De la peur de réussir au grand saut
Aline part d’un constat souvent partagé mais difficile à identifier : la peur de la réussite. Cette crainte que tout aille « trop vite, trop fort » peut mener à l’auto-sabotage. C’est une expérience qu’elle a non seulement observée chez d’autres entrepreneurs, mais qu’elle a surtout vécue personnellement. Son plus grand défi en 2021 a été de gérer la croissance de TheBBoost. Elle raconte sa transition difficile du statut de solopreneuse, qui fait tout elle-même, à celui de dirigeante d’une entreprise qui la dépasse, avec une équipe et des responsabilités nouvelles.
Ce passage a impliqué d’apprendre à recruter, déléguer, manager et adopter une posture de leader, tout en combattant ses propres croyances limitantes. « J’ai fait plein plein plein plein d’erreurs », confie-t-elle, souhaitant partager son parcours pour que d’autres puissent éviter les mêmes écueils.
Les fondations à l’épreuve du feu
Le premier enseignement d’Aline est simple : quand un business grossit, « il y aura plus de tout ». Les forces comme les faiblesses sont exacerbées. Un petit problème d’organisation devient un obstacle majeur, tandis qu’une bonne habitude se transforme en un atout stratégique. Elle insiste sur l’importance de bâtir des fondations saines dès le départ : des process clairs pour chaque tâche répétitive, une gestion financière rigoureuse pour piloter sa trésorerie et une vision précise pour guider ses décisions. Ces éléments, qui peuvent sembler secondaires au début, deviennent cruciaux pour naviguer la croissance.
Son deuxième point est un avertissement : « Le rush ne se termine jamais de lui-même ». La période de travail intense, qu’on pense temporaire, devient vite la nouvelle norme si l’on n’y met pas consciemment un frein. C’est le chemin direct vers l’épuisement. Aline avoue avoir « complètement cramé [son] énergie en un an » et souligne que la santé mentale et l’énergie sont les ressources les plus précieuses de l’entrepreneur.
Changer de posture pour piloter la croissance
La qualité de la croissance se mesure à la capacité du dirigeant à se détacher de l’opérationnel. C’est le troisième point clé, et celui qu’Aline décrit comme son « plus gros cauchemar ». Rester bloqué dans les tâches quotidiennes tout en devant assumer des fonctions de management, de recrutement et de vision stratégique est une recette pour le surmenage. Elle recommande vivement de se faire accompagner, par un coach en leadership ou en intégrant un mastermind, pour réussir à lâcher prise et adopter une véritable posture de chef d’entreprise.
Enfin, elle rappelle que la progression n’est jamais linéaire. La croissance ressemble davantage à un escalier, avec des phases de développement fulgurantes suivies de longs paliers de consolidation. Ces plateaux ne sont pas des signes de déclin, mais des moments nécessaires pour structurer, solidifier et préparer la prochaine étape. Le rôle du dirigeant est de surfer sur les vagues de croissance tout en utilisant les périodes de calme pour renforcer la stabilité de l’entreprise.
La plus belle des récompenses
Malgré les difficultés, le cinquième point d’Aline est une ode à l’entrepreneuriat. Le plus grand bonheur, selon elle, est de « construire et de contribuer à quelque chose de plus grand que soi ». Si au début, l’objectif est souvent personnel (payer ses factures, être libre), la croissance permet de passer à une autre dimension : avoir un impact positif, créer de la valeur pour la société et faire vivre une équipe. C’est un sentiment qu’elle juge « complètement jouissif » et qu’elle n’a trouvé nulle part ailleurs.
Elle conclut en citant le concept de « tartine de merde » du livre Comme par magie d’Elizabeth Gilbert : chaque choix de vie vient avec son lot d’inconvénients. L’important est de choisir les problèmes que l’on a envie de résoudre. La croissance est une aventure exigeante, mais c’est aussi la plus belle qu’un entrepreneur puisse vivre.
Pour aller plus loin
- Épisode #63 – La peur de réussir : l’auto sabotage des entrepreneurs
- Épisode #113 : Intégrer un groupe Mastermind pour passer au niveau supérieur avec Romain Collignon
- Retrouvez les notes de cet épisode sur le site de TheBBoost
- Rejoindre Aline sur Instagram
Les références de l’épisode
- Léa Situation
- Romain Collignon
- Elizabeth Gilbert
- Le livre « Comme par magie »
- Le livre « Mange, prie, aime »
- La formation BSB (Business & Success Booster)
Au fil de l’épisode
- Introduction sur la peur de la réussite chez les entrepreneurs.
- Le challenge personnel d’Aline en 2021 : la croissance de TheBBoost.
- Le passage du modèle de soloprenariat à celui d’entrepreneuriat avec une équipe.
- Le sentiment que son business est devenu plus grand qu’elle.
- Premier point : quand un business grossit, tout est exacerbé, le bon comme le mauvais.
- L’importance de mettre en place des process clairs dès le début.
- Conseil sur la gestion de la comptabilité et de la trésorerie pour mieux piloter la croissance.
- Le rôle de la vision d’entreprise pour prendre les bonnes décisions.
- Deuxième point : le rush ne se termine jamais de lui-même, il faut savoir dire stop.
- Le risque que le rush devienne la nouvelle normalité et mène au burn-out.
- L’importance de préserver son énergie et de s’accorder des temps de repos.
- Troisième point : la qualité de la croissance se mesure à la capacité de se détacher de l’opérationnel.
- La difficulté à lâcher prise et à déléguer les tâches quotidiennes.
- La nécessité d’adopter une posture de chef d’entreprise (management, vision, recrutement).
- Le conseil de se faire coacher ou de rejoindre un mastermind.
- Quatrième point : la progression d’un business n’est jamais linéaire, mais se fait par paliers.
- L’alternance entre des périodes de croissance et des périodes de consolidation.
- Comment utiliser les plateaux de consolidation pour solidifier et structurer son entreprise.
- Cinquième point : le bonheur de construire et de contribuer à quelque chose de plus grand que soi.
- Le passage d’une démarche centrée sur soi à un projet avec un impact plus large.
- Conclusion : ne pas avoir peur des problèmes liés à la croissance, car on grandit avec eux.
- L’analogie de la « tartine de merde » d’Elizabeth Gilbert : choisir les problèmes qu’on a envie de gérer.
FAQ
Qu’est-ce que la peur de la réussite selon Aline ?
Selon Aline, la peur de la réussite est une crainte souvent inconsciente que son business marche « trop, trop vite, trop fort ». Elle se manifeste par la peur d’être submergé, de changer, de subir la critique, de gagner trop d’argent ou de ne pas savoir gérer le succès. C’est un sentiment qu’elle juge très vicieux car, contrairement au syndrome de l’imposteur, il est difficile à identifier et peut mener à l’auto-sabotage.
Pourquoi la croissance d’un business n’est-elle jamais linéaire ?
Aline explique que la croissance d’une entreprise ressemble plus à un escalier qu’à une ligne droite. Elle se compose de périodes de croissance fulgurante suivies de longs paliers de consolidation. Ces plateaux, qui peuvent durer des semaines ou des mois, ne sont pas un signe de stagnation mais une phase normale et nécessaire pour structurer, solidifier les bases et préparer la prochaine étape de développement.
Quel est le plus grand défi lors de la croissance d’une entreprise ?
Pour Aline, le plus grand défi est de passer d’une posture de solopreneur, qui exécute toutes les tâches, à celle d’un chef d’entreprise qui pilote. Cela implique d’apprendre à recruter, manager, déléguer et se détacher de l’opérationnel pour se concentrer sur la vision et la stratégie. C’est une transition difficile qui demande de lâcher prise et de combattre de nombreuses croyances limitantes.
Pourquoi est-il crucial de se détacher de l’opérationnel ?
Il est crucial de se détacher de l’opérationnel car un chef d’entreprise ne peut pas tout faire. Tenter de gérer les tâches quotidiennes en plus du management, du recrutement et de la stratégie mène inévitablement au surmenage et au burn-out. Déléguer l’opérationnel libère du temps et de l’énergie mentale pour se consacrer à son véritable rôle : diriger, inspirer et piloter la croissance de manière sereine et durable.
Quelle est la principale erreur à éviter quand son entreprise grandit ?
La principale erreur est de croire que le « rush » est temporaire. Aline insiste sur le fait que la période de travail intense ne s’arrête jamais d’elle-même ; elle devient la nouvelle norme. Ne pas poser consciemment de limites et ne pas préserver son énergie mène à l’épuisement. Il faut donc être proactif dans la gestion de son temps et de sa santé mentale pour ne pas « cramer son énergie » et pouvoir durer sur le long terme.
