Comprendre la neuro-efficience
Djamila Boukhalfa définit la neuro-efficience comme la capacité à être performant tout en minimisant le coût neurologique pour notre cerveau. À une époque marquée par l’infobésité et la sursollicitation permanente, prendre soin de son cerveau est devenu un enjeu majeur. L’information est accessible en un clic, nous submergeant et créant une surcharge cognitive qui peut mener à la paralysie, voire au burn-out. Selon l’experte, cette surcharge mentale, particulièrement pesante pour les femmes, pourrait même accélérer le vieillissement cérébral et être liée à des maladies comme Alzheimer. Elle insiste sur l’importance d’adopter dès aujourd’hui de bonnes habitudes pour préserver notre capital neurologique sur le long terme.
« Notre cerveau n’a jamais autant souffert », alerte-t-elle, soulignant le paradoxe d’une société où le confort matériel n’a jamais été aussi grand, mais où la santé mentale est mise à rude épreuve.
Le cerveau en arborescence des entrepreneurs
Beaucoup d’entrepreneurs, et particulièrement les profils dits à haut potentiel ou multipotentiels, ne fonctionnent pas avec une pensée linéaire, où une idée en entraîne une autre de manière séquentielle. Ils possèdent ce que Djamila Boukhalfa appelle une « pensée en arborescence » : une idée de départ en fait jaillir une multitude d’autres, créant des connexions rapides entre des concepts a priori éloignés. Cette pensée, qu’elle qualifie d’« irradiante », est un formidable atout pour la créativité et la vision stratégique, permettant de « penser en dehors de la boîte ». Cependant, sans structure, elle peut aussi conduire à la dispersion et au sentiment d’être submergé.
L’enjeu n’est donc pas de brider cette créativité, mais de l’apprivoiser. « Il faut se dire que c’est un atout à maîtriser, maîtriser sa pensée pour en tirer le nectar », explique Djamila Boukhalfa.
De l’idée au plan d’action
Face à un trop-plein d’idées, la première étape est de tout noter, de vider son esprit sur le papier pour créer une « boîte à idées ». Ensuite, il faut accepter une vérité simple : toutes les idées ne sont pas bonnes à être réalisées. Djamila Boukhalfa propose une méthode de tri en entonnoir, basée sur trois questions fondamentales : cette idée sert-elle mes objectifs actuels ? Est-elle alignée avec mes valeurs profondes ? Et surtout, est-ce qu’elle me fait vibrer ? Pour les profils multipotentiels, le plaisir et la passion sont des moteurs essentiels. Une fois les idées prioritaires sélectionnées, il est crucial de les structurer.
Pour cela, elle préconise le mind mapping, un outil qui respecte le fonctionnement en arborescence du cerveau. Comme un architecte qui dessine des plans détaillés avant de construire, cette phase de planification est essentielle pour assurer un passage à l’action fluide et serein.
Gérer son temps et son énergie
Une fois le plan établi, la neuro-efficience s’applique aussi à la gestion quotidienne des tâches. Il est primordial d’estimer le temps, l’énergie et le coût financier de chaque action. Djamila Boukhalfa insiste sur l’importance de se fixer un « budget temps » pour chaque tâche. Conformément à la loi de Parkinson, une tâche prendra tout le temps qu’on lui alloue ; en délimitant une durée précise, on gagne en efficacité. Pour les activités créatives exigeant une forte concentration, elle recommande la technique Pomodoro, avec des sessions de travail de 25 minutes suivies de courtes pauses.
Enfin, elle rappelle l’importance de rester réaliste en tenant compte de toutes les « casquettes » que l’on porte dans sa vie (parent, conjoint, ami, etc.) pour ne pas se fixer des listes de tâches irréalisables qui mènent à l’épuisement et au découragement.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Personnes : Steve Jobs
- Concepts et outils : neuro-efficience, mind mapping, pensée en arborescence, HPI (Haut Potentiel Intellectuel), zèbres, profils multipotentiels, méthode Pomodoro, loi de Parkinson
- Événements : Championnat du monde de mind mapping et de lecture rapide
- Maladies évoquées : Alzheimer, Parkinson
- Réseaux sociaux : Instagram, LinkedIn
Au fil de l’épisode
- Le problème récurrent des entrepreneurs : avoir trop d’idées et s’éparpiller.
- Présentation de l’invitée, Djamila Boukhalfa, experte en neuro-efficience et vice-championne de France de mind mapping.
- La définition de la neuro-efficience : la performance à moindre coût neurologique.
- Le danger de l’infobésité et de la surcharge cognitive dans la société actuelle.
- Les risques liés à la surcharge mentale : burn-out, vieillissement prématuré du cerveau.
- Le lien potentiel entre la charge mentale, plus élevée chez les femmes, et la maladie d’Alzheimer.
- La particularité des entrepreneurs : beaucoup ont un profil multipotentiel ou une pensée en arborescence.
- Explication de la pensée en arborescence (irradiante) par opposition à la pensée linéaire (séquentielle).
- Comment transformer cette pensée foisonnante en un atout maîtrisé.
- Première étape pour clarifier ses idées : tout noter sur papier pour se libérer l’esprit.
- La méthode de l’entonnoir pour trier ses idées : se demander si elles servent ses objectifs, ses valeurs et si elles procurent de la joie.
- L’utilisation du mind mapping pour structurer ses pensées et créer un plan d’action clair.
- L’analogie de l’architecte : prendre le temps de bien planifier pour une exécution plus rapide et fluide.
- Comment gérer les nouvelles idées qui surgissent : savoir jongler entre structure et intuition.
- L’importance de se fixer un « budget temps » pour chaque tâche afin de gagner en efficacité.
- L’application de la technique Pomodoro pour les tâches qui demandent une grande concentration.
- Le pouvoir des deadlines pour éviter la procrastination.
- Passer de la mind map à l’agenda pour concrétiser son plan et alléger sa charge mentale.
- L’importance de la patience et de la modération : éviter les listes de tâches à rallonge.
- Prendre en compte la réalité de sa vie et ses différentes casquettes pour se fixer des objectifs réalistes.
- La conclusion de l’animatrice : choisir une voie, ce n’est pas renoncer à toutes les autres, mais simplement faire un choix à un instant T.
FAQ
Qui est Djamila Boukhalfa ?
Djamila Boukhalfa est une experte en neuro-efficience, formatrice et athlète du cerveau. Elle est également vice-championne de France de mind mapping et a participé aux championnats du monde de la discipline. Elle se donne pour mission d’aider les entrepreneurs, en particulier les profils multipassionnés, à canaliser leurs idées pour être plus productifs, passer à l’action et rester concentrés sur leurs objectifs sans s’épuiser.
Qu’est-ce que la neuro-efficience ?
La neuro-efficience est une approche qui vise à atteindre la performance en minimisant le coût neurologique, c’est-à-dire en préservant son cerveau. Dans un contexte de sursollicitation et d’infobésité, elle propose des stratégies pour mieux gérer l’information, la concentration et l’énergie mentale. L’objectif est d’être productif et serein, en évitant la surcharge cognitive et les risques de surmenage ou de burn-out.
Qu’est-ce que la pensée en arborescence ?
La pensée en arborescence est un mode de pensée non linéaire, souvent associé aux profils à haut potentiel ou multipotentiels. Contrairement à la pensée séquentielle (A puis B puis C), une seule idée de départ peut en générer une multitude d’autres simultanément, dans différentes directions. Cette pensée, qualifiée d’irradiante, favorise la créativité et la vision globale, mais peut aussi mener à la dispersion si elle n’est pas structurée.
Comment Djamila Boukhalfa recommande-t-elle de trier ses idées ?
Elle conseille d’abord de tout noter pour libérer son esprit. Ensuite, elle propose d’utiliser une méthode en entonnoir pour filtrer les idées en se posant trois questions : est-ce que cette idée sert mes objectifs actuels ? Est-elle alignée avec mes valeurs ? Est-ce qu’elle me fait vibrer ? Une fois ce tri effectué, elle recommande d’utiliser le mind mapping pour structurer les idées retenues en un plan d’action concret.
Pourquoi est-il important de se fixer un « budget temps » pour ses tâches ?
Se fixer un budget temps s’appuie sur la loi de Parkinson, qui stipule qu’une tâche s’étale pour occuper tout le temps qui lui est alloué. En définissant une durée limitée pour une activité (par exemple, 20 minutes pour gérer ses e-mails), on contraint son cerveau à être plus concentré et efficace. Cette technique simple permet de lutter contre la procrastination et d’éviter de passer un temps excessif sur des tâches qui pourraient être réalisées plus rapidement.
