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Frères Paul et Jean Michel, Une vie monastique (1)

Dans cet épisode, Alexandre Sattler rencontre Frère Paul et Frère Jean-Michel, deux moines qui ont fait le choix radical d'une vie simple, en ermitage, au rythme des saisons et de la prière. Loin de l'agitation du monde moderne, ils partagent leur quotidien fait de sobriété heureuse, de pauvreté choisie et de travail manuel. Leur témoignage puissant interroge notre rapport à la consommation, au bonheur et à l'essentiel. Comment la pauvreté peut-elle devenir une richesse ? Peut-on trouver une paix profonde dans le dénuement ? Une conversation inspirante sur la quête de sens et la force de la vie intérieure.

Frère Paul et Frère Jean-Michel, le choix d'une vie monastique, entre sobriété heureuse et quête de l'essentiel

Le choix de la simplicité

Frère Paul et Frère Jean-Michel ont choisi de s’installer dans une ancienne ferme abandonnée depuis les années 1960, un lieu sans eau courante ni électricité, pour y mener une vie monastique simple. Leur projet initial n’était pas défini par un schéma précis, mais par la recherche d’un lieu de solitude propice à la rencontre avec soi-même. Selon eux, cette démarche de simplicité volontaire est essentielle pour créer un « creux », un vide intérieur qui permet d’accueillir une présence spirituelle et de révéler la vie intérieure déjà présente en chacun.

Cette quête, qu’ils associent à la « sobriété heureuse », est un cheminement pour se défaire de l’envahissement des distractions modernes et cultiver une rencontre plus profonde. « Il faut qu’on finisse par peut-être laisser quelques petites choses de côté, ça nous coûte, mais à faire des choix de vie pour retrouver simplement des choses essentielles. »

La pauvreté comme richesse

Au cœur de leur réflexion se trouve une vision révolutionnaire de la pauvreté. Ils distinguent la misère subie de la pauvreté intérieure, choisie et accueillie. Pour eux, la véritable pauvreté n’est pas matérielle — ils estiment avoir tout ce dont ils ont besoin — mais spirituelle : c’est la conscience de sa propre fragilité, de ses faiblesses. C’est en acceptant cette nudité intérieure, en se présentant avec des « mains vides », que l’on trouve, selon eux, la vraie joie et l’essentiel. Cette pauvreté, même lorsqu’elle est subie à travers les épreuves de la vie, peut devenir un chemin si elle est accueillie.

Ils citent l’exemple de Soljenitsyne qui, dans les goulags, a trouvé une paix intérieure profonde et durable que la facilité du monde moderne peine à offrir. « Ce qu’on a appris dans la vie monastique c’est ça, c’est qu’on était des pauvres, c’est tout. »

Un accueil ouvert sur le monde

Bien que vivant en ermitage, les deux frères ne sont pas coupés du monde. Ils accueillent des personnes en quête de sens pour des retraites, y compris des jeunes sans aucune culture religieuse, mais animés d’un désir sincère de découverte. Cet accueil est un enrichissement mutuel : les visiteurs leur servent d’« antenne dans le monde ». Pour aider les retraitants à se déconnecter de leur quotidien, ils leur proposent des travaux manuels simples, comme fendre du bois, qui permettent de « décongestionner le mental ».

Assumant l’étiquette de « moines paysans », ils voient dans le travail de la terre une manière de s’insérer dans un lieu et de rendre hommage au labeur des générations passées. Ils espèrent ainsi voir renaître un mouvement de retour à la terre, porté par des jeunes désireux de remettre en valeur un patrimoine rural trop souvent abandonné.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Gandhi
  • Sojenisin (Soljenitsyne)
  • L’Évangile (parabole de la perle)
  • Les petites sœurs du père de Foucault
  • Les Cisterciens
  • Le SAMU social
  • Saint-Denis

Au fil de l’épisode

  • L’installation dans une ferme abandonnée depuis 1963 pour y mener une vie monastique simple.
  • La « sobriété heureuse » : créer un vide intérieur pour permettre une rencontre spirituelle.
  • La joie simple des marcheurs en montagne, qui « n’ont rien mais ont tout ».
  • La pauvreté intérieure : une fragilité accueillie qui mène à l’essentiel et à la vraie joie.
  • La différence entre la pauvreté choisie, qui peut être un chemin, et la pauvreté subie.
  • L’exemple de Soljenitsyne dans les goulags, trouvant une paix durable dans l’épreuve.
  • L’émergence d’une nouvelle génération de jeunes en quête de sens, parfois sans aucun bagage religieux.
  • L’importance du travail manuel pour les personnes en retraite à l’ermitage.
  • Le regard de la société et l’étiquette de « moines paysans ».
  • Le respect du travail des anciens et la volonté de valoriser le patrimoine rural.

FAQ

Qui sont Frère Paul et Frère Jean-Michel ?

Frère Paul et Frère Jean-Michel sont deux moines qui ont fait le choix d’une vie simple et retirée dans un ermitage. Installés dans une ancienne ferme qu’ils ont restaurée, ils vivent au rythme des saisons et de la prière, en produisant une grande partie de leurs besoins. Dans cet épisode, ils partagent leur expérience de la simplicité volontaire et leur réflexion sur la quête de sens dans le monde actuel.

Qu’est-ce que la sobriété heureuse selon eux ?

Pour les deux frères, la sobriété heureuse est une démarche qui consiste à faire des choix de vie pour se libérer du superflu et de l’agitation du monde moderne. Il ne s’agit pas d’une privation triste, mais d’un moyen de créer un « vide » intérieur. Ce vide permet d’être plus disponible à une rencontre spirituelle et de redécouvrir les choses essentielles, sources d’une joie profonde et durable.

Pourquoi considèrent-ils la pauvreté comme une richesse ?

Ils distinguent la pauvreté matérielle de la pauvreté intérieure. Pour eux, la vraie richesse ne réside pas dans les biens, mais dans l’acceptation de sa propre fragilité et de ses faiblesses. Cette « pauvreté du cœur », une fois accueillie, devient un chemin vers l’authenticité et la vérité. C’est dans ce dénuement intérieur qu’ils trouvent une joie et un accès à l’essentiel, bien plus précieux que toute possession matérielle.

Comment vivent-ils leur relation avec le monde extérieur ?

Bien que vivant en retrait, ils ne sont pas isolés. Leur ermitage est un lieu d’accueil pour des personnes en quête de silence et de sens, quelles que soient leurs croyances. Ces visiteurs sont leur « antenne » sur le monde, leur permettant de rester en lien avec ses réalités. Ils se définissent comme des « moines paysans », ancrés dans leur territoire et soucieux de préserver le patrimoine local.

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