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Benjamin Balleret

Ancien tennisman professionnel monégasque, Benjamin Balleret a troqué la raquette pour la casquette d'entraîneur. Dans cet entretien, il revient sur une carrière et une vie entièrement dédiées au tennis, une passion héritée de son père et de son grand-père. Il se livre avec sincérité sur son rôle de coach auprès de son demi-frère, Valentin Vacherot, qu'il a accompagné jusqu'aux sommets. Entre la pression de la compétition, la gestion du succès et la complexité des liens familiaux, Benjamin Balleret partage sa vision du coaching, où l'humain, la confiance et la transmission sont les piliers de la performance.

l'art de coacher entre famille, performance et transmission

Une histoire de famille

Benjamin Balleret est né dans le tennis. Avant lui, son grand-père, professeur de mathématiques au lycée Albert Ier et passionné de la petite balle jaune, arbitrait déjà des matchs. Puis son père a mené une carrière de joueur professionnel, défendant les couleurs de Monaco en Coupe Davis pendant près de vingt ans. Benjamin Balleret raconte avoir suivi ses traces, non sans ressentir une certaine pression jusqu’à sa majorité. « C’est plus parce qu’il m’entraînait et que tu as envie de bien faire for lui », confie-t-il, admettant qu’une plus grande maturité à l’époque aurait sans doute enrichi leur relation et sa propre carrière.

Cette histoire familiale, profondément ancrée à Monaco depuis l’arrivée de son grand-père en 1966, constitue le socle de son parcours et de sa vision du sport.

Coach et frère

Aujourd’hui, Benjamin Balleret vit une situation à la fois singulière et familière : il entraîne son demi-frère, Valentin Vacherot, de quinze ans son cadet. Cette différence d’âge instaure une dynamique presque paternelle, qu’il aborde avec le recul de sa propre expérience. Il s’efforce de ne pas reproduire certaines erreurs et de trouver la juste distance. « Quand je suis sur le cours avec Valentin, je pense à aucun moment que c’est mon frère, je suis là pour l’aider, pour l’entraîner », explique-t-il. Cette double casquette, où les rôles de coach et de frère se fusionnent et se séparent constamment, est au cœur de leur collaboration.

Travailler en famille impose de pouvoir dire les choses, même celles qui sont difficiles à entendre, une règle qui, selon lui, devrait s’appliquer à toute relation entraîneur-joueur.

La fabrique d’un champion

La philosophie de coaching de Benjamin Balleret repose sur l’adaptation, la conviction et la mise en confiance du joueur. Il insiste sur l’importance de l’équipe qui entoure l’athlète, un collectif de plusieurs personnes qui poussent dans le même sens. Concernant Valentin Vacherot, le travail a consisté à lui faire croire en son potentiel. « On l’a fait progresser mais on l’a fait croire que c’était possible », résume-t-il. Il avoue lui-même avoir été surpris par l’ascension de son joueur, notamment sa victoire au Masters de Shanghai, un résultat qui a fait progresser les croyances de toute l’équipe.

Il souligne l’importance de la préparation mentale, un aspect qu’il regrette de ne pas avoir exploré durant sa propre carrière. C’est lui qui a proposé à Valentin de travailler avec une préparatrice mentale, une collaboration qui dure depuis près de quatre ans.

Gérer le succès et regarder devant

Après un exploit comme celui de Shanghai, où « toutes les planètes se sont alignées », le plus dur est de gérer l’après. Benjamin Balleret insiste sur la nécessité de rester « très terre à terre ». Sa ligne de conduite est claire : « Quand tu perds, tu n’es pas le pire joueur du monde. Et quand tu gagnes, tu n’es pas le meilleur joueur du monde. » L’enjeu est de ne jamais regarder en arrière et de se projeter immédiatement sur la suite, car au tennis, chaque semaine remet les compteurs à zéro. Cette mentalité a été clé pour enchaîner avec une bonne performance à Paris après le titre en Chine.

Cette approche s’applique aussi aux tournois à domicile, comme le Rolex Monte-Carlo Masters, où la pression est particulière. La clé est d’en parler, d’évacuer la tension et de traiter le rendez-vous comme n’importe quel autre tournoi.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Valentin Vacherot, Geneviève Berti, Raphaël Nadal, Carlos Alcaraz, Marion Bartoli, Monica Seles, Novak Djokovic, Gilles Muller, Guillaume Couillard, Romain Arneodo, Hugo Nys, Lucas Catarina.
  • Lieux et institutions : Monaco, Lycée Albert Ier, Galatasaray (Turquie).
  • Tournois et compétitions : Coupe Davis, Masters de Shanghai, Rolex Monte-Carlo Masters, Roland-Garros, Wimbledon.
  • Médias : Netflix.

Au fil de l’épisode

  • Le rôle de l’entraîneur et la relation avec le joueur.
  • L’importance du feeling et de l’inspiration pour un coach.
  • La progression constante, une nécessité dans le sport de haut niveau.
  • L’héritage familial : le grand-père arbitre et le père joueur professionnel.
  • L’arrivée de la famille Balleret à Monaco en 1966.
  • La fierté d’avoir, comme son père, joué la Coupe Davis pour Monaco.
  • La pression de suivre les traces de son père et de porter son nom.
  • Sa relation de coach avec son demi-frère, Valentin Vacherot.
  • La gestion de la double casquette de frère et d’entraîneur.
  • La comparaison avec sa propre relation père-fils quand il était joueur.
  • La victoire de Valentin Vacherot au Masters de Shanghai, un moment pivot.
  • Le rôle crucial de l’équipe pour faire croire au joueur que c’est possible.
  • La gestion du succès et la nécessité de rester terre à terre.
  • Le défi de jouer à domicile au tournoi de Monte-Carlo.
  • La préparation mentale, un élément clé de la performance.
  • Son regret de ne pas avoir travaillé avec un préparateur mental durant sa carrière.
  • La différence entre le talent inné et le travail acharné pour atteindre le sommet.
  • Le manque de croyance, principal frein de sa propre carrière de joueur.
  • L’organisation de la saison de tennis et le choix des tournois.
  • Son rôle au sein de l’équipe de Coupe Davis de Monaco.
  • La possibilité d’être ami avec ses adversaires sur le circuit.
  • L’analyse de la finale de Shanghai où Valentin affrontait son cousin.
  • La difficulté de quantifier l’apport d’un coach dans la réussite d’un joueur.
  • Sa décision d’arrêter sa carrière de joueur en 2016 pour devenir coach.
  • Sa définition du coaching : un engagement total pour faire progresser le sportif.
  • La recherche d’un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

FAQ

Qui est Benjamin Balleret ?

Benjamin Balleret est un ancien joueur de tennis professionnel monégasque, actif de 2001 à 2016. Issu d’une famille passionnée de tennis, il a suivi les traces de son père en jouant pour Monaco en Coupe Davis. Aujourd’hui, il est entraîneur et s’occupe notamment de son demi-frère, le joueur Valentin Vacherot, qu’il a accompagné dans son ascension vers le haut niveau mondial.

Quelle est la particularité de sa relation avec Valentin Vacherot ?

Benjamin Balleret est à la fois le coach et le demi-frère de Valentin Vacherot, avec qui il a quinze ans d’écart. Cette relation familiale unique influence leur collaboration professionnelle. Il s’appuie sur sa propre expérience de joueur coaché par son père pour naviguer cette dynamique, en séparant les rôles sur le court et en dehors, tout en maintenant une communication franche et directe.

Comment Benjamin Balleret définit-il le rôle d’un bon coach ?

Pour lui, un bon coach doit être entièrement au service du joueur, en mettant son propre ego de côté. Son rôle est de s’adapter constamment tout en ayant des convictions fortes pour guider l’athlète. Il insiste sur l’importance de construire la confiance du joueur en son propre potentiel et de l’entourer d’une équipe solide et bienveillante pour le pousser vers le haut.

Quelle importance accorde-t-il à la préparation mentale ?

Benjamin Balleret considère la préparation mentale comme un pilier de la performance dans le sport de haut niveau. Il avoue regretter de ne pas y avoir eu recours durant sa propre carrière de joueur. Convaincu de son importance, il a encouragé Valentin Vacherot à travailler avec une préparatrice mentale, estimant que la gestion des émotions et de la pression est essentielle pour réussir.

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