La magie des ondes
Fabrice Larue se définit comme un « self-made-man » qui a eu la chance de pouvoir réaliser ses rêves. Il insiste cependant sur l’importance des rencontres, citant Hervé Bourges et Bernard Arnault comme ses « professeurs » respectifs dans les médias et la finance, et souligne avoir plus appris de ses échecs que de ses succès. Issu d’un milieu modeste, il quitte l’école à 13 ans pour travailler comme charbonnier avec son père. Contre l’avis de ce dernier qui l’incitait à se tourner vers l’automobile ou l’immobilier, il se lance dans la presse gratuite dans les années 80, une véritable vocation. Cette aventure le mène à la radio, avec le lancement de Radio Nostalgie.
C’est un partenariat entre Nostalgie et Radio Monte-Carlo (RMC) qui l’amène pour la première fois à Monaco en 1987. Pour lui, c’est une révélation. « C’est là que je veux vivre », se dit-il immédiatement, fasciné par l’atmosphère de la Principauté, si différente de sa Normandie natale.
De la finance à la fiction
Avant de devenir un producteur majeur, Fabrice Larue passe six ans chez LVMH aux côtés de Bernard Arnault, où il s’occupe du pôle média du groupe, incluant des titres comme La Tribune, Investir et surtout Radio Classique. Cette expérience lui permet de déceler les points communs entre le luxe et les médias : la nécessité d’associer des créatifs et des gestionnaires, et l’importance de l’image de marque. Fort de cet apprentissage, il décide de devenir entrepreneur à temps plein et rachète en 2006 Tel France, la plus ancienne société de production télévisuelle française.
Sous sa direction, le groupe produit des centaines d’heures de fiction, dont le feuilleton phénomène « Plus Belle la Vie ». Il raconte comment cette série quotidienne, qui touchait jusqu’à 12 millions de personnes par semaine, avait une véritable responsabilité sociétale, en abordant des sujets comme la drogue ou le racket et en permettant d’ouvrir le dialogue au sein des familles.
Le pari de l’international
Sa plus grande fierté de producteur reste la série « Versailles ». Conscient que le marché français est limité, il prend le risque personnel de lancer cette production ambitieuse, dotée d’un budget de trois millions d’euros par épisode, bien au-delà des standards français. Pour assurer son succès, la série est tournée en anglais avec un casting international, capitalisant sur la puissance de la marque « Versailles » à l’étranger. Le pari est réussi : la série est vendue dans 136 pays. C’est cette vision globale qui le pousse ensuite à se tourner vers sa « nouvelle passion » : le jeu vidéo.
Il décrit ce secteur comme un média mondialisé, un marché de 180 milliards de dollars qui touche trois milliards de joueurs. Pour lui, le jeu vidéo coche toutes les cases : une créativité exceptionnelle, une croissance forte et un potentiel de consolidation. Il y voit un moyen de se connecter aux nouvelles générations et développe même des projets de jeux ludo-éducatifs. C’est cette expertise des médias, du luxe et du marketing qu’il apporte aujourd’hui au conseil d’administration de la Société des Bains de Mer, avec l’ambition de faire rayonner la marque Monaco à l’international.
Les références de l’épisode
- Personnes : Geneviève Berti, Hervé Bourges, Bernard Arnault, Yves Mourouzi, Jack Lang, François Mitterrand, Jean-Pierre Foucault, Elon Musk, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, Rodolphe Belmer, Claude Chély, Guillaume de Menton, Pharrell Williams, Virgil Abloh, Sidney Toledano, John Galliano, Cyril Imbert, Jean-Luc Biamonti, Stéphane Valéry, Nicolas Bazire.
- Entreprises et marques : Monte-Carlo Société des Bains de Mer (SBM), Radio Nostalgie, Radio Monte-Carlo (RMC), RTL, Europe 1, NRJ, Spotify, Deezer, LVMH, Dior, La Tribune, Investir, Radio Classique, Apple, Microsoft, Google, Facebook, Amazon, Tel France, Kappa, TF1, Canal+, Fortnite, Moët Hennessy.
- Œuvres : « Plus Belle la Vie » (série), « Versailles » (série), « Louis la Brocante » (série), « Demain nous appartient » (série), « Borgia » (série), « Game of Thrones » (série), « House of Cards » (série), « Tortues Ninja » (jeu vidéo).
- Lieux et médias : Oissel, Rouen, Boulevard Princesse-Charlotte (Monaco), Les Échos, Libération, Le Figaro.
Au fil de l’épisode
- Le parcours d’un « self-made-man » et l’importance d’apprendre de ses échecs.
- Ses débuts dans la presse gratuite dans les années 80, une vocation à contre-courant des conseils de son père.
- La création de Radio Nostalgie et la révolution de la bande FM.
- La disruption permanente des médias, dictée par la technologie et les modes de consommation.
- Sa première visite à Monaco en 1987, une « révélation » née du partenariat entre Nostalgie et RMC.
- L’influence d’Hervé Bourges, qui lui a appris à aimer le journalisme.
- La libéralisation des ondes par Jack Lang et François Mitterrand, une révolution culturelle pour la jeunesse.
- L’évolution de la consommation de l’information et les dangers de la désinformation sur les réseaux sociaux.
- Son passage de six ans chez LVMH, où il a géré le pôle média de Bernard Arnault (Radio Classique, La Tribune…).
- Les parallèles qu’il dresse entre les industries du luxe et des médias.
- Sa décision de devenir entrepreneur en rachetant Tel France, la plus ancienne société de production française.
- Le succès et la responsabilité sociétale de la série « Plus Belle la Vie ».
- Le défi de produire « Versailles », une série historique à gros budget tournée en anglais pour le marché international.
- Sa nouvelle passion pour le jeu vidéo, un marché mondial de 180 milliards de dollars.
- Comment le jeu vidéo est devenu un média à part entière, plus puissant que le cinéma et la musique réunis.
- Le succès du jeu « Tortues Ninja » qui réconcilie les générations.
- Son rôle d’administrateur au sein de la Société des Bains de Mer (SBM) à Monaco.
- Son attachement à la Principauté et sa volonté de contribuer au rayonnement de la marque Monaco.
- Ce qui le motive encore aujourd’hui : la curiosité, la passion et l’envie d’entreprendre.
FAQ
Qui est Fabrice Larue ?
Fabrice Larue est un homme d’affaires et entrepreneur français spécialisé dans les médias. Son parcours de plus de 40 ans l’a mené de la presse gratuite à la radio (Radio Nostalgie), puis à la production télévisuelle avec des succès comme « Plus Belle la Vie » et « Versailles ». Il se consacre aujourd’hui à l’industrie du jeu vidéo. Depuis 2023, il est également administrateur du groupe Monte-Carlo Société des Bains de Mer.
Quel est le lien entre Fabrice Larue et Monaco ?
Son premier contact avec Monaco remonte à 1987, lors d’un partenariat entre sa radio, Nostalgie, et Radio Monte-Carlo. Il décrit cette visite comme une révélation et décide que c’est là qu’il veut vivre. Installé dans la Principauté depuis plus de 20 ans, il y est très attaché et a été nommé administrateur de la Société des Bains de Mer en 2023, où il apporte son expertise des médias et du luxe.
Pourquoi la série « Versailles » a-t-elle été un projet si particulier ?
« Versailles » représentait un pari financier et créatif majeur. Avec un budget de trois millions d’euros par épisode, bien supérieur aux standards français, la série a été tournée en anglais avec un casting international pour viser le marché mondial. Fabrice Larue a pris un risque financier personnel pour lancer le projet, qui n’était pas entièrement financé au départ. Ce pari a été gagnant, puisque la série a été vendue dans 136 pays.
Pourquoi Fabrice Larue s’est-il tourné vers le jeu vidéo ?
Il considère le jeu vidéo comme le média de l’avenir, un secteur qui combine créativité, croissance et technologie. Contrairement à la radio ou la télévision, dont le marché est principalement national, le jeu vidéo est un marché mondialisé qui touche trois milliards de personnes. Cette profondeur de marché et la possibilité de se connecter aux nouvelles générations l’ont passionné, le poussant à investir dans cette industrie.
