutane qu’il officie, une soutane ornée des couronnes princières et d’une croix pectorale dessinée par le Prince Albert lui-même, signe de l’intégration de sa fonction au sein de la Force Publique d’un État catholique.
Ce parcours atypique l’a placé au cœur des liens forts qui unissent l’armée française et la Principauté.
Une histoire d’amitié
L’abbé Venard raconte comment il a été l’artisan du marrainage du 17e Régiment du génie parachutiste (RGP) par la princesse Caroline. Une suggestion faite presque innocemment, que la Princesse a prise très à cœur, se montrant particulièrement proche du régiment dans les moments difficiles, comme la perte de soldats en Afghanistan ou plus récemment au Liban. Cette relation s’inscrit dans une longue histoire d’amitié entre les Grimaldi et les armées françaises, depuis que les princes de Monaco sont devenus pairs de France sous Louis XIII. L’abbé évoque aussi des souvenirs plus personnels, comme le brevet parachutiste passé par Pierre Casiraghi dans un de ses anciens régiments.
Il souligne l’état d’esprit commun fait d’humilité et de professionnalisme qui unit ces sapeurs parachutistes aux carabiniers et sapeurs-pompiers de Monaco.
La mission avant tout
Lors de la visite historique du pape Léon XIV à Monaco, l’abbé Christian Venard n’était pas au premier rang pour servir la messe, mais dans une cabine de commentateur. Une position qu’il a acceptée au nom de la mission que lui a confiée son évêque en tant que délégué à la communication. Il explique ce principe appris dans l’armée : « La mission ne vous appartient pas. » C’est un exercice de dépossession de soi, qui consiste à accepter la tâche donnée, même si elle ne correspond pas à ses désirs personnels. Il y voit un écho direct avec la figure du pape lui-même, qui incarne le don total de sa personne à sa mission, au service de l’Église.
« On apprend à se déposséder aussi un peu de soi-même, à accepter de se dire : je ne suis pas le seul maître de ma vie. »
Un pape à la rencontre d’un peuple
L’abbé Venard analyse en profondeur le message délivré par le pape Léon XIV, qui a su, selon lui, saisir l’essence de Monaco. Loin des clichés, le pape a vu une « grande famille » et a confié à la Principauté une mission : approfondir la doctrine sociale de l’Église pour construire un monde plus juste. Chaque discours, que ce soit devant les autorités, dans la cathédrale ou face aux jeunes à l’église Sainte-Dévote, était une facette d’un appel global à la cohérence, à la liberté et à l’ancrage dans une vie intérieure. Le pape a encouragé Monaco à être un « champ d’expérimentation », un modèle de société capable de puiser dans ses racines chrétiennes pour affronter l’avenir.
Pour l’abbé, le pape a lancé un appel à faire de Monaco une société où personne n’est laissé sur le bord du chemin.
Les références de l’épisode
- Personnes : Pape Léon XIV, Prince Albert II, Princesse Caroline, Princesse Charlène, Princesse Stéphanie, Pierre Casiraghi, Colonel Fringan, Colonel Pieds, Capitaine Nétourmi, Lieutenant-colonel Ivrard, Père Penzo, le terroriste Mera, Pape Jean-Paul II, Pape François, Mgr Salas, Guillaume Zeller, Monseigneur Maquer, Dominique Marie David.
- Institutions et corps : Force Publique de Monaco, Carabiniers du Prince, Sapeurs-pompiers de Monaco, 17e Régiment du génie parachutiste (17e RGP), 3e RPIMa, Légion étrangère, Armée française, Tzahal, Hezbollah, Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban), Diocèse de Monaco, Vatican, Croix-Rouge monégasque.
- Lieux : Monaco, Afghanistan, Liban, Montauban, Toulouse, Aubagne, Cathédrale de Monaco, Stade Louis II, Église Sainte-Dévote, Marché de la Condamine.
- Médias : Journal La Croix, CNews, Paroles et prières, Aujourd’hui Dimanche.
- Livres de l’invité : « Un prêtre à la guerre », « La sainteté de A à Z », « Libre, propos sur l’Église, évêque et prêtre en dialogue sur les questions brûlantes ».
Au fil de l’épisode
- Le surnom de « Padré », hérité de ses années comme aumônier dans l’armée française.
- La différence de statut entre l’aumônier militaire en France et sa fonction actuelle à Monaco.
- L’histoire de la croix pectorale de l’aumônier de la Force Publique, dessinée par le Prince Albert.
- Le lien entre la princesse Caroline et le 17e RGP, un régiment de parachutistes dont elle est la marraine.
- Le souvenir des soldats du 17e RGP tués en Afghanistan et lors de l’affaire Merah à Montauban.
- Les liens historiques entre la famille Grimaldi et les armées françaises.
- L’anecdote d’un saut en parachute avec Pierre Casiraghi.
- L’humilité et le professionnalisme, des valeurs partagées par les sapeurs parachutistes, les carabiniers et les sapeurs-pompiers de Monaco.
- Son rôle de commentateur pour le diocèse durant la visite du pape Léon XIV.
- La notion de « mission » et de dépossession de soi dans la vie d’un prêtre.
- Le pape comme exemple ultime du don de soi à sa charge.
- La justesse du regard du pape sur la réalité de Monaco, loin des clichés.
- Le déjeuner simple et familial du pape à l’archevêché.
- La rencontre avec les jeunes à Sainte-Dévote, un moment fort ajouté au programme à la demande du Vatican.
- Les formules marquantes du pape et son appel à « transmettre la joie ».
- La mission confiée à Monaco : être un modèle de société juste, inspiré par la doctrine sociale de l’Église.
- L’appel du pape à la cohérence entre la foi et les lois d’un État catholique.
- Le rôle fédérateur de la famille princière et le « Monaco Way of Life ».
- La réflexion sur la place des travailleurs pendulaires dans la société monégasque.
- Le travail qui commence pour le diocèse après le passage du pape.
- L’effet unificateur de la préparation de la visite sur les forces vives de la Principauté.
- Le rôle du pape comme ferment d’unité pour affermir ses frères dans la foi.
- Un moment d’échange personnel et humain avec le pape Léon XIV à la cathédrale.
- La différence de style entre le pape Léon XIV et Jean-Paul II.
- La présentation des livres écrits par l’abbé Christian Venard.
FAQ
Qui est l’abbé Christian Venard ?
L’abbé Christian Venard est un prêtre au parcours atypique. Ancien aumônier militaire dans l’armée française pendant 22 ans, il a notamment servi auprès des régiments parachutistes. Aujourd’hui à Monaco, il est l’aumônier de la Force Publique (carabiniers et sapeurs-pompiers) et le délégué épiscopal à la communication pour le diocèse. Il est également l’auteur de plusieurs livres sur son expérience et sur la foi.
Quel était le rôle de l’abbé Venard lors de la visite du pape à Monaco ?
En tant que délégué épiscopal à la communication du diocèse, l’abbé Venard a été chargé par son archevêque de commenter en direct l’intégralité de la visite du pape Léon XIV pour les médias. Bien qu’il aurait pu souhaiter être au plus près du pape, il a accepté cette mission de service, illustrant le principe de disponibilité et d’obéissance qu’il a appris durant sa carrière militaire et sacerdotale.
Pourquoi la princesse Caroline est-elle la marraine d’un régiment de parachutistes ?
C’est l’abbé Christian Venard, alors aumônier du 17e Régiment du génie parachutiste (RGP), qui a suggéré à la princesse Caroline de devenir la marraine de cette unité. La Princesse a accepté et a pris ce rôle très à cœur, se montrant particulièrement présente et attentive auprès du régiment, notamment lors des moments douloureux, comme la perte de soldats en opération.
Quel message principal le pape Léon XIV a-t-il adressé à Monaco ?
Le pape Léon XIV a confié à Monaco la mission d’être un « modèle de société » pour le monde. Il a appelé la Principauté à puiser dans ses racines chrétiennes pour construire un avenir plus juste et à faire preuve de cohérence en tant qu’État catholique, notamment dans le respect de la vie. Il a encouragé les Monégasques, et en particulier les jeunes, à cultiver une vie intérieure pour rester libres et être le visage du Christ.
Quels liens unissent la Principauté de Monaco et l’armée française ?
Les liens sont anciens et profonds, remontant à l’alliance avec le roi de France Louis XIII. Les princes de Monaco ont souvent servi comme officiers dans les armées françaises. Aujourd’hui, ces liens perdurent à travers des relations fortes, comme l’attachement du Prince Albert à la Légion étrangère ou le marrainage d’un régiment parachutiste par la princesse Caroline, illustrant une amitié et un respect mutuels.
