Des racines à la scène
Gad Elmaleh revient sur les premières étapes de son parcours, un chemin qui n’a pas été une ligne droite. Né au Maroc, dans une culture du partage qu’il chérit, il raconte son départ pour le Canada, une décision plus pragmatique que rêvée, liée à des démarches d’immigration familiales. C’est là-bas qu’il travaille pour financer ses études de théâtre à Paris, au célèbre Cours Florent. Une anecdote le rend particulièrement fier : il a réussi le concours de la « classe libre », ce qui lui a permis de suivre la formation gratuitement pendant deux ans. « C’est là qu’il est fort, ton père », raconte-t-il avoir dit à son fils.
Cette période de formation a été fondatrice, marquée par des rencontres avec des professeurs qui lui ont donné des clés essentielles, comme celle d’assumer ses origines et de ne pas changer son nom. Au fil des années, sur scène comme dans sa vie, il confie chercher à épurer, à se dépouiller du superflu. Une quête de simplicité et de minimalisme qui se reflète dans ses spectacles, où l’artifice s’efface pour laisser toute la place à l’humain.
La quête de soi
Plus qu’une carrière, Gad Elmaleh décrit une véritable introspection. Un tournant majeur fut sa décision d’arrêter l’alcool, le 21 août 2021. « J’ai une meilleure vie, une nouvelle vie », confie-t-il, expliquant que ce choix a ouvert de nouvelles perspectives sur sa paternité, sa spiritualité et sa masculinité. Père de deux garçons, Noé et Raphaël, avec treize ans d’écart, il raconte ne pas avoir été le même homme pour chacun. En pleine ascension lors de la jeunesse de son aîné, il profite aujourd’hui d’un statut qui lui permet de maîtriser son emploi du temps pour être plus présent pour son cadet.
Avec le temps, son rapport à la célébrité a changé. Le désir d’être reconnu, moteur de ses débuts, a laissé place à une conviction plus profonde. « Je crois que j’ai une mission, vraiment. Et ma mission, c’est de donner de la joie. » Il aborde son métier avec une forme de générosité, cherchant à « aimer le public » plus qu’à se faire aimer, une nuance qui guide désormais sa présence sur scène.
Une identité plurielle
L’entretien explore la richesse et la complexité de l’identité de Gad Elmaleh. Juif séfarade né au Maroc, il porte en lui ce qu’il nomme « le judaïsme et l’arabité », un héritage de fraternité qu’il revendique. Il évoque son film « Reste un peu », œuvre romancée inspirée de sa fascination d’enfance pour la figure de la Vierge Marie. Loin d’être un reniement, ce détour par le christianisme a, selon lui, renforcé et enrichi sa propre identité juive. Il se définit comme un bâtisseur de ponts, inspiré par des figures comme André Azoulay, qui œuvrent au dialogue interreligieux.
Cette nature nomade, il la relie à ses origines berbères, à l’image de son grand-père parti à pied des montagnes de l’Atlas pour rejoindre Casablanca. De Casablanca à Montréal, de Paris à New York et Monaco, Gad Elmaleh continue de tracer son propre chemin, un parcours fait de rencontres, de remises en question et d’une authenticité sans cesse recherchée.
Les références de l’épisode
- Personnes : Geneviève Berti, Alain Ducasse, Raymond De Vos, Danny Boon, Sacha Guitry, Cyril Lecomte, Isaac Chari, Jimmy Fallon, Noé Elmaleh, Raphaël Elmaleh, Roger Hanin, Richard Berry, Patrick Brouel, Joséphine de Rennes, Hervé Brio, Xavier Florent, Marc Debucher, Judith Elmaleh, Romane Frécinet, Jerry Seinfeld, Ricky Gervais, Michel Drucker, Molière, André Azoulay, Hassan II, Manu Payet, Charlotte, Johnny Hallyday, Laura.
- Œuvres : Spectacle « Lui-même », Spectacle « Papa est en haut », Spectacle « L’autre c’est moi », Film « Reste un peu ».
- Institutions et médias : Cours Florent, Théâtre du Soleil, Radio Chalom.
Au fil de l’épisode
- Son rapport à la cuisine : le plaisir du partage mais l’impatience face à la sophistication.
- Le déménagement au Canada, une étape pragmatique avant de rejoindre Paris.
- Son succès au concours de la « classe libre » du Cours Florent, qui lui a offert deux ans de scolarité.
- Sa quête de simplicité et de minimalisme, sur scène comme dans la vie.
- Son expertise dans l’humour et son niveau de « piano-bar séduction » en musique.
- L’arrêt de l’alcool le 21 août 2021, une décision qui a transformé sa vie.
- Le souvenir de sa première scène, tétanisé, le 11 décembre 1994 à Montréal.
- L’importance de trouver sa juste place, au-delà de la quête de lumière.
- Son expérience aux États-Unis et les raisons de son retour en Europe.
- Son attachement au Maroc, sa « mère », et son équilibre de vie à Monaco.
- La paternité et les approches différentes avec ses deux fils, Noé et Raphaël.
- L’évolution de son rapport à la célébrité, du désir d’être connu à la mission de donner de la joie.
- L’importance d’aimer le public plus que de chercher à en être aimé.
- Le projet, à ses débuts, de changer son nom de famille, jugé trop connoté.
- Le rôle crucial de ses professeurs et mentors pour l’aider à assumer son identité.
- Son processus créatif et l’importance des retours de ses proches et collaborateurs, comme Romane Frécinet.
- Sa relation amicale et son admiration pour son modèle, l’humoriste Jerry Seinfeld.
- Les défis de l’humour en anglais et la rigueur technique que cela impose.
- La gestion de l’image publique et la protection de ses enfants face aux médias.
- La genèse de son film « Reste un peu », né de sa fascination pour la Vierge Marie.
- Son identité plurielle, entre racines berbères, judaïsme séfarade et culture française.
- Le sentiment de jubilation ultime : tester une nouvelle blague qui fait rire le public.
FAQ
Qui est Gad Elmaleh ?
Gad Elmaleh est un humoriste, acteur et musicien de renommée internationale. Né à Casablanca, au Maroc, il possède également la nationalité canadienne et vit aujourd’hui entre Paris et Monaco. Reconnu pour ses spectacles de stand-up qui mêlent observation du quotidien et anecdotes personnelles, il a aussi mené une carrière au cinéma. Il est le père de deux garçons, Noé et Raphaël.
Quel est le parcours de Gad Elmaleh ?
Après une enfance et une adolescence au Maroc, Gad Elmaleh s’installe à Montréal pour ses études. Il rejoint ensuite Paris pour intégrer la prestigieuse école de théâtre du Cours Florent, où il remporte le concours de la classe libre. Sa carrière d’humoriste décolle rapidement en France, le menant à remplir les plus grandes salles. Il a également tenté une carrière aux États-Unis, jouant ses spectacles en anglais.
Pourquoi Gad Elmaleh a-t-il un lien avec Monaco ?
Gad Elmaleh entretient un lien familial et personnel fort avec la Principauté de Monaco. Son fils cadet, Raphaël, y est scolarisé, ce qui l’amène à partager son temps entre Paris et sa résidence monégasque. Il apprécie la douceur de vivre, la sécurité et la riche vie culturelle que Monaco offre, un cadre qui lui permet de trouver un équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie de père.
De quoi parle le film « Reste un peu » ?
Le film « Reste un peu » est une comédie dramatique largement inspirée de la vie de Gad Elmaleh. Il y met en scène sa propre fascination pour la figure de la Vierge Marie, un sentiment qui remonte à son enfance au Maroc. Le film explore, sur un ton à la fois sincère et humoristique, le cheminement spirituel d’un homme juif attiré par le christianisme et l’impact de cette quête sur sa famille.
Quelle est la mission que se donne Gad Elmaleh dans son métier ?
Au-delà du succès, Gad Elmaleh considère aujourd’hui que sa véritable mission est de « donner de la joie » aux gens. Il voit son rôle d’humoriste comme une vocation, un moyen de créer du lien et d’apporter du bonheur au public. Cette perspective a changé son approche de la scène : il cherche moins à être aimé qu’à aimer activement les spectateurs qui viennent le voir chaque soir.
