Une logistique de la spontanéité
Clémentine Semeria, chargée de projet pour le collectif Tendance Floue, explique que le projet Azimut est né d’une volonté de revenir à une forme de simplicité. Après une production lourde et institutionnelle en Corée, les photographes aspiraient à une création plus légère et spontanée : un appareil, un marcheur. L’idée d’une traversée de la France en relais s’est rapidement imposée. Au départ, le projet était peu coûteux, les photographes se succédant pour des marches de huit à dix jours. Progressivement, des soutiens comme le ministère de la Culture, la SAIF ou le musée Niépce ont permis au projet de prendre de l’ampleur.
La gestion quotidienne reposait sur un cadre simple mais exigeant : chaque photographe devait envoyer une photo et un texte par jour sur Instagram, et tenir un carnet de route. « C’était important, raconte-t-elle, car ça forçait un peu à écrire quotidiennement. Peut-être que si on ne l’avait pas fait comme ça, après coup, c’était difficile de retrouver certaines émotions. »
De l’archive vivante à l’exposition
Au fil des mois, le collectif a accumulé une matière considérable : photos, textes, carnets de route Moleskine, mais aussi tous les échanges par SMS et e-mails. Une archive vivante et parfois « monstrueuse » que Tendance Floue, habitué aux projets collectifs foisonnants, a su traiter. Clémentine Semeria se souvient du départ du premier photographe en mars 2017 comme d’un moment grisant et vertigineux, teinté de doutes. « On se disait, peut-être qu’on s’est complètement planté, ça va être un fiasco total. »
Voir le projet prendre forme au Musée Nicéphore Niépce fut une consécration. Elle salue le travail des deux co-commissaires de l’exposition, qui ont su s’emparer de cette histoire pour lui donner une forme partageable avec le public, tout en préservant sa « fragilité » et son esprit originel. Pour elle, cette aventure incarne parfaitement l’ADN de Tendance Floue : un esprit libertaire, en perpétuelle mutation, qui place la liberté de créer et la poésie au cœur de sa démarche.
Les références de l’épisode
- Le collectif Tendance Floue
- Le projet photographique « Azimut »
- Le Musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône
- Les éditions Textuel
- Le festival Les Photaumnales
- Le projet « Corée On Off »
- La SAIF (Société des Auteurs des arts visuels et de l’Image Fixe)
- Les carnets Moleskine
- Le réseau social Instagram
- Pascal Therme
Au fil de l’épisode
- Le rôle de Clémentine Semeria dans le suivi de production du projet Azimut.
- La genèse du projet : un retour à la simplicité après une expérience complexe en Corée.
- Le concept d’Azimut : une marche photographique en relais à travers la France.
- Une production initialement légère, soutenue par plusieurs partenaires au fil du temps.
- La contrainte créative : une photo et un texte par jour sur Instagram.
- L’importance des carnets de route pour saisir les émotions à vif.
- L’accumulation d’une matière photographique et textuelle considérable.
- L’archivage de tous les documents, des photos aux carnets Moleskine en passant par les SMS.
- Le souvenir du départ du premier photographe, entre excitation et incertitude.
- La consécration du projet avec l’exposition au Musée Nicéphore Niépce.
- Le défi de préserver l’esprit spontané et fragile du projet dans un cadre muséal.
- La philosophie « libertaire » et en constante évolution du collectif Tendance Floue.
FAQ
Qui est Clémentine Semeria ?
Clémentine Semeria est photo editor et chargée de projet au sein du collectif de photographes Tendance Floue. Dans cet épisode, elle raconte son rôle dans la coordination et la production du projet d’envergure Azimut, une marche photographique collective à travers la France. Elle partage les défis logistiques et créatifs rencontrés, de l’idée initiale jusqu’à l’exposition finale au musée.
Qu’est-ce que le projet Azimut de Tendance Floue ?
Azimut est un projet photographique mené par le collectif Tendance Floue, qui a débuté en mars 2017. Il a consisté en une traversée de la France à pied, réalisée en relais par les photographes du collectif. Chaque jour, le marcheur en cours devait produire une image et un texte, créant ainsi un journal de bord visuel et écrit. Le projet a donné lieu à des cahiers édités, un livre et plusieurs expositions.
Comment le projet Azimut a-t-il été géré au quotidien ?
La gestion du projet reposait sur une restitution quotidienne du travail des photographes. Chaque participant devait envoyer une photo et un texte par jour, publiés sur le réseau social Instagram. Ils tenaient également un carnet de route manuscrit. Ce cadre permettait au collectif de suivre l’avancée de la marche, de collecter la matière au fur et à mesure et de maintenir une dynamique créative constante malgré la distance.
Comment Azimut est-il devenu une exposition au musée ?
L’immense quantité de matériel accumulé (photos, textes, carnets) a été confiée à deux co-commissaires qui en ont proposé une lecture pour une exposition au Musée Nicéphore Niépce. Le défi était de structurer cette matière foisonnante pour la rendre accessible aux visiteurs, tout en conservant l’esprit de spontanéité, de liberté et la fragilité qui caractérisaient le projet à son origine.
