D’un voyage en solitaire à la photographie
Céline Jentzsch raconte comment son envie d’ailleurs est née assez tardivement, lors d’un premier voyage en solitaire en Malaisie en 2004. Prévu comme une simple escale sur la route de l’Australie, ce séjour de trois semaines s’est transformé en une véritable révélation. Malgré un choc culturel difficile, elle a ressenti au retour un profond désir de parcourir le monde et d’aller à la rencontre d’autres cultures. À l’origine, la photographie n’était qu’un moyen de capturer quelques souvenirs, mais elle a progressivement pris une place centrale dans ses voyages, influencée par sa pratique passée de la peinture qui lui a donné une sensibilité à l’image, à l’esthétique et à l’émotion.
Pour elle, le voyage et la photographie sont aujourd’hui indissociables, l’un nourrissant l’autre en permanence.
Le grand saut vers une vie de photographe
Avant de vivre de sa passion, Céline Jentzsch a été salariée pendant de nombreuses années. Elle explique avoir progressivement réduit son temps de travail pour consacrer plus d’énergie à la photographie. Cependant, la frustration de ne pas pouvoir s’y engager pleinement est devenue trop importante. Elle a alors pris la décision de quitter son emploi pour se lancer entièrement comme photographe voyageuse. Elle reconnaît que c’est un défi de taille, mais ce choix lui offre le temps nécessaire pour développer des projets plus en profondeur, notamment des reportages qui demandent une immersion et une implication intenses.
Cette nouvelle liberté lui donne toutes les cartes en main pour construire une carrière alignée avec ses aspirations.
Raconter le monde, du Cachemire à la Mongolie
Pour illustrer sa démarche, Céline Jentzsch prend l’exemple d’un reportage personnel sur la récolte du safran au Cachemire, dans le nord de l’Inde. Attirée par cette région montagneuse et peu visitée, elle a préparé son voyage en amont en contactant des producteurs locaux, qui l’ont accueillie dans leurs familles. Cette expérience montre, selon elle, qu’il est encore possible de monter des projets personnels et de les valoriser par la suite. Elle évoque également son travail de guide photographe en Mongolie pour l’organisation Photographe du Monde. C’est là-bas qu’une anecdote l’a particulièrement marquée : la mère d’une famille nomade lui a raconté comment sa fille, étudiante à Oulan-Bator, avait été moquée par ses camarades après s’être vue sur une photo en ligne, la montrant en train de traire les yaks dans une tenue souillée.
Cette histoire l’a amenée à une réflexion profonde sur le droit à l’image et la responsabilité du photographe, même lorsque l’intention est bienveillante.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Les secrets de la photo de voyage, le livre de Céline Jentzsch aux Éditions Eyrolles.
- Un livre sur le logiciel Lightroom co-écrit avec Gilles Théophile.
- Le logiciel de traitement d’image Lightroom d’Adobe.
- L’organisation Photographe du Monde.
- Les lieux évoqués : la Malaisie, l’Australie, le Cachemire (Inde), l’Himalaya, le Ladakh, la Mongolie et sa capitale Oulan-Bator.
Au fil de l’épisode
- Le premier voyage initiatique de Céline Jentzsch en Malaisie en 2004, une révélation malgré le choc culturel.
- Comment la photographie, simple outil au départ, est devenue centrale dans ses voyages.
- Son parcours d’employée salariée à photographe indépendante à plein temps.
- Sa définition du voyage comme une source de découverte, d’émotion et de partage.
- Son expérience de femme voyageant seule, notamment en Asie, un continent qu’elle recommande pour commencer.
- La présentation de son livre, « Les secrets de la photo de voyage », publié aux Éditions Eyrolles dans la collection « Les secrets de ».
- Sa collaboration précédente sur un livre technique consacré au logiciel Lightroom avec Gilles Théophile.
- L’un de ses conseils pour réussir ses photos de voyage : prendre le temps de s’imprégner des lieux et des gens.
- L’influence de sa pratique de la peinture sur son sens de la composition photographique.
- Sa vision du métier de photographe : observer, comprendre et partager sa sensibilité.
- L’évolution dans le choix de ses destinations, de plus en plus guidée par des sujets de reportage précis.
- L’histoire de son reportage sur la récolte du safran au Cachemire, un projet personnel préparé six mois à l’avance.
- La nécessité pour les photographes d’être proactifs et de proposer leurs propres sujets.
- L’importance du travail de post-production (tri, édition) après le retour de voyage.
- Sa position sur le droit à l’image, fondée sur le respect et l’absence de préjudice.
- Une anecdote vécue en Mongolie qui l’a fait réfléchir à l’impact de ses images sur la vie des personnes photographiées.
FAQ
Qui est Céline Jentzsch ?
Céline Jentzsch est une photographe et voyageuse française. Après avoir été salariée pendant plusieurs années, elle a décidé de se consacrer entièrement à la photographie de voyage. Son travail se caractérise par une approche humaniste, centrée sur le respect et l’empathie envers les populations qu’elle rencontre. Elle est également l’autrice du livre « Les secrets de la photo de voyage » et guide des voyages photographiques.
Comment Céline Jentzsch a-t-elle commencé la photographie de voyage ?
Sa passion est née d’un premier voyage en solitaire en Malaisie en 2004. Si la photographie n’était au départ qu’un moyen de documenter son expérience, elle a pris une place de plus en plus importante au fil de ses voyages. Influencée par sa pratique antérieure de la peinture, elle a développé un regard sensible à la composition et à la lumière, faisant de la photographie son principal mode d’expression pour raconter le monde.
De quoi parle le livre de Céline Jentzsch ?
Son livre s’intitule « Les secrets de la photo de voyage » et a été publié par les Éditions Eyrolles. Il fait partie d’une collection thématique. Dans cet ouvrage, elle partage son approche et ses conseils pour réussir ses images en voyage, en insistant sur l’importance de prendre le temps, d’aller à la rencontre des gens et de développer une histoire à travers ses clichés, comme elle l’illustre avec son reportage sur le safran au Cachemire.
Quelle est l’approche de Céline Jentzsch sur le droit à l’image ?
Son approche est fondée sur le respect de la personne photographiée. Pour elle, tant qu’une image ne porte pas préjudice à la personne, le droit à l’image est respecté. Elle a toutefois été amenée à approfondir sa réflexion suite à une expérience en Mongolie, où une de ses photos a eu un impact négatif sur une jeune fille. Cela renforce sa conviction que la responsabilité et l’éthique sont au cœur du métier de photographe voyageur.
Pourquoi a-t-elle quitté son emploi pour devenir photographe ?
Céline Jentzsch a quitté son emploi de salariée car elle ressentait une frustration grandissante due au manque de temps pour se consacrer pleinement à la photographie. Cette décision lui a permis de s’investir plus intensément dans des projets de reportage au long cours et de développer son activité de photographe voyageuse de manière plus concrète et approfondie.
