Un choix de vie pour l’éducation
Jean-Michel Herbillon se présente comme un citoyen du monde et père de quatre enfants, installé dans la vallée de Kaisersberg en Alsace. Avec son épouse d’origine hollandaise, la question de l’éducation a été centrale dans leur parcours, avant même de devenir parents. C’est elle qui lui a fait découvrir la pédagogie Steiner, l’ayant lui-même vécue dans son enfance aux Pays-Bas, un pays où les écoles alternatives sont nombreuses et bien intégrées. Leur projet de vie commun s’est ainsi construit autour de ce désir : s’installer en France, et plus précisément en Alsace, pour la proximité de l’école Steiner de Strasbourg.
Ce projet, mûri alors qu’ils n’avaient pas encore d’enfants, s’est concrétisé. Après avoir quitté la ville pour un cadre rural, leurs quatre enfants ont finalement rejoint l’école Steiner de Colmar, où ils ont pu grandir selon les principes de cette pédagogie alternative.
Une éducation vers la liberté
Pour Jean-Michel Herbillon, la grande différence avec le système de « l’école de la République » réside dans le regard porté sur l’être humain. La pédagogie Steiner, issue de l’anthroposophie de Rudolf Steiner, ne cherche pas à formater un futur rouage de la société, mais se définit comme une « éducation vers la liberté ». L’objectif est d’accompagner l’enfant pour qu’il devienne qui il est censé être. Cela passe par un respect scrupuleux des étapes de son développement. Au jardin d’enfants, l’activité principale se résume en trois mots : jouer, jouer et jouer. Le jeu libre, avec des matériaux naturels, est considéré comme le fondement de l’imagination créative.
L’intellectualisation n’intervient que plus tard, vers l’âge de sept ans, lorsque l’enfant est jugé « mûr » et exprime un désir naturel d’apprendre. Selon cette vision, utiliser les forces de croissance pour un apprentissage précoce se fait au détriment du développement organique de l’enfant. L’organisation même de l’école, avec un professeur principal qui suit la même classe pendant huit ans et un groupe qui reste uni durant toute la scolarité, favorise la coopération et le sentiment de communauté plutôt que la compétitivité.
Les références de l’épisode
- Pédagogie Steiner
- Rudolf Steiner
- Anthroposophie
- École Steiner de Strasbourg
- École Steiner de Colmar
- Pédagogie Montessori
- Pédagogie Piaget
- Pédagogie Freinet
- Albert Einstein
- Institut d’études politiques
Au fil de l’épisode
- Présentation de Jean-Michel Herbillon, père de quatre enfants en Alsace.
- Le choix de s’installer en Alsace pour la proximité de l’école Steiner de Strasbourg, avant même d’avoir des enfants.
- L’influence de son épouse hollandaise, elle-même issue d’une école Steiner.
- La découverte de l’anthroposophie et de ses applications pratiques au-delà de l’éducation.
- La confrontation entre la vision de l’« école de la République » et celle des pédagogies alternatives.
- Le principe fondamental de la pédagogie Steiner : une « éducation vers la liberté ».
- L’importance capitale du jeu au jardin d’enfants pour développer l’imagination créative.
- Le respect des rythmes de l’enfant et le début de l’apprentissage intellectuel vers 7 ans.
- La structure de la scolarité : le même professeur pendant huit ans et la même classe pendant douze ans.
- L’école comme un formidable terrain d’apprentissage pour les parents.
FAQ
Qui est Jean-Michel Herbillon ?
Jean-Michel Herbillon est un père de quatre enfants vivant en Alsace. Il partage dans cet épisode son parcours familial et sa réflexion sur l’éducation, qui l’ont conduit, avec son épouse, à choisir la pédagogie Steiner. Ce choix a été motivé par la propre expérience de sa femme, originaire des Pays-Bas, et par leur désir commun d’offrir à leurs enfants une éducation axée sur le développement de l’être et la liberté individuelle.
Qu’est-ce que la pédagogie Steiner ?
La pédagogie Steiner est une approche éducative alternative fondée sur les travaux de Rudolf Steiner, connue sous le nom d’anthroposophie. Selon Jean-Michel Herbillon, elle se définit comme une « éducation vers la liberté » qui vise à accompagner chaque enfant dans son individualité. Elle accorde une grande importance au respect des différentes phases de développement (organique, émotionnel, intellectuel) et adapte les apprentissages au rythme et au « geste intérieur » de l’enfant.
Pourquoi l’apprentissage de la lecture est-il plus tardif dans les écoles Steiner ?
Dans la pédagogie Steiner, l’apprentissage formel de la lecture et de l’écriture commence vers l’âge de 7 ans. D’après Jean-Michel Herbillon, la période précédente est consacrée au développement organique de l’enfant. Solliciter son intellect trop tôt reviendrait à détourner des « forces de croissance » essentielles. L’école attend que l’enfant soit « mûr » et manifeste un désir naturel d’apprendre, ce qui lui permet de rattraper très vite un éventuel « pseudo-retard ».
Quelle est la place du jeu dans la pédagogie Steiner ?
Le jeu est absolument fondamental, surtout au jardin d’enfants. Jean-Michel Herbillon le résume par les « trois règles de base » : la première est de jouer, la deuxième est de jouer et la troisième est de jouer. Le jeu libre, souvent avec des matériaux naturels, est perçu comme le principal moteur de l’« imagination créative » de l’enfant. Il lui permet de se découvrir et d’entrer en relation avec les autres sans être constamment guidé par un adulte.
