Un musicien contre-nature
Claude Brame raconte une enfance passée dans une ferme, loin de toute culture musicale. Pourtant, dès son plus jeune âge, il ressent un appel puissant et inexplicable pour la musique, se voyant comme un « extraterrestre » dans sa famille d’agriculteurs. Cet élan est si vital qu’adolescent, il se fait une promesse radicale : s’il ne devient pas musicien professionnel avant ses 30 ans, il mettra fin à ses jours. Cette détermination le pousse à explorer différentes voies, du hard rock avec son groupe Island Queen jusqu’au rock festif au sein de la formation plus connue, Marcel et son orchestre, avec laquelle il deviendra enfin professionnel à 36 ans.
Ce parcours musical intense est le reflet d’une quête intérieure profonde, marquée par une exigence absolue envers lui-même.
Crises et éveils spirituels
À 28 ans, alors qu’il n’a pas encore percé dans la musique, Claude Brame vit une première crise spirituelle d’une violence inouïe. Déclenchée par un simple bonbon offert par des membres du mouvement Hare Krishna, cette expérience le plonge dans une forme de « folie » et de décorporation qui le conduit en hôpital psychiatrique. C’est une rencontre avec l’acupuncture et le bouddhisme tibétain qui lui permet de se reconstruire et de donner un sens à sa vie. Dix ans plus tard, une seconde crise, encore plus terrible, le submerge. Il se sent « damné pour l’éternité », prisonnier de son propre corps. C’est la découverte des enseignements de Mère et Sri Aurobindo, notamment à travers un séjour à Auroville en Inde, qui lui offre une nouvelle clé : celle de l’éveil du corps, de l’incarnation et non de la fuite.
« Il ne s’agit pas effectivement de fuir le corps, mais de rentrer dedans », explique-t-il, marquant un tournant décisif dans sa guérison.
La voie du chant sacré
La musique revient dans sa vie sous une forme nouvelle et apaisée. Au contact des rassemblements Rainbow, il découvre les bhajans et les kirtans, ces chants dévotionnels et méditatifs. Musicien dans l’âme, il s’approprie ce répertoire, compose ses propres mélodies sur des mantras existants et commence à animer des cercles de chant. Le succès est immédiat et organique. Sa voix, forgée par des années de pratique, et l’enseignement vibratoire qu’il a reçu, touchent un public de plus en plus large. Il observe la « magie » du chant collectif, qui calme le mental et relie les êtres. Aujourd’hui âgé de 61 ans, il mène une vie nomade, partageant son temps entre les festivals, les routes de France et un petit chalet qu’il vient d’acquérir, toujours à l’écoute des passages que la vie lui propose.
Pour lui, le chant est une expérience concrète, un « amour physique » qui se vit et se partage dans la puissance du collectif.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Mère, Sri Aurobindo, Satprem, Myriam, Gandhi.
- Lieux : Auroville (Inde), Dharamsala (Inde), Pont du Chéri (Inde), Tibet, la Sainte-Boum (France).
- Organisations et mouvements : Hare Krishna, mouvement Rainbow.
- Groupes de musique : Island Queen, Marcel et son orchestre.
- Textes et œuvres : La Bhagavad Gita, Les Agendas (de Satprem).
- Concepts : Bouddhisme tibétain, kirtan, bhajan, mantra, samsara, tantra.
- Événements : Mantra Fest.
Au fil de l’épisode
- Introduction de Claude Brame, présenté comme la tête d’affiche d’un festival de chant.
- Son enfance dans une ferme, un environnement où la musique était absente.
- L’appel irrésistible de la musique à l’adolescence et son pacte personnel de devenir musicien avant 30 ans.
- Ses débuts dans le hard rock avec le groupe Island Queen, puis son passage dans Marcel et son orchestre.
- Sa première crise spirituelle à 28 ans, déclenchée par un bonbon offert par les Hare Krishna.
- L’expérience de décorporation, la peur panique et le premier séjour en hôpital psychiatrique.
- Sa rencontre salvatrice avec le bouddhisme tibétain, qu’il pratiquera pendant quinze ans.
- La deuxième crise, dix ans plus tard, vécue comme un « enfer » et un sentiment d’emprisonnement dans son corps.
- La découverte des enseignements de Mère et Sri Aurobindo à travers un voyage à Auroville, en Inde.
- L’importance de l’éveil du corps et de l’incarnation comme clé de sa guérison.
- Sa rencontre avec Myriam, qui lui transmet un enseignement vibratoire.
- La découverte des chants sacrés (bhajans, kirtans) lors de rassemblements Rainbow.
- Comment il a commencé à composer et à partager ses propres mantras à la guitare.
- La puissance du chant collectif pour apaiser le mental, créer du lien et se sentir relié.
- Sa vision du « corps collectif » et de l’interdépendance de tous les êtres.
- À 61 ans, son sentiment d’être dans un nouveau passage, une étape d’abandon et de lâcher-prise.
- Son expérience de vie nomade, dormant dans sa voiture aménagée.
- L’achat récent d’un petit chalet pour avoir un point d’ancrage.
- Sa vie actuelle, partagée entre son refuge et les routes pour animer des cercles de chant.
- L’histoire de son chant le plus connu, qui s’est diffusé et vit désormais sa propre vie.
FAQ
Qui est Claude Brame ?
Claude Brame est un musicien et chanteur français au parcours atypique. Originaire d’un milieu agricole, il s’est d’abord tourné vers le rock, notamment avec le groupe Marcel et son orchestre. Suite à de profondes crises spirituelles, il a exploré le bouddhisme tibétain puis les enseignements de Mère et Sri Aurobindo. Aujourd’hui, il se consacre principalement aux chants sacrés (mantras, kirtans), animant des cercles et des festivals à travers la France.
Quel a été le parcours musical de Claude Brame ?
Le parcours musical de Claude Brame est marqué par une transition radicale. Il a commencé par le hard rock avec un groupe nommé Island Queen, avant de rejoindre la formation de rock festif Marcel et son orchestre, avec laquelle il est devenu musicien professionnel. Plus tard, après un cheminement spirituel, il a découvert les chants dévotionnels comme les kirtans et les bhajans, et s’est mis à composer et interpréter ce type de musique, qui est aujourd’hui au cœur de son activité.
Pourquoi Claude Brame a-t-il été hospitalisé en psychiatrie ?
Claude Brame a été hospitalisé en psychiatrie à deux reprises suite à des crises spirituelles intenses. La première, à 28 ans, a été déclenchée par une expérience qui l’a plongé dans une peur panique et un sentiment de décorporation. La seconde, dix ans plus tard, fut encore plus profonde, le laissant avec un sentiment d’enfermement et de damnation. Ces épisodes étaient liés à un mental hyperactif qui le coupait de son corps physique.
Qu’est-ce qu’Auroville et quel rôle ce lieu a-t-il joué pour lui ?
Auroville est une ville internationale expérimentale située dans le sud de l’Inde, fondée sur la vision de Mère, la compagne spirituelle de Sri Aurobindo. Elle vise à expérimenter de nouvelles manières de vivre en communauté, en révélant d’autres dimensions de l’être humain que la seule matérialité. Pour Claude Brame, la découverte d’Auroville et des enseignements de Mère a été une étape cruciale pour surmonter sa seconde crise, en lui apprenant à réinvestir son corps plutôt qu’à le fuir.
Que sont les kirtans et les bhajans que chante Claude Brame ?
Les kirtans et les bhajans sont des formes de chants dévotionnels issus des traditions indiennes. Il s’agit souvent de la répétition en groupe de mantras ou de phrases sacrées, sur des mélodies simples et entraînantes. Comme l’explique Claude Brame, cette pratique est une forme de méditation active très accessible. Le fait de chanter en boucle permet de calmer le mental, de créer un sentiment de connexion profonde avec soi-même et avec les autres, et de ressentir une joie partagée.
