De la stagnation à la croissance
Flavie Prévot identifie trois raisons principales qui bloquent les freelances autour du seuil des 3 000 à 5 000 euros par mois. Le premier frein est l’état d’esprit : beaucoup associent le freelancing à un « petit business » et culpabilisent à l’idée de gagner beaucoup d’argent tout en étant libres. Le deuxième problème réside dans l’offre. Trop de freelances se positionnent sur des métiers sans barrière à l’entrée, comme community manager généraliste, se retrouvant dans un « océan rouge » de concurrence qui tire les prix vers le bas. Elle insiste sur l’importance de construire sa « muraille de Chine » en développant une expertise rare et en choisissant une « niche fertile » : un marché en croissance avec des clients qui ont les moyens et l’envie de payer.
Enfin, le troisième levier est le business model. Flavie Prévot se déclare « anti-TJM » (Taux Journalier Moyen), car vendre son temps place le freelance dans une posture de « salarié déguisé » et limite son potentiel de revenus. « Pour s’enrichir en freelance, il faut vendre un résultat et le délivrer en le moins de temps possible », explique-t-elle. La clé est de passer de la vente de temps à la vente de livrables ou de transformations, ce qui permet de prendre plusieurs clients et de créer un véritable effet de levier pour dépasser le plafond de verre.
Construire son autorité de freelance
Pour passer à l’échelle supérieure, Flavie Prévot conseille de se réserver au moins une journée par semaine pour travailler sur son propre business, comme s’il était un client. Ce temps doit être consacré à quatre piliers : affiner son expertise pour la rendre plus rare et plus chère ; développer un média pour attirer les clients en automatique ; « productiviser » son offre pour sortir du sur-mesure systématique ; et mettre en place un système d’organisation solide. La création de contenu n’a pas pour but la visibilité à tout prix, mais de construire son autorité. Elle recommande de se concentrer sur des formats comme les études de cas client sur LinkedIn, qui démontrent une méthodologie et des résultats concrets.
Elle évoque aussi la « stratégie de la starlette » : intervenir sur les médias d’autres créateurs (podcasts, newsletters) pour toucher une audience qualifiée et renforcer sa crédibilité. L’objectif final est de devenir une autorité sur son sujet. « L’autorité, ça veut dire que c’est toi l’expert », martèle-t-elle. Cela implique de se positionner en partenaire stratégique du client, de travailler constamment son expertise et de communiquer sur ses résultats. C’est cette posture qui permet de filtrer les mauvais clients, de justifier des tarifs premium et de construire une activité pérenne et rentable.
Flavie Prévot nous recommande…
- « Oversubscribed » — Daniel Priestley, un livre sur la création de la demande et la gestion de la rareté pour attirer les meilleurs clients.
Pour aller plus loin
- Le podcast de Flavie Prévot
- La chaîne YouTube Le Board Media
- Le site internet Le Board
- Le profil LinkedIn de Flavie Prévot
Les références de l’épisode
- Le Board, l’incubateur fondé par Flavie Prévot
- Le podcast Le Board
- Le talk show Solonation
- Le livre « Oversubscribed » de Daniel Priestley
- Manon Verbeck, designer et solopreneure
- Les plateformes LinkedIn, Instagram, YouTube
- Les outils Calendly, Malte
- Le concept de Web3
Au fil de l’épisode
- 0:42 — Présentation de Flavie Prévot, fondatrice de l’incubateur Le Board.
- Les deux rites de passage du freelance : vivre de son activité, puis dépasser les 100k€ annuels.
- 5:27 — Les 3 grands leviers qui expliquent la stagnation : l’état d’esprit, l’offre et le business model.
- Le problème de la concurrence dans les métiers sans barrière à l’entrée.
- Le concept de « niche fertile » : un marché en croissance avec des clients prêts à payer.
- L’importance de pivoter quand une spécialisation ne paie pas, comme l’exemple de la designer Manon Verbeck.
- Pourquoi il faut abandonner le Taux Journalier Moyen (TJM) pour vendre un résultat.
- 19:04 — Les 4 piliers pour structurer son activité et réussir en tant que freelance : expertise, média, offre « productivisée » et système.
- Se garder une journée par semaine pour travailler sur son propre business.
- 21:30 — La place de la création de contenu : viser l’autorité plutôt que la visibilité.
- Le format de l’étude de cas client pour démontrer son expertise sur LinkedIn.
- La « stratégie de la starlette » : intervenir sur les médias des autres pour asseoir sa crédibilité.
- 30:30 — Comment générer des prospects régulièrement sans y consacrer tout son temps, avec un focus sur LinkedIn.
- 32:05 — Le plan d’action concret pour passer de zéro à 10 000 € par mois : créer une offre « high ticket » et prospecter activement.
- 36:59 — Les signes qui montrent qu’un freelance est prêt à scaler son activité.
- 39:54 — Gérer les « montagnes russes » du chiffre d’affaires et lisser ses revenus grâce à l’anticipation et la diversification.
- 44:33 — Le conseil final de Flavie pour devenir un « freelance d’élite » : l’autorité.
FAQ
Qui est Flavie Prévot ?
Flavie Prévot est la fondatrice de l’incubateur Le Board, qui accompagne les freelances et solopreneurs à structurer leur activité pour dépasser les 100 000 € de chiffre d’affaires annuel. Ancienne directrice commerciale, elle est également la créatrice du podcast Le Board et du talk show Solonation. Elle se spécialise dans les stratégies permettant aux indépendants de créer des offres premium, de construire leur autorité et de scaler leur business.
Pourquoi les freelances stagnent-ils autour de 3000 à 5000 € par mois ?
Selon Flavie Prévot, cette stagnation s’explique par trois facteurs. D’abord, un état d’esprit qui associe le freelancing à un « petit business » et limite l’ambition. Ensuite, une offre souvent trop généraliste, sans rareté, qui subit une forte concurrence. Enfin, un business model basé sur la vente de temps (le Taux Journalier Moyen), ce qui crée un plafond de revenus et empêche de créer un effet de levier.
Qu’est-ce qu’une « niche fertile » selon Flavie Prévot ?
Une « niche fertile » est un segment de marché qui réunit plusieurs conditions pour assurer une bonne rémunération au freelance. Il s’agit d’un marché en croissance, où la demande est forte. De plus, les clients ciblés (le persona) doivent avoir non seulement les moyens financiers, mais aussi une réelle volonté de payer pour résoudre un problème précis. Choisir une niche fertile, c’est comme un surfeur qui choisit un spot avec des vagues : cela maximise les chances de succès.
Comment sortir du modèle du TJM (Taux Journalier Moyen) ?
Pour sortir du TJM, il faut cesser de vendre son temps et commencer à vendre un résultat ou un livrable concret. Au lieu de facturer une journée de travail, le freelance doit créer des offres packagées avec un prix fixe pour une transformation ou un projet défini (par exemple, la création d’un site web, la rédaction de 4 articles). Ce changement de posture permet de décorréler ses revenus de son temps de travail et de servir plus de clients, créant ainsi un effet de levier pour augmenter son chiffre d’affaires.
Quel est le rôle de la création de contenu pour un freelance ?
Pour un freelance, l’objectif principal de la création de contenu n’est pas la visibilité de masse, mais la construction de son autorité. Il s’agit de prouver son expertise pour attirer des clients qualifiés. Flavie Prévot recommande des formats qui démontrent une méthodologie et des résultats, comme les études de cas client. Publier régulièrement sur une plateforme comme LinkedIn permet de se positionner comme un expert et de justifier des tarifs plus élevés, transformant le contenu en un outil de conversion.
