De la musicienne à la pédagogue
Jade Sapolin, directrice de l’Académie Rainier III, est avant tout une musicienne. Violoncelliste de formation, issue d’une famille où la musique faisait partie de l’éducation au même titre que l’école, elle connaît intimement les exigences de son art. Elle rappelle que la pratique d’un instrument est une véritable activité physique, où le corps est un outil fondamental. « L’angoisse du musicien, c’est les tendinites, c’est d’avoir des soucis musculaires », confie-t-elle. Cette discipline, acquise dès le plus jeune âge, forge les musiciens, même amateurs, pour toute leur vie. Pour elle, la transmission est devenue une évidence, une manière de rendre ce qu’elle a reçu au cours de ses longues années de formation.
L’étincelle, chez un enfant, naît souvent d’une double rencontre : celle avec le timbre d’un instrument, et celle, tout aussi cruciale, avec la personnalité de l’enseignant.
Une académie vivante
À la tête de l’Académie Rainier III depuis 2020, Jade Sapolin ne se considère pas comme une enseignante mais comme une « passeuse » qui aide son équipe à transmettre au mieux. Entourée de 63 professeurs pour 850 élèves, elle insuffle une dynamique de projets pour rendre l’apprentissage toujours plus vivant. Elle a ainsi contribué à intégrer des claquettes au cursus du chœur d’enfants pour travailler le corps et le rythme de façon ludique, ou encore à mettre en place des résidences d’artistes. La pianiste Chahini Deslucas, puis la violoniste Geneviève Lorenzo, sont venues partager leur expérience avec les élèves, des plus jeunes aux plus avancés. « On a besoin de locomotives », explique-t-elle.
Pour Jade Sapolin, l’objectif n’est pas seulement de former des professionnels, mais de donner à chaque enfant un bagage culturel et une sensibilité artistique qui l’accompagneront toute sa vie, et feront de lui le public éclairé des salles de concert de demain.
Les références de l’épisode
- Académie Rainier III
- Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
- Journées Ravel
- Bruno Mantovani
- Festival du Printemps des Arts
- Carole Beffa
- Fondation Prince-Pierre
- Chahini Deslucas, pianiste
- Geneviève Lorenzo, violoniste
- Théâtre Princesse Grace
- Forum Grimaldi
- Geneviève Berti, animatrice du podcast
- Héloïse Hervoy
- Marine Boyer
- Patrice Shortino
Au fil de l’épisode
- Le passage de la passion de musicienne à l’enseignement.
- La dimension physique de la pratique du violoncelle et les risques pour le corps du musicien.
- L’importance de la discipline et du travail personnel quotidien.
- La rencontre décisive d’un enfant avec un instrument et un enseignant.
- Son parcours personnel dans une famille de musiciens.
- Sa vision pour l’Académie Rainier III : une ruche où l’on est en perpétuelle recherche.
- La structure de l’académie : 850 élèves, 63 enseignants et 32 disciplines.
- L’éducation de l’oreille pour apprécier la musique contemporaine, au-delà du « j’aime, j’aime pas ».
- Les projets mis en place : les claquettes pour le chœur d’enfants et les artistes en résidence.
- L’importance de la pratique collective, en orchestre ou en musique de chambre.
- Le rôle crucial de la famille dans le parcours musical d’un enfant.
- La valorisation du patrimoine musical et le département de lutherie.
- Les prochains concerts de gala de l’académie.
FAQ
Qui est Jade Sapolin ?
Jade Sapolin est la directrice de l’Académie Rainier III à Monaco. Musicienne de formation, elle est violoncelliste et a longtemps été intermittente du spectacle avant de se tourner vers la direction d’établissement. Issue d’une famille de musiciens, elle place la pédagogie et la transmission au cœur de sa mission, avec la conviction que l’éducation musicale est une richesse pour la vie.
Qu’est-ce que l’Académie Rainier III ?
L’Académie Rainier III est une institution d’enseignement de la musique et du théâtre à Monaco, placée sous l’égide de la Mairie. Elle accueille environ 850 élèves, principalement des enfants à partir de 6-7 ans, mais aussi des adultes amateurs. Avec une équipe de 63 enseignants, elle propose près de 32 disciplines différentes, des instruments classiques au jazz, en passant par le chant et le théâtre.
Pourquoi la discipline est-elle si importante dans l’apprentissage de la musique ?
Selon Jade Sapolin, la discipline est fondamentale car la pratique d’un instrument est une activité physique qui exige un entraînement régulier, comme pour un sportif. C’est ce travail constant, même par petites touches quotidiennes, qui permet de progresser et d’atteindre un niveau de maîtrise. Cette rigueur, apprise jeune, devient une compétence qui bénéficiera à l’enfant toute sa vie, même s’il ne devient pas musicien professionnel.
Comment l’Académie Rainier III rend-elle l’apprentissage de la musique attractif ?
L’Académie mise sur des projets stimulants pour engager les élèves. Par exemple, des cours de claquettes ont été ajoutés au cursus du chœur d’enfants pour travailler le rythme de façon ludique. L’institution accueille aussi des artistes en résidence qui partagent leur expérience. Enfin, des concerts réguliers, comme les « scènes ouvertes jeunes talents », permettent aux élèves de se produire et de trouver un moteur dans la fierté de jouer en public.
