De la Marne à l’Ardèche
Georges, originaire de Nice, et Nolwenn, d’Alsace, racontent le chemin qui les a menés jusqu’à leur ferme en Ardèche. Leur dernière étape avant cette installation, un passage dans la Marne, a agi comme un révélateur. Confrontés à l’agriculture industrielle, à ses parcelles immenses de monoculture et à une nature qu’ils décrivent comme « morte », ils ont compris ce qu’ils fuyaient. C’est là qu’a germé l’idée de devenir indépendants et de travailler la terre, un projet qui s’est peu à peu précisé autour des plantes médicinales, en écho à leurs aspirations profondes.
Leur arrivée en Ardèche, un peu par hasard alors que Nolwenn était enceinte, a été une évidence. « On s’est vite dit c’est un endroit qui nous plaît, la dynamique nous plaisait, on s’est sentis chez nous rapidement », confie-t-elle. Ils ont alors décidé de ne plus attendre et de se lancer.
Paysans-herboristes au quotidien
Le couple cultive une grande diversité de plantes sur des terres en terrasses, jouant avec les microclimats et les expositions pour adapter chaque espèce à son terrain de prédilection. Ils expliquent comment l’observation de la nature, et notamment des abeilles, guide leur cueillette. « La plante, elle a tout à t’apprendre, elle te dit tout en fait », résume Nolwenn. Leur production, qui atteint environ une tonne de plantes sèches par an, est en partie destinée à des laboratoires comme Boiron et à une coopérative, mais ils développent aussi leurs propres produits.
Pour les aider dans leur travail quasi entièrement manuel, ils accueillent régulièrement du monde sur leur ferme, notamment via le système du woofing. C’est pour eux une manière de partager leur expérience et leur mode de vie, et pour les visiteurs, un moyen de découvrir un autre quotidien et d’acquérir de nouvelles compétences, quel que soit leur âge.
La sobriété heureuse comme philosophie
Vivre à quatre dans moins de 20 mètres carrés est un choix délibéré. Pour eux, la vraie maison est dehors. Cette promiscuité n’est pas une contrainte mais une façon de vivre simplement, en se concentrant sur l’essentiel. Leur ferme, nommée « Simple Envie », résume leur philosophie : une vie simple, sans se prendre la tête, en accord avec leurs valeurs. Georges se définit comme un « paysan », celui qui façonne le paysage et entretient une culture vivante liée à la terre. Il explique avoir atteint un équilibre économique au bout de trois ans, leur permettant de rembourser l’achat de la ferme et de subvenir à leurs besoins, qui sont volontairement limités.
Leur intégration dans la vie locale est une autre clé de leur épanouissement. Loin d’être isolés, ils sont au cœur d’un réseau d’entraide et de relations humaines riches. « On est bien intégrés. Enfin, les gens, ils sont bien contents », concluent-ils, évoquant les nombreux gestes de solidarité de leurs voisins.
Les références de l’épisode
- Personnes : Georges, Nolwenn, Alexandre Sattler.
- Lieux : Ardèche, Avertoux, Vallée des Rieux, Marne, Alsace, Nice, Champagne-Ardennes, Rhône-Alpes.
- Organisations : Laboratoires Boiron, WWOOF (woofing).
- Concepts : Sobriété heureuse, simplicité volontaire, décroissance, woofing.
- Plantes et produits : plantes médicinales, châtaignier, thym, lavande, origan, rhubarbe, angélique, souci, bouillon blanc, crème de marron.
Au fil de l’épisode
- Description du lieu de vie de Georges et Nolwenn, un vallon semi-sphérique en Ardèche.
- Leurs origines respectives, l’Alsace pour Nolwenn et Nice pour Georges.
- Leur expérience dans la Marne, symbole de l’agriculture industrielle qu’ils rejettent.
- La naissance de leur projet de s’installer et de cultiver des plantes médicinales.
- L’importance de l’observation de la nature et des abeilles pour savoir quand cueillir les fleurs.
- Le volume de leur production : environ une tonne de plantes sèches par an.
- L’organisation du travail à deux, avec deux enfants en bas âge.
- L’accueil de volontaires en woofing pour partager leur expérience et recevoir de l’aide.
- Le processus de décision qui les a menés en Ardèche.
- La vision du métier de « paysan » par Georges, comme celui qui entretient la culture d’un lieu.
- Leurs parcours d’études (ingénieur paysagiste, écologie) et le lien avec leur vie actuelle.
- Le choix de vivre dans un petit espace (moins de 20 m²) et de considérer l’extérieur comme leur maison.
- Leur philosophie de vie, résumée par le nom de leur ferme : « Simple Envie ».
- Leur ferme comme un lieu d’accueil et d’échanges, loin de l’isolement.
- L’atteinte de l’équilibre financier de leur activité au bout de trois ans.
- La maîtrise des dépenses grâce à l’auto-construction et à des besoins simples.
- Les exemples de solidarité et d’entraide avec le voisinage.
- L’anecdote de la naissance de leur fils à la maison et l’accueil chaleureux de la communauté.
- La collaboration avec un apiculteur ami qui installe ses ruches sur leurs terres.
- La création d’un étang pour diversifier l’écosystème de leur terrain.
- L’utilisation systématique des toilettes sèches.
FAQ
Qui sont Georges et Nolwenn ?
Georges et Nolwenn sont un couple, respectivement originaires de Nice et d’Alsace, qui a fait le choix de quitter un mode de vie conventionnel pour s’installer en Ardèche. Ils sont devenus paysans-herboristes et vivent avec leurs deux enfants sur leur ferme, « Simple Envie ». Ils y pratiquent une agriculture manuelle et un mode de vie basé sur la sobriété, la simplicité et la proximité avec la nature.
Pourquoi ont-ils quitté la Marne pour l’Ardèche ?
Leur séjour dans la Marne a été un déclencheur. Ils y ont découvert l’agriculture industrielle à grande échelle, qu’ils décrivent comme un environnement sans vie et déconnecté de la terre. Cette expérience leur a fait prendre conscience de ce qu’ils ne voulaient plus. Ils ont alors cherché une région plus préservée et montagneuse, comme la région Rhône-Alpes, et se sont finalement installés en Ardèche, un lieu qui correspondait à leurs aspirations.
En quoi consiste leur activité de paysans-herboristes ?
Georges et Nolwenn cultivent une grande variété de plantes médicinales sur leur terrain en Ardèche. Leur travail est principalement manuel, de la plantation à la récolte. Ils observent attentivement la nature pour cueillir les plantes au meilleur moment. Une partie de leur production est vendue à des coopératives et des laboratoires, et ils développent également leurs propres produits transformés comme des tisanes.
Comment Georges et Nolwenn définissent-ils la « sobriété heureuse » ?
Pour eux, la sobriété heureuse est un mode de vie simple, en accord avec leurs valeurs profondes et leurs besoins essentiels, sans chercher le superflu. Cela se traduit par le choix de vivre dans un petit habitat, de limiter leurs dépenses, de produire une partie de leur nourriture et de construire eux-mêmes. C’est une recherche de l’épanouissement personnel et familial à travers des activités qui ont du sens, comme cultiver la terre et être en lien avec leur environnement.
Quel est le modèle économique de leur ferme « Simple Envie » ?
Leur modèle économique repose sur la vente de leur production de plantes médicinales et de châtaignes. Ils ont atteint l’équilibre financier au bout de leur troisième année d’activité, générant un revenu équivalent à un SMIC mensuel pour deux. Leurs faibles charges sont dues à une mécanisation très limitée, à l’auto-construction et à un mode de vie sobre. Leurs principales dépenses sont le remboursement de l’achat de la ferme et les frais liés à leurs véhicules.
