Créer pour soi, partager pour les autres
Adrelanine ouvre sa réflexion sur l’importance d’évoluer et de changer d’avis, à contre-courant d’un « fantasme de l’éternité » qui valorise la constance plus que l’épanouissement. Il applique ce principe aux réseaux sociaux, qu’il définit comme des outils fondamentalement conçus « pour les autres ». Pour un artiste, le défi est donc de taille : comment utiliser ces plateformes pour montrer un travail créé en amont, pour soi, sans le soumettre aux diktats de la popularité ? Il souligne la nécessité de penser la communication de manière stratégique, en adaptant la présentation de son œuvre à la mentalité et aux codes de chaque plateforme, citant en exemple le créateur Zach King qui a parfaitement compris comment produire du contenu pour un réseau spécifique.
Cette démarche demande de trouver des manières plus intelligentes d’amener ses créations au public. « Il ne faut pas faire des photos parce qu’elles vont marcher sur les réseaux sociaux », insiste-t-il, mais plutôt se demander comment rendre une photo intéressante pour l’audience d’Instagram ou de TikTok, par exemple en jouant sur le montage, la musique ou des tendances visuelles comme les bordures argentiques.
L’art d’écouter son audience
Dans un second temps, Adrelanine revient sur sa gestion des retours et des critiques, précisant une pensée qu’il avait déjà abordée. Il établit une distinction capitale entre les avis sur sa création et les feedbacks sur sa communication. Concernant ses photos, son travail artistique, il explique ne pas laisser les commentaires, positifs comme négatifs, l’affecter émotionnellement. Selon lui, l’appréciation d’une œuvre est trop subjective et influencée par les tendances pour dicter son processus créatif ou affecter son estime de soi. Il ne veut pas que « l’avis des gens influe sur [s]on bonheur ou [s]on malheur ».
En revanche, il considère les retours sur sa manière de communiquer comme absolument essentiels. Qu’il s’agisse du format de ses podcasts, de la longueur de ses stories ou du rythme de ses vidéos, ces contenus sont faits pour son audience. Il est donc impératif pour lui de savoir ce qui plaît, ce qui fonctionne et ce qui pourrait être amélioré. « C’est pas de la création artistique, c’est de la communication pour vous. Donc évidemment que là, pour le coup, je vais changer complètement tout ce que je fais pour que ça plaise aux gens. »
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Zach King
- TikTok
- Vine
- Apple Podcast
- Spotify
- Deezer
Au fil de l’épisode
- Introduction et l’importance des retours des auditeurs sur le format du podcast.
- La valeur de changer d’avis comme signe d’évolution personnelle.
- Critique du « fantasme de l’éternité » dans la société, qui valorise la longévité au détriment du bien-être.
- Le postulat de base : les réseaux sociaux sont faits « pour les autres ».
- Le dilemme de l’artiste : créer pour soi, mais devoir communiquer pour une audience.
- L’exemple de Zach King, maître du contenu adapté à chaque plateforme.
- Chaque réseau social (Instagram, Twitter, TikTok) a sa propre mentalité et ses propres attentes.
- Comment présenter intelligemment son travail sans le dénaturer pour les algorithmes.
- L’expérience de TikTok : un défi créatif pour adapter la photographie à un format vidéo court et rythmé.
- L’influence de la musique et des tendances sur la visibilité d’un contenu.
- Appliquer les leçons de TikTok à Instagram pour améliorer la portée de ses photos.
- La distinction fondamentale entre la création (pour soi) et la communication (pour les autres).
- Clarification sur sa gestion des feedbacks : pourquoi il est très attentif aux retours.
- Les avis sur ses photos (sa création) ne l’affectent pas émotionnellement.
- Les retours sur ses formats de communication (podcasts, stories) sont en revanche cruciaux.
- Comment il traite l’information des feedbacks sans laisser les émotions (ego ou déception) prendre le dessus.
- Appel aux auditeurs pour qu’ils partagent leurs avis sur ses contenus afin de l’aider à s’améliorer.
- L’objectif de proposer ses contenus sur différents supports (audio, écrit) pour s’adapter aux préférences de chacun.
FAQ
Pourquoi faut-il différencier sa création et sa communication sur les réseaux sociaux ?
Selon Adrelanine, la création artistique doit rester une démarche personnelle, faite pour soi, à l’abri des pressions de la popularité. La communication, en revanche, est une démarche tournée vers les autres. Il est donc essentiel de séparer les deux pour ne pas laisser les attentes de l’audience dicter son art, tout en étant stratégique et à l’écoute pour que la manière de partager ce même art soit efficace et pertinente pour le public.
Comment Adrelanine utilise-t-il les retours de son audience ?
Il accorde une grande importance aux feedbacks concernant sa communication (format du podcast, longueur, sujets). Ces retours lui permettent d’adapter ses contenus pour qu’ils correspondent mieux aux attentes de son audience. Cependant, il ne laisse pas les avis sur ses photos, qu’ils soient positifs ou négatifs, influencer son processus créatif ou son état émotionnel, considérant cette partie de son travail comme purement personnelle.
Quelle est l’importance des différentes plateformes (TikTok, Instagram) selon Adrelanine ?
Adrelanine explique que chaque plateforme sociale a sa propre culture, sa propre mentalité et ses propres codes. Un contenu qui fonctionne sur Instagram ne fonctionnera pas forcément sur TikTok ou Twitter. Il est donc crucial de comprendre ces spécificités pour adapter la manière de présenter son travail. Il prend l’exemple de TikTok, qui l’oblige à repenser la présentation de ses photos dans un format vidéo court, rythmé et musical.
Qu’est-ce que le « fantasme de l’éternité » évoqué dans l’épisode ?
Le « fantasme de l’éternité » est une expression qu’il utilise pour décrire la tendance de la société à survaloriser la longévité et la constance, que ce soit dans les relations, les carrières ou les passions. Il critique cette idée, arguant qu’il est tout aussi méritoire de changer, d’évoluer et de chercher constamment ce qui nous rend heureux, plutôt que de s’enfermer dans une situation par simple attachement à la durée.
