Houston, une identité à créer
Installé à Houston depuis plusieurs années, Chris JLN a rapidement été confronté à un défi : l’absence d’une identité visuelle forte, contrairement à des villes comme Paris ou Toronto. Surnommée « Space City » en raison de la proximité de la NASA, Houston ne possède pas de monument iconique qui la définisse. Partant de ce constat, et d’une critique parue dans un article de Chicago, il a décidé de donner sa propre définition visuelle à ce surnom. Il s’est alors lancé dans une série photo inspirée par l’esthétique cyberpunk de films comme Blade Runner et Ghost in the Shell, et par le travail du photographe Liam Wong. Il a cherché à capturer la ville la nuit, sous la pluie, pour jouer avec les reflets et les textures, ajoutant des néons en post-production pour créer une atmosphère unique.
« Je me suis dit je vais prendre le nom Space City et je lui ai donné une définition visuelle. »
L’art du montage
Face aux critiques qui considèrent l’usage de Photoshop comme de la « triche », Chris JLN se définit davantage comme un artiste que comme un photographe puriste. Pour lui, se priver de cet outil reviendrait à limiter sa propre créativité. Il l’utilise pour exprimer pleinement sa vision de la ville, n’hésitant pas à modifier l’architecture pour un rendu plus esthétique ou cohérent. Il raconte par exemple avoir dupliqué un bâtiment en effet miroir pour masquer un garage disgracieux, en prêtant une attention méticuleuse aux détails pour que le résultat reste crédible. Cette démarche l’a même conduit à créer des œuvres complexes, comme une ville flottante composée de différents quartiers de Houston assemblés en une seule image.
« En fait, tes créations, c’est la ville telle que t’aimerais qu’elle soit. Ouais, c’est ça. »
Travailler par séries pour rester passionné
Pour entretenir sa motivation et structurer sa démarche, Chris JLN privilégie le travail par séries. Il explique que commencer une série est souvent simple, mais que la difficulté réside dans sa conclusion. Avec l’expérience acquise au fil du projet, il devient plus exigeant envers lui-même, plus attentif aux détails. Pour surmonter ces blocages, il s’accorde des pauses, se nourrit d’inspirations diverses comme le cinéma, la peinture ou le travail d’autres photographes. Il insiste sur l’importance de ne pas laisser ces pauses s’éterniser pour ne pas perdre le fil. Selon lui, cette méthode est l’un des meilleurs moyens de conserver sa passion intacte, loin de la saturation que peuvent engendrer les réseaux sociaux.
« Travailler sur une série, c’est le meilleur moyen de garder ta passion pour la photo. »
Shooter seul ou en groupe
Chris JLN partage son temps entre les sorties photo en solitaire et celles avec ses amis. Lorsqu’il travaille sur une série, il préfère être seul près de 80 % du temps pour rester concentré et ressentir pleinement l’atmosphère de la ville, sans être influencé. Cependant, les sorties en groupe sont essentielles pour se ressourcer, trouver de nouvelles idées et se motiver mutuellement. Il évoque également la différence de perception entre photographier sa propre ville et une ville étrangère. En voyage, le regard est neuf et tout devient une source d’inspiration potentielle, alors que la routine quotidienne nous fait souvent ignorer la beauté qui nous entoure. Un ami berlinois, fasciné par le métro parisien, lui a fait prendre conscience de tous ces détails qu’il ne voyait plus.
« Quand tu voyages, t’es fou, tu fais des photos de partout. »
Les références de l’épisode
- Personnes : Capsulepix, Liam Wong, Thomas Francis, Monarice, Atela, Alistair Wheeler, Bora, Travis Scott, Vivian Maier, Emmanuel Zola.
- Œuvres et médias : Blade Runner, Ghost in the Shell, Astroworld (album de Travis Scott), Adorama, Netflix.
- Lieux et événements : Houston, Paris, Chicago, Toronto, Dallas, Berlin, Tokyo, Nouvelle-Orléans, Japan Expo, Paris Games Week, Walking Dead Parade.
- Marques et entités : Instagram, Photoshop, Ubisoft, NASA, CN Tower, Tokina, Sigma, RATP, Jordan 4.
Au fil de l’épisode
- Présentation de Chris, photographe français vivant à Houston.
- La communauté de photographes de la ville.
- L’inspiration derrière sa série « néon » : donner une identité visuelle à Houston, la « Space City ».
- Ses influences cyberpunk : les films Blade Runner, Ghost in the Shell et le photographe Liam Wong.
- Les défis météorologiques pour réaliser sa série.
- La création d’une parka sur mesure pour un portrait futuriste.
- Sa découverte de la communauté cosplay de Houston.
- L’inspiration trouvée dans le travail de la photographe Monarice et sa vision de Paris.
- Son évolution matérielle, du 50 mm au grand angle, puis au 35 mm.
- La difficulté de photographier le centre-ville de Houston, désert après 18h.
- Sa vision de Photoshop comme un outil de créativité et non de triche.
- Comment il réinvente l’architecture de la ville dans ses montages.
- La création d’une image complexe de ville flottante à partir de plusieurs photos.
- L’importance de travailler par séries pour garder la motivation.
- Le risque de la procrastination et l’importance de l’entourage pour rester inspiré.
- La différence entre shooter seul pour se concentrer et en groupe pour se ressourcer.
- L’anecdote sur l’événement de Travis Scott pour les Jordan 4 à Houston.
- La facilité à prendre des photos en voyage par rapport à sa propre ville.
- L’exemple d’un ami berlinois fasciné par le métro parisien.
- Comment la contrainte (un seul objectif, un seul sujet) peut stimuler la créativité.
- L’histoire de la photographe Vivian Maier, une inspiration pour la passion pure.
- Une discussion sur le concept de « clout » sur les réseaux sociaux.
FAQ
Qui est Chris JLN ?
Chris JLN est un photographe et artiste visuel français basé à Houston, aux États-Unis. Connu sur Instagram pour son style unique, il se spécialise dans la photographie de rue qu’il augmente souvent avec des montages créatifs sur Photoshop. Son travail explore l’identité de la ville de Houston, avec une forte inspiration pour les ambiances cyberpunk et surréalistes, transformant des scènes urbaines en visions artistiques personnelles.
Pourquoi Chris JLN utilise-t-il Photoshop dans ses photos ?
Il se considère plus comme un artiste que comme un photographe puriste. Pour lui, Photoshop n’est pas un outil de triche, mais une extension de sa créativité. Il l’utilise pour concrétiser la vision qu’il a en tête, même si cela implique de modifier la réalité, comme changer l’architecture d’un bâtiment ou créer des scènes entièrement nouvelles. Cela lui permet de surmonter les limites de la prise de vue et de proposer une version idéalisée ou réinventée de la ville.
Quelles sont les principales inspirations de Chris JLN ?
Son univers visuel est fortement marqué par l’esthétique cyberpunk de films comme Blade Runner et Ghost in the Shell. Il cite également le travail de photographes contemporains tels que Liam Wong pour ses scènes nocturnes et néon, ou Monarice pour sa photographie de rue pleine d’émotion. Au-delà de la photo, il puise son inspiration dans diverses formes d’art, comme la peinture ou le dessin, pour nourrir ses idées et ses compositions.
Pourquoi est-il plus facile de faire des photos en voyage selon l’invité ?
Selon Chris JLN, voyager éveille la créativité car tout est nouveau et stimulant pour le regard. À l’inverse, dans sa propre ville, la routine et l’habitude nous rendent aveugles à la beauté des choses du quotidien. Un voyageur pose un regard neuf sur des scènes qu’un local ne remarque même plus. Il illustre ce point avec l’exemple d’un ami berlinois qui était fasciné par le métro parisien, un lieu qu’il ne pensait jamais à photographier.
Comment le travail par séries photo aide-t-il sa créativité ?
Travailler par séries lui donne un objectif clair et une structure, ce qui est un puissant moteur de motivation. Ce cadre l’aide à rester passionné et à ne pas se disperser. Il explique que si commencer une série est facile, la terminer est un véritable défi qui le pousse à être plus exigeant et attentif aux détails. Ce processus lui permet de progresser et d’approfondir un sujet, tout en évitant la lassitude.
