Genèse d’un regard
Invité lors du festival Portrait(s) de Vichy, Denis Dailleux revient sur l’un de ses tout premiers travaux, une série en noir et blanc réalisée il y a une trentaine d’années dans la banlieue parisienne, à Persan-Beaumont. Il raconte que tout a commencé par une rencontre fortuite dans un train avec des jeunes d’une cité. À l’époque, il n’est pas encore photographe mais sent la nécessité de documenter la vie autour de lui, qu’il imagine plus intense en banlieue qu’à Paris. Après des débuts difficiles à photographier les adolescents et leur culture rap naissante, il trouve son sujet en se tournant vers leurs petits frères et petites sœurs.
Ce projet s’est étalé sur une période de cinq à sept ans, au rythme d’une visite par mois. Pour lui, c’était une manière de découvrir un monde qu’il ne connaissait pas, notamment les communautés issues du Maghreb, bien avant qu’il ne tombe amoureux de l’Égypte. « Je le faisais plus pour sauver ma peau de photographe », confie-t-il, expliquant que ce travail était pour lui l’équivalent des gammes d’un musicien : un exercice essentiel pour devenir celui qu’il voulait être.
Les références de l’épisode
- Livre : « Persan-Beaumont »
- Lieu : Persan-Beaumont (Val-d’Oise)
- Pays : Égypte
- Région : Anjou
- Ville : Les Sables-d’Olonne
- Personnalité : Madonna (citée)
Au fil de l’épisode
- La rencontre dans un train de banlieue à l’origine de la série.
- Ses premières tentatives photographiques et le déclic en se tournant vers les plus jeunes.
- Une immersion de plusieurs années, à raison d’un dimanche par mois.
- La découverte d’un univers inconnu : la vie dans la cité et les communautés maghrébines.
- Le caractère intemporel des portraits, malgré quelques marqueurs des années 80.
- Pourquoi ce travail était une nécessité pour « sauver sa peau de photographe ».
FAQ
Qui est Denis Dailleux ?
Denis Dailleux est un photographe français. L’épisode le présente à l’occasion d’une exposition de ses œuvres de jeunesse au festival Portrait(s) de Vichy. Originaire d’Anjou, il raconte comment, avant de devenir professionnel et de développer une passion pour l’Égypte, il a fait ses premières armes en banlieue parisienne. Ce travail initial est décrit comme une étape fondatrice, des « gammes » qui lui ont permis de se construire en tant que photographe.
Quel est le sujet de son exposition à Vichy ?
L’exposition présente une série de portraits en noir et blanc d’enfants et d’adolescents de la banlieue de Persan-Beaumont. Ce travail a été réalisé par Denis Dailleux une trentaine d’années auparavant, sur une période de cinq à sept ans. Il s’agit de ses tout premiers pas en photographie, une sorte d’auto-initiation au reportage social qui a donné naissance à des images décrites comme pures et intemporelles.
Pourquoi Denis Dailleux a-t-il commencé ce projet à Persan-Beaumont ?
Alors qu’il n’était pas encore photographe, Denis Dailleux cherchait à documenter la vie parisienne. Il a eu l’intuition qu’il trouverait plus de vitalité en banlieue qu’à Paris même. Le projet a été déclenché par une rencontre fortuite dans un train avec des jeunes de la cité de Persan-Beaumont. Ce contact l’a incité à se rendre sur place pour commencer à photographier cet environnement.
Comment ce travail photographique a-t-il été réalisé ?
Pendant cinq à sept ans, Denis Dailleux s’est rendu à Persan-Beaumont environ une fois par mois, le dimanche après-midi. Il s’immergeait dans la vie d’une petite cité pour y réaliser ses portraits. Il explique avoir d’abord tenté de photographier des adolescents avant de trouver son approche en se concentrant sur les plus jeunes, les petits frères et petites sœurs, avec qui le contact était plus simple et le résultat plus juste à ses yeux.
