Le portrait dans tous ses états, à Vichy
Directrice artistique et commissaire du festival Portrait(s) de Vichy, Fany Dupêchez dresse le bilan d’une édition qu’elle place sous le signe de l’émergence et de la photographie affirmée. Elle se réjouit d’accueillir deux photographes qui n’avaient jamais exposé en France et défend un principe fort : ne pas enfermer le portrait dans une thématique unique. « Toutes les expositions sont extrêmement différentes », explique-t-elle, entre écritures documentaires, fictionnelles et plastiques, avec « une vraie rupture entre chaque photographe ». Elle salue aussi le projet mené autour de la Chine par Thomas Sauvin, qui a réédité selon elle 500 000 négatifs pour constituer une base de données sur la Chine ordinaire, un travail qu’elle juge « décalé, assez beau, parfois poétique » et révélateur d’une société que l’on connaît mal de l’intérieur.
Fany Dupêchez tient à un festival « à échelle humaine », où l’ouverture privilégie la rencontre entre auteurs, journalistes, élus et habitants avant de laisser la manifestation appartenir au public. Elle décrit un travail d’ancrage patient avec la ville et les Vichyssois, la multiplication des projets pédagogiques et participatifs, la résidence de Gilles Coulon et les portraits de familles vichyssoises signés par le couple Karma Milopp, où les habitants sont mis à l’honneur.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Festival Portrait(s) de Vichy — rendez-vous photographique consacré au portrait, dont Fany Dupêchez assure la direction artistique.
- Centre culturel Valéry-Larbaud — lieu principal des expositions du festival, en centre-ville de Vichy.
- Thomas Sauvin — collectionneur et éditeur, auteur d’un vaste projet d’archives sur la Chine ordinaire à partir de négatifs sauvés et réédités.
- Justine Tjallinks — photographe néerlandaise, l’une des deux artistes exposées pour la première fois en France.
- Nelli Polamäki — photographe exposée au festival.
- Denis Dailleux — photographe exposé au festival.
- Gilles Coulon — photographe accueilli en résidence à Vichy.
- Mark Seliger — photographe dont les portraits sont présentés en extérieur sur les quais de l’Allier.
- Héloïse Berns — lauréate du prix du jury, exposée à la Médiathèque.
- Karma Milopp — couple créatif, auteur d’une série de portraits de familles vichyssoises.
Au fil de l’épisode
- Le bilan de l’édition et le choix d’accueillir deux photographes jamais exposés en France.
- Le parti pris de ne pas sur-thématiser le portrait : approches documentaires, fictionnelles et plastiques.
- Le regard de Fany Dupêchez sur le projet de Thomas Sauvin autour de la Chine ordinaire et de ses négatifs réédités.
- La défense d’un festival à échelle humaine, centré sur la rencontre au moment de l’ouverture.
- Le travail d’ancrage avec la ville de Vichy et le développement de projets pédagogiques et participatifs.
- La résidence de Gilles Coulon et les portraits de familles vichyssoises signés Karma Milopp.
FAQ
Qui est Fany Dupêchez ?
Fany Dupêchez est directrice artistique et commissaire d’exposition. Elle assure la direction artistique du festival Portrait(s) de Vichy, rendez-vous photographique consacré au portrait. Dans cet entretien pour 9 Lives Magazine, elle revient sur l’édition 2018 et sur sa vision d’un festival exigeant, éclectique et attentif à l’émergence.
Qu’est-ce que le festival Portrait(s) de Vichy ?
Portrait(s) est le rendez-vous photographique de Vichy, entièrement consacré au portrait. Il rassemble des expositions volontairement variées, réparties entre le centre culturel Valéry-Larbaud, la Médiathèque et des espaces extérieurs de la ville. Selon Fany Dupêchez, l’enjeu est de présenter peu d’expositions, mais de grande qualité, et de faire vivre la manifestation dans le territoire.
Pourquoi le festival ne fixe-t-il pas de thématique précise au portrait ?
Pour Fany Dupêchez, garder le portrait comme seule thématique, sans la restreindre davantage, permet de réunir des écritures très différentes — documentaires, fictionnelles ou plastiques. Ce choix crée « une vraie rupture entre chaque photographe » et transforme le parcours en un voyage entre des approches et des messages contrastés.
Quel projet de Thomas Sauvin est évoqué dans l’épisode ?
Fany Dupêchez évoque le travail de Thomas Sauvin sur la Chine ordinaire : selon elle, il a réédité 500 000 négatifs pour constituer une base de données, retravaillée par thématiques et transformée en objets d’édition. Elle décrit un projet à la fois décalé, beau et poétique, qui donne à voir une société chinoise rarement montrée de l’intérieur.
Comment le festival implique-t-il les habitants de Vichy ?
Fany Dupêchez insiste sur l’ancrage dans le territoire : projets pédagogiques et participatifs, résidences d’artistes comme celle de Gilles Coulon, et portraits de familles vichyssoises réalisés par le couple Karma Milopp. Les habitants deviennent ainsi sujets et acteurs de la manifestation, mis à l’honneur au même titre que les photographes exposés.
