D’assistante sociale à photographe des animaux
Eva Longuet est photographe spécialisée dans la photographie canine et équestre, installée en Isère. Elle raconte un parcours qui n’a rien de linéaire : assistante sociale en protection de l’enfance depuis 2012, elle reçoit son premier boîtier en 2013, un petit Canon 100D offert par son mari pour « faire de jolies photos » en voyage. Elle se prend au jeu en photographiant les insectes, le chat du voisin, ses proches, puis enchaîne les tutoriels sur les réglages manuels et le post-traitement. De contrat en contrat, elle s’offre un Canon 7D et un objectif 70-200, et fonde sa micro-entreprise.
Après des années d’apprentissage en autodidacte, elle décide de « passer un cap » avec une formation d’une journée auprès d’Eden Photography, une photographe installée en Drôme. Prise de vue avec les chiens, retouche, relation client, tri : elle décrit ce stage comme un « boost énorme ». Aujourd’hui, elle a réduit son travail social à un mi-temps pour consacrer plus de temps à la photo.
Mettre un chien — ou un marié — en confiance
Le cœur de son métier, dit-elle, c’est le contact : c’est « le point commun » avec le travail social, entrer dans la sphère intime des gens sans être intrusive. Avec les animaux, elle applique une méthode simple : respecter le chien, l’ignorer d’abord, le laisser venir. Elle raconte Joe, un border croisé rescapé qui n’acceptait aucune caresse et qui, à la fin de la séance, s’est retrouvé sur ses genoux. Elle glisse ses astuces de terrain — des gâteaux pour chiens toujours dans le coffre, un jouet couineur coincé sous le genou, un filtre sur l’objectif parce que « les chiens lèchent » et « les chevaux éternuent ».
Elle photographie aussi les mariages avec son amie Caroline, sous le nom « Les mariages de Caro et Eva » — un mariage par mois, « pour la qualité, pas pour le chiffre ». Elle assume un souvenir de séance ratée, deux staffs difficiles à tenir seule, et une expérience plus inattendue : le reportage d’une cérémonie d’enterrement à Grenoble, celle d’un ancien doyen de faculté originaire des Caraïbes, où elle a découvert une façon « plutôt joyeuse » de dire au revoir.
Penser l’image, puis la fabriquer
Son secret pour une bonne photo : « la penser avant ». Elle a besoin d’avoir l’image aboutie en tête, prise de vue et post-traitement compris, tout en laissant « la place à l’improvisation » — et surtout à la contrainte, qui « force à l’imagination ». Elle en donne un exemple marquant : un mariage en période de Covid où, avec Caroline, elles ont inventé des photos de groupe « espacées », devenues leurs préférées.
Sa photo emblématique résume sa démarche : une portée de chiots Shikoku, une race primitive japonaise qu’elle a découverte grâce à l’éleveuse Sandrine Ferdinand. Ce tirage réunit en réalité huit photos assemblées en post-traitement, avec des coquelicots recréés parce que l’agriculteur avait fauché le champ la veille. Elle défend enfin la qualité du tirage : elle regrette de voir son travail fini sur une borne de supermarché plutôt que sur un vrai papier, et se dit conquise par le rendu « fine art » mat de ses images imprimées via la plateforme Lumys.
Pour aller plus loin
- Site officiel — Eva L Photography
- Instagram — @eva_l_photography
- Facebook — Dans mon collimateur
- La photo commentée par Eva sur le blog Lumys
Les références de l’épisode
- Lumys — plateforme de galeries photo en ligne, à l’origine du podcast Photo Portrait.
- Eden Photography (Emeline) — photographe et formatrice en Drôme, qui a formé Eva à la photo canine et à la retouche.
- Les mariages de Caro et Eva — le duo qu’elle forme avec son amie Caroline pour les mariages.
- Sandrine Ferdinand — éleveuse à l’origine de sa rencontre avec les chiens Shikoku.
- Chiens Shikoku et Shiba — races primitives japonaises photographiées par Eva.
- Yann Arthus-Bertrand — le photographe dont elle rêverait de voir une exposition.
- Canon — ses boîtiers (100D puis 7D) et son objectif 70-200 ; elle évoque aussi un objectif Sigma.
- Adobe Photoshop — le logiciel au cœur de son post-traitement et de ses montages.
- Iris Photography (Élise) — photographe invitée d’un précédent épisode, qui lui laisse une question.
Au fil de l’épisode
- Présentation d’Eva Longuet, photographe canine et équestre en Isère.
- Ses débuts en 2013 avec un premier Canon 100D et l’apprentissage en autodidacte.
- La formation déclic auprès d’Eden Photography en Drôme.
- Son autre métier : assistante sociale en protection de l’enfance, passée à mi-temps.
- Sa plus grosse galère de séance et ses meilleurs souvenirs avec les chiens.
- Portrait chinois : le bleu, l’été, l’iPhone.
- Le reportage inattendu d’une cérémonie d’enterrement.
- La photo des chiots Shikoku et son montage en huit images.
- Ses astuces pour mettre à l’aise chiens et humains.
- Comment elle se fait connaître : bouche à oreille, collaborations, réseaux sociaux.
- Le mariage avec Caroline et l’organisation entre passion, famille et travail.
- Le débat sur les musiques de galerie, les fichiers numériques et les tirages.
- L’exposition qu’elle aimerait voir : Yann Arthus-Bertrand.
FAQ
Qui est Eva Longuet ?
Eva Longuet est une photographe installée en Isère, spécialisée dans la photographie canine et équestre. Assistante sociale en protection de l’enfance devenue photographe, elle a d’abord appris en autodidacte à partir de 2013 avant de se professionnaliser. Elle réalise aussi des mariages avec son amie Caroline.
Quelle est la spécialité d’Eva Longuet ?
Sa spécialité est la photographie d’animaux, principalement les chiens et les chevaux. Elle réalise des portraits en extérieur en respectant le bien-être de l’animal, et propose aussi des séances de collaboration. En parallèle, elle photographie des mariages avec sa collègue Caroline sous le nom « Les mariages de Caro et Eva ».
Comment mettre un chien à l’aise pendant une séance photo ?
Selon Eva Longuet, il faut d’abord respecter l’animal et le laisser venir plutôt que d’aller vers lui. Elle choisit des lieux où le chien se sent bien, garde des friandises et un jouet couineur pour capter le regard, et récompense. Le maître est invité à agir comme si elle n’était pas là.
Comment Eva Longuet a-t-elle appris la photographie ?
Elle a commencé en 2013 en autodidacte, avec un simple Canon 100D et de nombreux tutoriels sur les réglages manuels et le post-traitement. Après plusieurs années, elle a suivi une formation d’une journée auprès d’Eden Photography, en Drôme, qui l’a fait progresser en prise de vue, en retouche et en relation client.
Qu’est-ce que la photo des chiots Shikoku d’Eva Longuet ?
C’est sa photo emblématique : le portrait d’une portée de chiots Shikoku, une race primitive japonaise. L’image finale assemble en réalité huit photos combinées en post-traitement, avec des coquelicots recréés numériquement. Elle l’a fait tirer en « fine art » mat, un rendu dont elle est particulièrement fière.
