Un rêve d’Asie
Etienne Bossot explique que son désir de voyager et de quitter la France remonte à l’adolescence, nourri par les récits et les photos de ses grands-parents qui parcouraient l’Asie. Réfractaire à l’idée d’une vie routinière « 8h-5h » et au pessimisme qu’il percevait dans la mentalité occidentale, il a toujours été convaincu que sa vie se déroulerait ailleurs, en Asie. Ce continent représentait pour lui un idéal de dépaysement et de dynamisme. Il raconte une anecdote familiale sur une tache de naissance, dite « de Gengis Khan », qui le confortait dans l’idée d’un lien particulier avec l’Asie. C’est donc logiquement qu’il oriente ses études de commerce international dans le but de voyager.
Son premier contact avec le continent a lieu en 2007, lorsqu’il décroche un stage de fin d’études au Vietnam pour vendre du vin. Le choc culturel à son arrivée à Hanoï est une révélation : « C’était encore mieux que ce que j’avais en tête. »
De la passion à la profession
Installé à Hoi An, la beauté des paysages le pousse à acheter son premier appareil photo reflex pour partager son quotidien avec ses proches. Il se prend au jeu, se levant à l’aube pour capturer les levers de soleil dans les rizières et publiant ses clichés sur Facebook. Les encouragements de ses amis et de sa famille le motivent à persévérer. Après avoir quitté son emploi dans le vin et traversé une période d’incertitude financière, une idée émerge au contact des touristes qu’il croise. Spontanément, il leur propose de les emmener à moto découvrir ses coins secrets et leur donne des conseils techniques. C’est le déclic : il va créer des circuits photographiques.
Avec ses 600 dollars d’économies, il lance Hoi An Photo Tour. Il démarche lui-même les touristes dans la rue, et le concept prend immédiatement. « Ça a directement marché parce que c’était un tour super, les gens ils allaient dans la campagne, ils apprenaient la photo. »
La photo comme rencontre
Pour Etienne Bossot, la photographie est avant tout un prétexte pour explorer et rencontrer. Il conçoit ses voyages photo comme des immersions dans le « vrai Vietnam », loin des temples et des foules, au cœur des villages où il est possible de partager le quotidien des habitants. Cette approche, qu’il rêvait d’expérimenter en s’imaginant ethnologue dans sa jeunesse, lui permet de vivre des expériences authentiques. La photo devient le médium qui ouvre les portes et crée le lien. Il évoque également sa vie personnelle, sa rencontre avec sa femme vietnamienne et les défis d’un couple interculturel. Il souligne la résilience et l’optimisme du peuple vietnamien, tourné vers l’avenir malgré un passé douloureux, une mentalité qui l’inspire au quotidien.
« La photo, c’est quelque chose qui va nous amener quelque part où on ne serait jamais allé si on ne faisait pas de photos. »
Les références de l’épisode
- Personnes : Gengis Khan
- Lieux : Vietnam, Hoi An, Hanoï, Da Nang, Saigon, France, Avignon, Pont-Saint-Esprit, Asie, Thaïlande, Japon, Chine, Malaisie, Inde, Indochine, Birmanie, Europe, Angleterre, Allemagne, Guadeloupe, Égypte
- Organisations et marques : UNESCO, Facebook, Instagram
- Projets : Hoi An Photo Tour, Pixofasia
Au fil de l’épisode
- L’origine de son envie de voyager : les photos de ses grands-parents en Asie.
- Son refus d’un mode de vie occidental routinier et sa perception du pessimisme en France.
- Le choix de l’Asie, renforcé par une anecdote familiale sur la « tache de Gengis Khan ».
- Ses études de commerce international, choisies dans le but de voyager.
- Son arrivée au Vietnam en mars 2007 pour un stage dans le commerce du vin.
- Le choc culturel positif et immédiat à Hanoï.
- L’achat de son premier appareil photo reflex à Hoi An pour partager son expérience.
- La découverte d’une passion pour la photographie, en explorant les environs de Hoi An.
- La période de transition sans emploi, où il se consacre entièrement à la photo avec très peu de moyens.
- Le refus d’un poste à responsabilités qui l’aurait éloigné de sa liberté.
- La naissance de l’idée des « photo tours » en guidant spontanément des touristes.
- Le lancement de son entreprise, Hoi An Photo Tour, avec seulement 600 dollars en poche.
- Sa vision de la photographie de voyage : un moyen d’aller à la rencontre des gens et des cultures authentiques.
- Son rêve de jeunesse d’être ethnologue, qu’il réalise à travers ses voyages photo.
- Sa rencontre avec sa femme vietnamienne.
- Les particularités de la vie de couple au Vietnam et les traditions locales.
- La mentalité vietnamienne tournée vers le futur, malgré les souffrances du passé.
- Son site Pixofasia où il partage ses photos et ses articles sur la technique photographique.
FAQ
Qui est Etienne Bossot ?
Etienne Bossot est un photographe français expatrié au Vietnam. Originaire du sud de la France, il a quitté une carrière de consultant dans le vin pour se consacrer à sa passion pour l’image. Il vit à Hoi An avec sa femme vietnamienne et leurs enfants, où il a créé sa propre entreprise, Hoi An Photo Tour, qui organise des circuits et ateliers photographiques pour faire découvrir le Vietnam authentique.
Pourquoi Etienne Bossot a-t-il quitté la France ?
Il a quitté la France pour échapper à une vie qu’il jugeait trop routinière et prévisible en Occident. Dès l’adolescence, il rêvait d’une existence différente, inspiré par les voyages de ses grands-parents en Asie. Il était également rebuté par ce qu’il percevait comme un certain pessimisme en France, notamment envers l’entrepreneuriat, contrastant avec le dynamisme qu’il a trouvé en Asie.
Comment a-t-il créé son activité de circuits photo ?
L’idée est née de manière spontanée. Alors qu’il se consacrait à la photo à Hoi An, il a commencé à emmener des touristes rencontrés en ville dans ses endroits secrets de la campagne environnante. Voyant leur enthousiasme, et sur leurs conseils, il a décidé d’en faire une activité professionnelle. Il a investi ses dernières économies, 600 dollars, pour créer un site web et des brochures, puis a démarché lui-même ses premiers clients dans la rue.
Quelle est sa vision de la photographie de voyage ?
Pour Etienne Bossot, la photographie est un prétexte pour aller à la rencontre des cultures et des gens, loin des sentiers battus. Il ne s’agit pas seulement de technique ou de lumière, mais d’utiliser l’appareil photo comme un outil pour s’immerger dans la vie locale et partager des expériences authentiques. Ses circuits visent à montrer l’essence d’un pays en allant dans des villages où les touristes ne vont pas.
