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Festival Circulation(s) 2019 : Rencontre avec Camille Gharbi autour de Preuves d’amour

À l'occasion du festival Circulation(s) 2019, la photographe Camille Gharbi présente sa série poignante « Preuves d'amour ». L'artiste y aborde le sujet terrible des féminicides conjugaux, en s'appuyant sur un travail de recherche quasi journalistique mené sur plusieurs années. Elle raconte au micro de 9 Lives Magazine son processus de création, de la compilation de centaines de faits divers à son parti pris artistique radical : représenter ces drames non pas par des portraits de victimes ou des scènes de crime, mais à travers les objets du quotidien, banals, qui ont servi d'armes. Une manière de confronter l'horreur à l'intimité du foyer.

Camille Gharbi, photographier les féminicides à travers les objets du quotidien

Des objets pour dire l’horreur

Invitée dans le cadre du festival Circulation(s), la photographe Camille Gharbi détaille la genèse de sa série « Preuves d’amour », consacrée aux féminicides conjugaux en France. Pour ce projet, elle a mené un travail de recherche approfondi, compilant et croisant les articles de presse parus entre 2015 et 2017. Elle explique s’être notamment appuyée sur le recensement exhaustif réalisé par le collectif militant « Chéminicide par compagnon ou ex », qui met en lumière chaque cas. Au total, l’artiste a étudié près de 260 dossiers, relevant les prénoms des victimes, leur âge, leur lieu de vie et les modes opératoires des crimes.

Face à cette masse d’informations, Camille Gharbi a fait le choix de ne pas être exhaustive mais de trouver un angle percutant. Elle a décidé de se concentrer sur les objets du quotidien, ceux qui ne sont pas censés être des armes mais qui le deviennent. En photographiant ces objets, elle met en lumière le contraste saisissant entre la banalité d’un foyer et la violence extrême qui peut y surgir.

Les références de l’épisode

  • Preuves d’amour : série photographique de Camille Gharbi sur les féminicides conjugaux.
  • Festival Circulation(s) : festival parisien dédié à la jeune photographie européenne.
  • Collectif « Chéminicide par compagnon ou ex » : collectif militant recensant les cas de féminicides (graphie de la transcription).
  • Marie-Elisabeth de la Fresnaye : critique et intervieweuse pour 9 Lives Magazine.

Au fil de l’épisode

  • Présentation de la série « Preuves d’amour » et de son sujet : les féminicides conjugaux.
  • La méthode de recherche journalistique pour recenser les cas survenus en France entre 2015 et 2017.
  • Le rôle du collectif « Chéminicide par compagnon ou ex » dans le recensement des victimes.
  • L’étude de près de 260 cas pour comprendre les modes opératoires.
  • Le choix artistique de se concentrer sur les objets du quotidien détournés en armes.
  • L’intention de montrer la violence extrême surgissant dans la banalité du foyer.

FAQ

Qui est Camille Gharbi ?

Camille Gharbi est une photographe dont le travail est présenté dans cet épisode. Elle est l’autrice de la série « Preuves d’amour », un projet artistique et documentaire qui porte sur les féminicides conjugaux en France. Sa démarche s’appuie sur une recherche journalistique rigoureuse pour aborder ce sujet de société à travers un angle visuel fort et symbolique.

Qu’est-ce que la série « Preuves d’amour » ?

« Preuves d’amour » est une série photographique de Camille Gharbi qui traite des homicides conjugaux où les victimes sont des femmes. Plutôt que de montrer les victimes ou les lieux, l’artiste a choisi de photographier des objets du quotidien qui ont été utilisés comme armes. Ce projet vise à souligner la violence qui peut naître dans l’intimité du foyer, en utilisant des éléments banals pour représenter l’horreur.

Comment Camille Gharbi a-t-elle mené ses recherches ?

Pour sa série, Camille Gharbi a réalisé un travail de recherche journalistique en compilant tous les articles de presse sur les féminicides conjugaux en France entre 2015 et 2017. Elle a croisé les sources et s’est beaucoup appuyée sur la base de données d’un collectif militant, « Chéminicide par compagnon ou ex », qui recense de manière exhaustive tous les cas parus dans les médias.

Pourquoi avoir choisi de photographier des objets ?

Camille Gharbi a choisi de photographier les objets du quotidien utilisés comme armes pour créer un angle percutant. Cette approche lui permet de parler de situations d’une extrême violence à travers des éléments banals, présents dans tous les foyers. Ce contraste met en évidence comment l’horreur peut surgir de l’environnement le plus familier, rendant le propos encore plus frappant.

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