La naissance d’un regard
Alexandre Deschaumes se définit comme un photographe des atmosphères étranges et tourmentées de la nature sauvage. Également musicien, il a toujours été attiré par les mondes parallèles et l’imaginaire, nourri par les livres, les films et la musique. C’est vers 2002 qu’il commence à traduire cette sensibilité en images, captivé par les brumes des forêts d’automne qui lui évoquent une forme de mélancolie et de rêverie. Originaire de Haute-Savoie, il n’a pourtant pas grandi en montagnard ; c’est plus tard, vers 2007, qu’il découvre le trek et les paysages grandioses. Pour lui, la photographie est alors un moyen d’expression essentiel, un exutoire à sa timidité.
« Le fait de faire l’image, c’est déjà une émotion sur place. Sinon, l’image, en général, elle sera vide et un petit peu nulle. »
Vivre de sa photographie
Loin des grands ciels bleus, Alexandre Deschaumes recherche des conditions météorologiques difficiles, souvent à la lisière d’une tempête, pour capturer des ambiances uniques. Cette quête d’inspiration est cependant un combat permanent, marqué par des doutes et une difficulté à maintenir l’énergie créatrice. Il évoque son rapport complexe à la solitude : nécessaire pour s’isoler mentalement, mais parfois angoissante lors de longs voyages. C’est pourquoi il part souvent accompagné, notamment lors des stages photo qu’il organise en Patagonie avec l’agence Nature du Monde. Il aborde sans détour la précarité de son métier. S’il refuse les commandes qui l’éloignent de sa vision, il reconnaît « vivoter » de sa passion, grâce à la vente de tirages, aux stages et à la notoriété apportée par le film « La quête d’inspiration ».
Ce documentaire, né de sa rencontre avec le réalisateur Mathieu Le Lay, suit sa démarche artistique et ses questionnements en Patagonie, en Islande ou encore dans les montagnes près de chez lui.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Mathieu Le Lay, réalisateur
- Vincent Munier, photographe
- « La quête d’inspiration », film documentaire
- Festival Curieux Voyageurs à Saint-Etienne
- Nature du Monde, agence de voyage à Annecy
- Lieux mentionnés : Haute-Savoie (Annemasse, Vallée Verte, Chamonix), Népal, Patagonie, Islande, Vosges, Bretagne (Île d’Ouessant), Jura, Hautes-Alpes (Vallée de la Clarée)
Au fil de l’épisode
- Présentation d’Alexandre Deschaumes : photographe et musicien des atmosphères étranges.
- Ses débuts en photographie, inspirés par l’imaginaire, les livres et les films.
- La découverte des brumes d’automne comme première source d’inspiration.
- Un rapport à la montagne qui n’est pas inné, malgré ses origines en Haute-Savoie.
- La photographie comme moyen d’expression pour une personnalité timide.
- L’importance de l’émotion ressentie sur le terrain pour créer une image forte.
- Sa préférence pour les conditions météorologiques difficiles et les ambiances de tempête.
- Les difficultés à maintenir l’inspiration et l’énergie pour créer.
- Son projet de voyage au Népal pour se renouveler.
- Le rapport à la solitude : entre besoin d’isolement et angoisse.
- L’organisation de stages photo, notamment en Patagonie, pour être dans un contexte rassurant.
- La difficulté de voyager avec d’autres photographes sans faire les mêmes images.
- Le métier de photographe, un rêve d’enfant ? Pas du tout, il se rêvait pilote d’avion.
- Sa vision du travail et son refus des commandes alimentaires.
- La difficulté de vivre d’une photographie d’auteur, poétique et personnelle.
- Vincent Munier comme exemple et source d’espoir.
- Le retour des galeries : son travail jugé souvent trop sombre ou mélancolique.
- Sa situation économique : il « vivote » de sa passion, sans grosses contraintes financières.
- Les multiples casquettes du photographe : webmaster, communicant, etc.
- La rencontre avec le réalisateur Mathieu Le Lay et la naissance du film « La quête d’inspiration ».
- Le tournage du film en Patagonie, Islande, et dans diverses régions de France.
- Le processus de co-réalisation et son aisance face à la caméra.
- Analyse d’une de ses photos : un grand panoramique de Patagonie, assemblage de 12 images.
- Sa technique de post-traitement sur Photoshop, pour peaufiner les contrastes et la lumière sans dénaturer le réel.
- L’évolution de son activité : des mariages à ses débuts vers une concentration sur son travail d’auteur.
FAQ
Qui est Alexandre Deschaumes ?
Alexandre Deschaumes est un photographe français originaire de Haute-Savoie, également musicien. Il est connu pour son approche artistique de la photographie de nature, cherchant à capturer des atmosphères qu’il qualifie d’oniriques, étranges et tourmentées. Son travail a fait l’objet d’un film documentaire intitulé « La quête d’inspiration », réalisé par Mathieu Le Lay.
Comment Alexandre Deschaumes a-t-il commencé la photographie ?
Il a commencé la photographie vers 2002-2003, après avoir été longtemps inspiré par les mondes imaginaires des livres, films et musiques. Il a trouvé dans les paysages brumeux des forêts d’automne un écho à sa propre mélancolie. La photographie est devenue pour lui un moyen d’exprimer des émotions qu’il avait du mal à verbaliser, étant de nature timide et réservée.
Qu’est-ce que le film « La quête d’inspiration » ?
« La quête d’inspiration » est un film documentaire qui suit la démarche photographique d’Alexandre Deschaumes. Réalisé par Mathieu Le Lay, le projet est né de leur rencontre en 2011. Le film explore les errances créatives du photographe, ses doutes et sa recherche d’images fortes dans des lieux comme la Patagonie, l’Islande ou les montagnes des Alpes.
Quelle est la particularité du style photographique d’Alexandre Deschaumes ?
Son style se distingue par une recherche d’ambiances spécifiques, loin de la photographie de paysage classique. Il privilégie les conditions météorologiques difficiles, comme les fins de tempête, la brume ou la neige, pour créer des images à l’atmosphère onirique, mélancolique et parfois sombre. Il cherche à exprimer une vision personnelle et évocatrice de la nature plutôt qu’une simple représentation.
Comment Alexandre Deschaumes vit-il de son métier de photographe ?
Il explique qu’il « vivote » de sa photographie. Ses revenus proviennent principalement de la vente de tirages d’art, de l’organisation de stages photo en France et à l’étranger (notamment en Patagonie), et de conférences. Il a fait le choix de refuser la plupart des photos de commande pour se concentrer sur son travail personnel, ce qui rend sa situation économique plus fragile.
