Une double casquette, deux univers
Faustine Croquison se présente comme écrivaine, avec quatre livres de poésie à son actif, mais aussi comme mentor pour les entrepreneurs créatifs et les artistes. Elle a longtemps navigué entre deux mondes qu’elle pensait incompatibles : d’un côté, l’univers artistique, et de l’autre, le monde très structuré de l’infoprenariat et du business en ligne. Elle raconte avoir eu l’impression de devoir choisir, se sentant parfois comme une « vendue » voulant gagner de l’argent avec ses créations, ou à l’inverse, pas totalement à sa place dans un milieu entrepreneurial trop focalisé sur les chiffres. Pour elle, le business lui apportait un ancrage nécessaire, tandis que sa créativité lui offrait une dimension plus humaine et inspirée.
La réconciliation de ces deux facettes a été un tournant. En aidant des amis artistes à développer leur visibilité grâce aux stratégies apprises dans l’entrepreneuriat, elle a compris comment ses deux compétences pouvaient se nourrir mutuellement et a créé son agence pour accompagner les artistes à développer leurs projets.
Arrêter la course à la perfection
Le credo de Faustine Croquison est simple : « Arrêtons de vouloir être la meilleure version de nous-mêmes. » Loin d’être un appel à la complaisance, c’est une invitation à cesser de se culpabiliser de ne pas être là où l’on voudrait être. Elle illustre son propos avec une analogie forte : celle des personnes qui attendent d’avoir perdu du poids pour s’acheter de nouveaux vêtements et commencer à vivre. Selon elle, cette attente d’une version idéalisée de soi est une forme de violence qui nous empêche de profiter du présent. Elle oppose cette mentalité à celle de l’étudiant, qui compose avec les moyens du bord sans se juger, ou à celle de l’artiste, qui crée à partir de ce qu’il a.
Cette philosophie se traduit directement dans son approche du business. Elle a abandonné la planification à outrance qui étouffait sa spontanéité. Selon elle, ses plus grands succès sont nés de moments d’authenticité totale, parfois même de vulnérabilité, comme ce mail où elle avouait ne pas avoir le cœur à faire sa promotion, ou cette vidéo de lancement composée uniquement de ses ratés, qui a finalement cartonné.
La spontanéité organisée
La plus grande erreur de Faustine Croquison a été d’essayer de reproduire les stratégies de ceux qui réussissaient, notamment les lancements de programmes très lourds et structurés. Cette approche, qui ne lui ressemblait pas, l’a menée au burn-out. Elle a alors décidé de travailler dans l’autre sens : partir de ce qu’elle aime faire. Plutôt que des pages de vente complexes, elle privilégie les appels téléphoniques, plus humains et spontanés. Cependant, elle précise que cette spontanéité n’est possible que parce qu’elle repose sur une organisation solide. Elle a appris les bases du marketing et de la vente, a testé différentes méthodes, et a gardé des process et des routines, comme des créneaux fixes dans son agenda.
Pour elle, l’organisation n’est pas une fin en soi pour devenir un robot, mais un cadre qui permet justement d’accueillir les imprévus et de laisser place à la créativité. « L’organisation, pour moi, est là pour anticiper les grains de sable », explique-t-elle. C’est cette base solide qui lui donne la liberté d’être elle-même.
Faustine Croquison nous recommande…
- « The Artist’s Way » — Julia Cameron, un livre pour aider à développer sa créativité au quotidien, à travers un programme en douze semaines.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- La Croquise, l’agence de Faustine Croquison
- Le livre « The Artist’s Way » de Julia Cameron
Au fil de l’épisode
- Présentation de Faustine Croquison, autrice et mentor pour artistes.
- Son parcours entre le monde artistique et celui de l’infoprenariat.
- La difficulté de concilier une âme d’artiste et une casquette d’entrepreneure.
- Comment elle a réuni ses deux facettes pour créer son agence.
- Son message principal : « Arrêtons de vouloir être la meilleure version de nous-mêmes ».
- L’analogie de la perte de poids pour illustrer la violence de l’attente d’un soi idéalisé.
- L’exemple de la mentalité étudiante : composer avec ce que l’on a, sans se juger.
- Le piège de la culpabilité et de l’insatisfaction permanente dans l’entrepreneuriat.
- La spontanéité comme principal moteur de sa réussite.
- L’anecdote d’une vidéo de promotion ratée qui a cartonné grâce à son authenticité.
- Sa plus grande erreur : avoir essayé de copier les méthodes des autres.
- Comment elle a adapté son modèle de vente à sa personnalité (privilégier les appels aux pages de vente).
- L’importance de maîtriser les bases du marketing avant de s’en affranchir.
- Le rôle de l’organisation comme socle permettant la spontanéité.
- Sa citation fétiche : « Une fois qu’ils sont écrits, tes mots ne t’appartiennent plus ».
- Comment cette phrase l’a aidée à se détacher du jugement des autres.
- Sa ressource préférée : le livre « The Artist’s Way » de Julia Cameron.
FAQ
Qui est Faustine Croquison ?
Faustine Croquison est une entrepreneure aux multiples facettes. Elle est d’abord écrivaine, autrice de quatre livres de poésie. Parallèlement, elle a fondé La Croquise, une agence où elle met son expertise du business en ligne au service des artistes et des créatifs. Elle les accompagne pour développer leur visibilité et leurs projets, en réconciliant le monde de l’art avec les stratégies entrepreneuriales.
Pourquoi faut-il arrêter de vouloir être la meilleure version de soi-même selon Faustine Croquison ?
Selon Faustine Croquison, la quête de la « meilleure version de soi-même » est un piège. Elle nous maintient dans une attente constante et nous empêche de vivre pleinement le présent. Cette course à la perfection génère de la culpabilité et de l’insatisfaction, car nous ne sommes jamais à la hauteur de l’idéal que nous nous fixons. Elle propose plutôt de partir de qui l’on est, ici et maintenant, et de composer avec ses moyens, comme le ferait un artiste.
Comment Faustine Croquison allie-t-elle créativité et entrepreneuriat ?
Faustine Croquison a longtemps cru ces deux mondes opposés. Elle a finalement trouvé un équilibre en utilisant ses compétences en business (stratégie, marketing) pour servir des projets artistiques, les siens et ceux de ses clients. Elle prône une approche où la spontanéité et l’authenticité priment sur la planification rigide. Pour elle, une organisation solide n’est pas l’ennemie de la créativité, mais au contraire le cadre qui permet de l’exprimer librement.
Quelle est la plus grande erreur à éviter quand on se lance, d’après Faustine Croquison ?
D’après son expérience, la plus grande erreur est d’essayer de reproduire à la lettre les stratégies des personnes qui ont réussi, sans se demander si elles nous correspondent. Elle a elle-même tenté d’appliquer des modèles de lancements complexes qui l’ont épuisée. Elle conseille plutôt de s’approprier les outils, de tester, puis de construire son propre modèle, aligné avec sa personnalité et ce que l’on aime faire au quotidien.
Quel livre Faustine Croquison recommande-t-elle pour libérer sa créativité ?
Elle recommande chaleureusement le livre « The Artist’s Way » de Julia Cameron (traduit en français par « Libérez votre créativité »). C’est un ouvrage qui propose un programme en douze semaines pour se reconnecter à sa créativité. Elle précise qu’il ne s’adresse pas uniquement aux artistes, mais à toute personne sentant que sa vie manque de spontanéité et qui souhaite sortir du pilotage automatique.
