Un double engagement
Béatrice Fresko-Rolfo partage son temps entre son mandat de Conseillère Nationale à Monaco et son rôle à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. C’est au contact de ses collègues européens qu’elle a pris conscience des avancées possibles pour la principauté, en s’inspirant des « bonnes pratiques » observées à l’étranger. Cet engagement politique, qu’elle qualifie d’« école de persévérance », demande de convaincre ses pairs puis le gouvernement, un processus souvent long. En parallèle, elle préside l’association l’Œuvre de Sœur Marie, qui vient en aide aux aînés. Une action caritative où, contrairement à la politique, les résultats sont immédiats et visibles, apportant un « mieux vivre » et un « mieux être » aux personnes aidées.
Pour elle, ces deux facettes de son engagement sont intimement liées par une même volonté de se mettre au service des autres.
Faire avancer la société
Convaincue que la communauté monégasque est prête pour des avancées sociétales, Béatrice Fresko-Rolfo porte des sujets comme l’union des personnes de même sexe ou les droits des familles homoparentales. Elle constate que les aînés et les femmes sont souvent les plus enclins à soutenir ces évolutions, se souvenant des combats qu’ils ont dû mener pour leurs propres droits. Elle s’inquiète cependant de la montée des conservatismes en Europe, notamment en Europe de l’Est, qui menace les droits des femmes et des minorités. « Je pensais que notre monde était plus bienveillant que ça », confie-t-elle, soulignant la nécessité de ne rien lâcher.
Elle défend avec force le dossier de l’adoption pour les couples de même sexe, en se plaçant du point de vue de « l’intérêt supérieur de l’enfant », qui ne devrait pas pouvoir perdre un de ses parents légalement en traversant une frontière.
Une femme de convictions
Élue depuis 2013, Béatrice Fresko-Rolfo puise sa motivation dans les nouvelles batailles à mener. Fille d’une mère d’origine scandinave, elle a grandi dans un environnement ouvert, où le débat était encouragé. Cette éducation, qui laissait une grande autonomie aux enfants, lui a appris à « se débrouiller ». Son engagement s’est cristallisé lors de ses premières années au Conseil de l’Europe, où les échanges avec ses homologues lui ont ouvert les yeux sur des situations difficiles. Elle raconte avec émotion son premier rapport sur les mutilations génitales féminines en Europe, une expérience qui l’a profondément marquée et a renforcé sa détermination.
Mère de deux filles, elle ne lie pas son combat féministe à sa situation personnelle, mais à la prise de conscience de situations injustes qu’elle a pu observer.
Le jeu politique monégasque
Béatrice Fresko-Rolfo décrit le travail au sein du Conseil National comme un lieu de débats et d’échanges constructifs, même entre élus de sensibilités différentes. Elle apprécie particulièrement le travail en commission, loin des séances publiques, où les textes sont discutés et amendés en profondeur. Fervente défenseure des institutions monégasques, elle estime qu’elles assurent une stabilité qui permet un vrai débat démocratique. La proximité entre les élus et les membres du gouvernement est, selon elle, un atout pour faire avancer les dossiers dans l’intérêt général.
Elle se réjouit de la prochaine présidence par Monaco du comité des ministres du Conseil de l’Europe en 2026, y voyant un moment fort et une opportunité pour la principauté.
Les références de l’épisode
- Conseil National de Monaco
- Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE)
- Commission sur l’égalité et la non-discrimination du Conseil de l’Europe
- L’œuvre de Sœur Marie
- Convention d’Istanbul
- Geneviève Berti (animatrice)
- Valérie Campora
- Franck Lobono
- Jacques Ritt
- Stéphane Valéry
- Thomas Brézot
- Isabelle Béraud-Amadehi
- Association Monacentiel
- Monetval
Au fil de l’épisode
- Son engagement pour les femmes, la famille et l’égalité.
- Son action caritative auprès des aînés avec l’association l’Œuvre de Sœur Marie.
- La différence de temporalité entre l’action politique et l’aide caritative.
- S’inspirer des bonnes pratiques des autres pays européens pour faire évoluer Monaco.
- La communauté monégasque, une société ouverte aux évolutions sociétales.
- Sa longévité en politique, conseillère nationale depuis 2013.
- L’influence de sa mère, d’origine scandinave, sur son éducation et ses convictions.
- La place des femmes en politique à Monaco et la nature des débats au Conseil National.
- La lutte contre les violences faites aux femmes et l’impact de la ratification de la Convention d’Istanbul.
- Son premier rapport marquant au Conseil de l’Europe sur les mutilations génitales féminines.
- Le combat pour les droits des familles homoparentales et l’adoption, centré sur l’intérêt de l’enfant.
- Apprendre à négocier et à faire des compromis en politique.
- Les réactions du public à ses prises de position sur l’IVG ou les droits des familles.
- La montée des conservatismes en Europe et la menace sur les droits acquis.
- La future présidence de Monaco du comité des ministres du Conseil de l’Europe en 2026.
- Le fonctionnement de la coalition « L’Union » au Conseil National.
- Son attachement aux institutions monégasques qui garantissent la stabilité et le débat.
- Le plaisir de travailler en commission pour construire la loi.
FAQ
Qui est Béatrice Fresko-Rolfo ?
Béatrice Fresko-Rolfo est une femme politique monégasque, Conseillère Nationale depuis 2013. Elle est également très active sur la scène européenne en tant que membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, où elle a été élue Présidente de la Commission sur l’égalité et la non-discrimination. Elle est reconnue pour son engagement en faveur des droits des femmes, de la famille et de l’égalité.
Quels sont les principaux combats de Béatrice Fresko-Rolfo ?
Ses combats se concentrent sur les avancées sociales et sociétales. Elle milite pour une plus grande égalité, les droits des femmes, et la protection de la famille sous toutes ses formes. Elle s’investit particulièrement dans la lutte contre les violences faites aux femmes et pour la reconnaissance des droits des familles homoparentales à Monaco, notamment en ce qui concerne l’adoption et la filiation.
Quel rôle joue le Conseil de l’Europe dans son engagement ?
L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) est une source d’inspiration majeure pour elle. C’est en échangeant avec ses collègues de plus de 40 pays qu’elle identifie des bonnes pratiques à transposer à Monaco. C’est aussi une plateforme où elle mène des combats à plus grande échelle, comme son travail sur l’interdiction des thérapies de conversion ou son rapport sur les mutilations génitales féminines.
Pourquoi l’adoption par les couples de même sexe est-elle un sujet important pour elle ?
Pour Béatrice Fresko-Rolfo, ce sujet doit être abordé sous l’angle de « l’intérêt supérieur de l’enfant ». Elle juge révoltant qu’un enfant élevé par deux parents puisse perdre légalement l’un d’eux en cas de drame ou simplement en traversant une frontière. Elle dénonce une inégalité qui crée des situations de grande fragilité pour ces enfants, que ce soit pour le consentement médical, la scolarité ou les droits de succession.
Comment décrit-elle le travail politique à Monaco ?
Elle le décrit comme un travail de persévérance et de conviction. Elle apprécie les institutions monégasques qui, par leur stabilité, permettent un débat d’idées constructif. Elle souligne l’importance du travail en commission, où les textes de loi sont réellement façonnés. Selon elle, la proximité entre les élus et le gouvernement à Monaco est un atout pour faire avancer les dossiers dans l’intérêt général.
