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Jérôme Thomas, le conteur marcheur

Jérôme Thomas est un « conteur marcheur ». Pendant quatre ans, il a parcouru la France à pied, avec pour seuls compagnons son sac à dos et un budget de trois euros par jour. Loin d'une rupture brutale avec la société, son départ fut la continuation douce d'une passion pour la marche et la nature. Au micro d'Alexandre Sattler, il revient sur les motivations de ce périple, son quotidien fait de simplicité et de légèreté, et la manière dont il est devenu conteur sur les chemins. Un témoignage inspirant sur le rapport au temps, aux possessions et à l'essentiel.

conteur marcheur, le récit de quatre années de sobriété et d'itinérance à travers la France

L’appel du chemin

Originaire de la Mayenne, Jérôme Thomas raconte comment son amour pour la marche, né dans les forêts des Ardennes, l’a progressivement mené à une vie d’itinérance. Ce projet n’a pas été une rupture, mais plutôt une évidence, le prolongement naturel d’un plaisir simple : être dehors. Il prépare son départ plus d’un an à l’avance, faisant le vide autour de lui en donnant la quasi-totalité de ses biens. Son objectif : atteindre une forme de légèreté totale, matérielle comme mentale. Fait amusant, c’est à sa propre fête de départ qu’il rencontre Nathalie, qui deviendra sa femme et la mère de ses enfants.

Pour se lancer, il calcule qu’avec ses quelques milliers d’euros d’économies, il peut vivre plusieurs années avec un budget de trois euros par jour. « Je pouvais être rentier pendant 3 ans », s’amuse-t-il. Cette sobriété choisie lui offre la liberté de ne pas se soucier de l’avenir et de vivre pleinement son aventure.

Quatre ans de vie nomade

Pendant quatre ans, Jérôme Thomas suit principalement les chemins de grande randonnée (GR), sans contrainte de temps ni d’itinéraire précis. Son périple dessine une sorte de tour de France : parti de la Méditerranée, il traverse les Pyrénées, remonte par les chemins de Saint-Jacques jusqu’à la Loire, fait le tour de la Bretagne et termine son voyage près du Mont-Saint-Michel. En chemin, une nouvelle vocation naît. Dans le sud de la France, sur les traces de Jean Giono, il décide d’apprendre et de raconter « L’homme qui plantait des arbres ». C’est ainsi qu’il devient conteur, se produisant dans des écoles ou des villages.

Il décrit un quotidien où le temps s’étire, où la seule obligation est de suivre son envie. Dormant sous une petite tente, dans des hangars l’hiver pour pouvoir lire, il cultive une solitude qu’il juge nécessaire à ce type d’expérience. Cette vie simple, où chaque objet dans son sac à dos a une importance capitale, lui a offert des années qu’il qualifie de « remplies », bien plus que certaines années de sa vie sédentaire actuelle.

La richesse de la simplicité

Jérôme Thomas partage sa vision d’une sobriété heureuse, non pas comme un combat ou un effort, mais comme une quête de bien-être. Pour lui, le véritable luxe de son voyage était de n’avoir rien d’autre à faire que marcher, ou ne pas marcher s’il n’en avait pas envie. Il cite l’abbé Pierre pour illustrer son rapport aux objets : « un objet que tu ne sais pas donner, c’est lui qui te possède ». Aujourd’hui sédentaire, il s’efforce de conserver cette légèreté d’esprit, convaincu que le bonheur ne réside pas dans l’accumulation matérielle.

Sans se poser en militant, il estime que son expérience est la preuve qu’il est possible de vivre autrement, en dehors des schémas imposés de carrière et de propriété. « On peut vivre autrement sans combat », conclut-il, proposant son parcours comme une simple démonstration qu’une autre voie, plus simple et personnelle, est viable.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Personnes : Jean Giono, l’abbé Pierre, Nathalie Thomas
  • Œuvre : « L’homme qui plantait des arbres »
  • Lieux : la Mayenne, les Ardennes, Manosque, les Pyrénées, la vallée de la Loire, la Bretagne, le Mont-Saint-Michel
  • Concepts et organisations : les chemins de grande randonnée (GR), les chemins de Saint-Jacques, Emmaüs, les emplois jeunes

Au fil de l’épisode

  • Le début d’une itinérance de quatre ans à pied à travers la France.
  • Une décision motivée par l’amour de la marche, et non par une volonté de rupture.
  • Le choix d’une vie minimaliste avec un sac à dos et un budget de 3 euros par jour.
  • Son alimentation quotidienne simple : carotte, pain, fromage et pommes.
  • Un itinéraire flexible, suivant les chemins de grande randonnée.
  • Comment il est devenu conteur en s’inspirant de l’œuvre de Giono.
  • La rencontre avec sa future femme, Nathalie, lors de sa fête de départ.
  • Les grandes étapes de son tour de France : Méditerranée, Pyrénées, Loire, Bretagne.
  • La fin du voyage et la réflexion sur comment conserver cette légèreté dans une vie sédentaire.
  • La perception différente du temps et le sentiment d’avoir vécu des années très riches.
  • Son rapport aux objets et l’importance de chaque chose dans son sac à dos.
  • Le regard des autres, entre fascination et méfiance.
  • Le choix de la solitude, essentielle à son expérience.
  • Sa vision de la sobriété heureuse, vécue sans effort ni combat.
  • Ses abris pour la nuit : une petite tente ou des hangars pour se protéger en hiver.
  • L’idée que son parcours est une preuve qu’il est possible de vivre autrement.

FAQ

Qui est Jérôme Thomas ?

Jérôme Thomas est un « conteur marcheur » qui a passé quatre ans à parcourir la France à pied avec pour tout bagage un sac à dos. Originaire de la Mayenne, sa passion pour la marche s’est développée dans les Ardennes, le menant à choisir une vie d’itinérance et de grande simplicité. C’est au cours de ce voyage qu’il a commencé à raconter des histoires, une activité qu’il a poursuivie par la suite.

Comment Jérôme Thomas a-t-il financé son voyage de quatre ans ?

Il a financé son périple grâce à ses économies, qui s’élevaient à quelques milliers d’euros. Il s’est fixé un budget très strict de trois euros par jour, ce qui lui a permis de tenir plusieurs années. Cette somme couvrait ses besoins essentiels, notamment une nourriture très simple composée de carottes, de pain, de fromage et de pommes. Cette sobriété financière était la condition de sa liberté sur les chemins.

Pourquoi Jérôme Thomas a-t-il décidé de vivre en itinérance ?

Sa décision n’est pas le fruit d’une rupture ou d’une protestation contre la société. Elle découle simplement de son amour profond pour la marche et le plein air. Il a souhaité prolonger ce plaisir au maximum, en faisant de la marche son quotidien. Son but était de trouver une forme de légèreté et de bien-être, en se libérant des contraintes matérielles et des obligations pour se consacrer à ce qui le faisait vibrer.

Comment est-il devenu conteur ?

Jérôme Thomas est devenu conteur pendant son voyage. Alors qu’il se trouvait dans le sud de la France, dans la région de Manosque, il a été inspiré par l’œuvre de Jean Giono, « L’homme qui plantait des arbres ». Il a appris le texte et a commencé à le réciter, notamment dans des écoles. Petit à petit, cette première expérience l’a mené vers le conte plus traditionnel, basé sur l’échange avec le public.

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