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« Mon enfance sauvage », récit d’une enfance pas comme les autres – Partie 3

Djalla Maria Longa a grandi hors du monde. Née dans les montagnes ariégeoises, elle a vécu une enfance en autarcie, choisie par ses parents dans les années 70 pour fuir la société de consommation. Pas d'eau courante, pas d'électricité, pas d'école, mais une vie au rythme de la nature. Dans cet entretien, elle revient sur cette expérience fondatrice, racontée dans son livre « Enfance sauvage ». Elle partage avec franchise les défis de ce mode de vie, les anecdotes marquantes et sa quête, aujourd'hui, d'un juste milieu entre cet héritage radical et les réalités du monde contemporain pour elle et ses propres enfants.

Djalla Maria Longa, récit d'une enfance en autarcie dans les montagnes ariégeoises

Vivre sans rien

Djalla Maria Longa raconte son enfance hors-norme, passée au cœur des montagnes de l’Ariège. Ses parents, Barbara et Patrice, ont fait le choix radical dans les années 70 de vivre en autarcie, refusant la société de consommation et ses dépendances. La famille vivait sans factures d’eau ou d’électricité, et même sans les aides sociales. Djalla Maria Longa se souvient d’années très pauvres au début, avant que le jardin et l’élevage ne permettent de subvenir à leurs besoins. Elle relate une anecdote surréaliste : après avoir coupé les poteaux électriques pour en faire un poulailler, la famille reçoit la visite d’un huissier de justice. Ne trouvant rien à saisir dans leur maison dénuée de tout bien matériel, il repart bredouille.

Cette histoire a eu une suite inattendue. Un second huissier, intrigué, a découvert que les allocations familiales leur avaient été coupées à tort pendant des années. « Du jour au lendemain, ils ont reçu une somme de dix ans, je ne sais plus combien d’années qui n’a pas été payée. » Cet argent a permis à son père de devenir officiellement agriculteur et de réaliser son rêve.

Trouver son équilibre

Après avoir connu cet extrême, Djalla Maria Longa a exploré l’autre en partant vivre en ville, avant de réaliser que son équilibre se trouvait dans la nature. Aujourd’hui, elle ne vit plus en autarcie totale mais cherche constamment un « juste milieu ». Avec son mari et ses enfants, elle habite un chalet, cultive son potager et utilise des toilettes sèches, mais dispose aussi d’internet, son outil de travail d’écrivaine. Elle s’efforce de transmettre à ses enfants le respect de la nature et la conscience de leurs besoins réels, sans pour autant les couper du monde. Elle limite par exemple l’usage des écrans au week-end pour les encourager à jouer, lire et développer leur créativité.

Sa philosophie repose sur une question simple face à la consommation : « Est-ce que j’en ai l’utilité ? » Elle éduque ses enfants à ne pas tout avoir immédiatement, pour qu’ils puissent développer leurs propres rêves et l’ambition de les réaliser par eux-mêmes. « Si on te paye tout, qu’on te donne tout finalement sur un plateau, qu’est-ce que tu vas faire à 20 ans ? »

De la montagne à l’écriture

C’est en revenant sur ses terres, après avoir voyagé, que Djalla Maria Longa s’est mise à écrire, d’abord pour elle-même. Elle a couché sur le papier son histoire, qui deviendra son premier livre, « Enfance sauvage ». Le processus n’a pas été simple, notamment vis-à-vis de sa mère, qui a eu du mal à lire certains passages. Pourtant, elle envoie son manuscrit à dix éditeurs et reçoit une réponse pleine d’espoir de Gléna, qui finira par le publier après un travail de condensation. La publication a été une expérience extraordinaire, surtout lors des premières dédicaces. Des gens de sa région, qui avaient des préjugés sur sa famille de « néo-ruraux », sont venus la voir en larmes, la remerciant d’avoir partagé son histoire.

L’écriture est devenue sa passion, qu’elle marie avec le voyage et sa vie de famille. Elle a depuis écrit un roman, « La rebelle du désert », inspiré d’un séjour chez les Bédouins en Jordanie, ainsi qu’un autre récit sur les Pyrénées, pour répondre aux nombreuses questions que son premier livre a suscitées.

Les références de l’épisode

  • « Enfance sauvage », livre de Djalla Maria Longa
  • « La rebelle du désert », livre de Djalla Maria Longa
  • Barbara et Patrice, ses parents
  • Gléna, sa maison d’édition
  • Massat, commune en Ariège
  • Les Bédouins de Jordanie

Au fil de l’épisode

  • Le modèle économique de sa famille en autarcie : le troc, l’absence de factures et de dettes.
  • L’histoire de la suspension des allocations familiales et le choix de ses parents de vivre sans.
  • L’anecdote de l’huissier de justice découvrant une maison sans aucun bien matériel à saisir.
  • Comment un rappel de dix ans d’allocations a permis à son père de devenir agriculteur.
  • Sa quête personnelle d’un « juste milieu » entre son enfance radicale et la vie moderne.
  • L’éducation de ses propres enfants : un équilibre entre nature, créativité et un accès limité à la technologie.
  • La question centrale face à la consommation : « Est-ce que c’est utile ? »
  • Sa réflexion sur la richesse, qui pour elle ne se mesure pas à l’argent mais à la satisfaction des besoins essentiels.
  • Comment elle encourage ses enfants à avoir des rêves et l’ambition de les réaliser par eux-mêmes.
  • Le début de son parcours d’écrivaine, une démarche d’abord personnelle.
  • La réaction de ses parents à la lecture de son manuscrit, en particulier celle de sa mère.
  • La publication de son premier livre, « Enfance sauvage », chez l’éditeur Gléna.
  • L’accueil émouvant de son livre par la communauté locale, qui a permis de briser les préjugés.
  • Ses autres ouvrages, qui mêlent récits de vie et voyages, comme son roman se déroulant en Jordanie.

FAQ

Qui est Djalla Maria Longa ?

Djalla Maria Longa est une autrice française connue pour son livre autobiographique « Enfance sauvage ». Elle a grandi dans les montagnes ariégeoises au sein d’une famille ayant fait le choix de vivre en autarcie, sans eau courante, électricité, ni scolarisation classique. Son parcours atypique est au cœur de son travail d’écriture, où elle explore les thèmes de la simplicité volontaire, du rapport à la nature et de la quête d’équilibre.

Pourquoi Djalla Maria Longa n’est-elle pas allée à l’école ?

Ses parents, Barbara et Patrice, ont choisi de fuir la société de consommation et de ne pas « formater » leurs enfants par le système scolaire traditionnel. Ils ont donc pratiqué l’instruction à domicile, dans leur ferme isolée en Ariège. Son père leur a appris les bases de la lecture et de l’écriture, ce qui était autorisé par la loi à l’époque. Ce choix faisait partie intégrante de leur projet de vie en autarcie.

De quoi parle son livre « Enfance sauvage » ?

« Enfance sauvage » est le récit de son enfance exceptionnelle dans les Pyrénées. Djalla Maria Longa y décrit la vie quotidienne en autarcie, rythmée par les saisons et les lois de la nature, loin du monde moderne. Elle raconte les défis de cette existence sans confort matériel, mais aussi la richesse des liens familiaux et du contact permanent avec la nature. C’est un témoignage sur un choix de vie radical et ses conséquences.

Comment vit-elle aujourd’hui ?

Aujourd’hui, Djalla Maria Longa cherche à vivre dans un « juste milieu ». Elle n’a pas reproduit le modèle d’autarcie totale de ses parents mais a conservé un mode de vie simple et proche de la nature. Elle vit avec sa famille dans un chalet, cultive un potager et a installé des panneaux solaires. Tout en utilisant des outils modernes comme internet pour son travail d’écrivaine, elle veille à limiter la consommation et l’emprise de la technologie sur sa vie et celle de ses enfants.

Comment est-elle devenue écrivaine ?

Après avoir beaucoup voyagé, elle a ressenti le besoin d’écrire son histoire, d’abord pour elle-même. Elle a ensuite envoyé son manuscrit à plusieurs maisons d’édition et a été repérée par Gléna. La publication de « Enfance sauvage » a été un succès et a lancé sa carrière. L’écriture est devenue pour elle une passion qui lui permet de lier ses trois amours : sa famille, les voyages et son histoire personnelle.

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