Les rêves nés dans les livres
Agnès Géminet raconte comment sa passion pour l’aventure est née dans les pages des livres, bien avant de parcourir le monde. Dès qu’elle a su lire, elle est devenue une « boulimique de lecture », dévorant les œuvres de Jules Verne, Joseph Kessel ou encore Albert Londres. Les cartes, les bandes dessinées d’Hugo Pratt et de Tintin, et les films comme Indiana Jones ont forgé son imaginaire et son désir d’être une exploratrice. Cet univers de papier était sa seule porte d’accès à un ailleurs inaccessible depuis sa Sologne natale, nourrissant une volonté farouche de ne pas suivre un parcours classique.
Cette aspiration s’est très vite traduite en actes. Inspirée par des personnages comme Rambo, elle s’entraînait dans la nature avec ses frères, apprenant les bases de la survie, de la fabrication d’un arc à la reconnaissance des plantes comestibles. Pour elle, endurcir son corps était le moyen de libérer son esprit et de se préparer à vivre une « vie de roman ».
L’aventure au coin de la rue
Pour Agnès Géminet, le voyage n’est pas qu’une question de déplacement géographique, c’est un « corps à corps avec la vie » qui peut se pratiquer au quotidien, y compris en milieu urbain. Elle a transposé ses techniques de survie à la ville, expérimentant un mode de vie volontairement précaire pour rester connectée aux autres et à l’essentiel. Elle explique comment trouver un abri dans un container, apprivoiser l’humidité des parcs ou encore l’importance des bains publics parisiens, qu’elle décrit comme une « antichambre de la dignité ». Elle partage même sa technique pour pêcher le pigeon à la canne à pêche sur les toits de Paris.
Ce choix de l’inconfort et du dénuement matériel est une philosophie. Voyager avec le moins d’argent possible, explique-t-elle, force la rencontre et l’échange. Sa seule richesse, ce sont ses livres, une « bibliothèque intérieure » qu’elle emporte partout et dont elle ne pourrait se séparer. C’est cet équilibre entre une vie à la dure et une sensibilité de poétesse qui lui permet, selon ses mots, de garder les pieds sur terre tout en continuant de rêver.
Agnès Géminet nous recommande…
- « Le dictionnaire amoureux de Kessel » — Joseph Kessel, le livre qu’elle lisait au moment de l’enregistrement.
Pour aller plus loin
- Le compte Instagram d’Alexandre Sattler
- La page Facebook d’Alexandre Sattler
- Le site internet du photographe Alexandre Sattler
- Le site de l’association Regard’Ailleurs
Les références de l’épisode
- Personnes : Alexandre le Grand, Joseph Kessel, Henry de Monfreid, Hugo Pratt, Arthur Rimbaud, Jules Verne, Albert Londres, Jacques-Yves Cousteau, Maurice Herzog, Lawrence d’Arabie, Victor Hugo, Douglas MacArthur, Don Quichotte.
- Œuvres citées : Michel Strogoff (Jules Verne), Le Lion (Joseph Kessel), les bandes dessinées Tintin, Tanguay et Laverdure, Blake et Mortimer, le film Indiana Jones, les personnages de Rambo et Rocky, le roman Croc-Blanc, le poème « À qui la faute ? » (Victor Hugo), le personnage du Petit Prince, Le dictionnaire amoureux de Kessel.
- Lieux et événements : Festival du Grand Bivouac, la Sologne, Clermont-Ferrand, la Normandie, l’Éthiopie, le Proche-Orient, l’Afrique, Paris.
- Concepts : la méthode naturelle (entraînement physique), le parkour (sport).
Au fil de l’épisode
- Les origines de sa soif d’aventure : les livres de Jules Verne et Joseph Kessel, les cartes et les BD.
- L’influence du cinéma, d’Indiana Jones à Cousteau, sur ses rêves d’enfant.
- Comment le sentiment d’inaccessibilité a nourri son désir de partir.
- L’inspiration Rambo : s’entraîner à la survie en forêt avec ses frères.
- La transition de la nature à la ville : l’exploration et la survie en milieu urbain.
- Sa philosophie de l’inconfort choisi pour ne pas « se noyer dans le confort » et rester ouvert aux rencontres.
- Le quotidien en ville sans domicile fixe : trouver un abri, gérer l’humidité et l’importance des bains publics.
- Sa technique pour attraper un pigeon parisien à la canne à pêche sur les toits.
- Son rapport à l’argent : un simple moyen, jamais une fin, pour préserver sa liberté.
- L’importance capitale des livres, ses seules possessions essentielles.
- L’écriture et la poésie comme moyen d’équilibrer une vie « à la dure ».
- Sa définition du voyage comme un « corps à corps avec la vie ».
- Son conseil pour avancer : faire confiance en l’humanité.
FAQ
Qui est Agnès Géminet ?
Agnès Géminet est une poétesse et aventurière française. Inspirée depuis son enfance par la littérature de voyage et d’aventure, elle a adopté un mode de vie nomade et une philosophie basée sur l’exploration, que ce soit dans des pays lointains ou en milieu urbain. Elle choisit de vivre avec peu pour privilégier la rencontre humaine et l’intensité de l’instant présent.
Quelles sont ses principales sources d’inspiration ?
Ses inspirations sont avant tout littéraires. Elle cite les grands explorateurs et écrivains comme Joseph Kessel, Henry de Monfreid, Arthur Rimbaud ou Jules Verne comme ses mentors. Son imaginaire a aussi été marqué par la bande dessinée (Hugo Pratt, Tintin) et le cinéma d’aventure, notamment des figures comme Indiana Jones, Rambo ou les documentaires du commandant Cousteau.
Pourquoi choisit-elle de vivre dans l’inconfort ?
Pour Agnès Géminet, l’inconfort est un choix délibéré pour ne pas « se noyer dans le confort » et perdre son « étincelle de jeunesse ». Se mettre volontairement dans des situations précaires, comme dormir dehors en ville, lui permet de rester plus réceptive aux autres et de provoquer des rencontres authentiques. C’est une manière de s’endurcir et de garder une grande ouverture d’esprit.
Quel est son rapport aux livres ?
Les livres sont les seules possessions matérielles auxquelles elle est profondément attachée. Elle les considère comme sa « bibliothèque intérieure », une source inépuisable d’inspiration et de réconfort. Même en voyage, elle emporte toujours des livres avec elle. C’est pour elle un lien essentiel à la culture et au rêve, un héritage précieux dont elle ne pourrait se séparer.
Comment attrape-t-on un pigeon à Paris selon elle ?
Agnès Géminet décrit une technique de pêche urbaine. Pour attraper un pigeon, elle conseille d’utiliser une canne à pêche avec un petit hameçon et un morceau de pain en guise d’appât. L’idéal, précise-t-elle, est de pratiquer cette pêche depuis un toit, en toute discrétion. Une fois l’oiseau ferré, il suffit de le préparer comme n’importe quel gibier.
