L’autoportrait comme point de départ
Jordan Dorey se présente comme un photographe « numérique et argentique », mais aussi musicien, mixologue et vidéaste sur YouTube, où il partage des tutoriels, des expériences et des carnets de voyage plus personnels. Il raconte n’avoir pas grandi un appareil à la main : c’est à un moment précis de sa vie, pour changer l’image très abîmée qu’il avait de lui-même, qu’il s’est emparé de la photographie. Il commence par des autoportraits, « un petit peu comme une sorte de thérapie », pour se réapproprier son image, son corps et le regard qu’il porte sur lui.
Le déclic vers les autres vient d’un remplacement de dernière minute : on fait appel à lui pour photographier des modèles et promouvoir un événement, alors qu’il n’avait jamais shooté quelqu’un d’autre que lui. Le résultat marche si bien qu’il enchaîne les demandes de portraits de son entourage. Il dit s’être « laissé porter », avec le sentiment de pouvoir contribuer à booster la confiance et l’estime des personnes qu’il photographie.
Portrait, argentique et cap sur le Canada
Côté pratique, Jordan Dorey explique que son goût évolue sans cesse. Il aime regarder de la photographie de rue, du paysage et du portrait, nourri par sa petite bibliothèque de livres photo. Longtemps portraitiste exclusif, il dit aujourd’hui aimer surtout « déclencher parce qu’il est inspiré » par ce qu’il a en face de lui. À l’inverse, il assume ne pas vibrer pour la photo de soirée en boîte de nuit, pour laquelle il a pourtant été payé. Et il confie un rêve qu’il n’ose pas encore poursuivre : la photographie de plateau de cinéma, qui lui manque de contacts et réveille un « gros syndrome de l’imposteur ».
Il présente sa plus belle réussite comme le fait de vivre à 100 % de la photographie malgré un marché « hyper saturé », sans avoir cédé à la sécurité d’un emploi fixe. Ses projets : retourner vivre au Canada l’an prochain, « pour de bon », continuer d’apprendre et de transmettre via ses vidéos, et boucler un gros projet vidéo à Paris avec d’autres photographes avant de partir. Pour trouver ses modèles et ses clients, il compte surtout sur le bouche-à-oreille, son site et Instagram. Son mot de la fin : « N’oubliez pas de parfois lever les yeux de votre viseur, il y a des choses qui sont aussi faites pour être apprécié simplement avec ses yeux. »
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Shashin Jutsu — le podcast et la chaîne YouTube 100 % photo qui accueillent l’entretien.
- Le format « 10 questions » — série d’entretiens où l’invité répond seul à des questions envoyées à l’avance.
Au fil de l’épisode
- Présentation de Jordan Dorey : photographe argentique et numérique, aussi musicien, mixologue et vidéaste YouTube.
- Son arrivée dans la photographie, par l’autoportrait et le besoin de changer le regard porté sur lui-même.
- Son premier shooting de modèles, accepté au pied levé pour promouvoir un événement.
- Les genres qu’il aime regarder et faire : photographie de rue, paysage et portrait.
- Le type de photo qui ne le fait pas vibrer : la soirée en boîte de nuit.
- La photographie de plateau de cinéma, qu’il rêve de faire mais n’ose pas encore.
- Ses rituels avant et après un shooting, et le trauma des cartes SD oubliées.
- Sa plus grande déception : ne pas avoir commencé plus tôt.
- Sa plus belle réussite : vivre à 100 % de la photographie malgré un marché saturé.
- Ses projets : retour au Canada et gros projet vidéo à Paris.
- Comment il trouve ses modèles et ses clients : surtout le bouche-à-oreille.
- Le mot de la fin : lever les yeux du viseur.
FAQ
Qui est Jordan Dorey ?
Jordan Dorey est un photographe portraitiste qui travaille en argentique et en numérique. Il se définit aussi comme musicien, mixologue et vidéaste : sur sa chaîne YouTube, il publie des tutoriels, des expériences photo et des carnets de voyage plus introspectifs. Il aime, dit-il, se diversifier.
Comment Jordan Dorey est-il venu à la photographie ?
Il explique s’être mis à la photographie pour changer l’image dégradée qu’il avait de lui-même. Il a commencé par des autoportraits vécus « comme une sorte de thérapie », afin de se réapproprier son corps et son image. Sollicité un jour pour photographier des modèles lors d’un événement, il s’est ensuite tourné vers le portrait des autres.
Quels types de photographie Jordan Dorey pratique-t-il ?
Il pratique surtout le portrait, en argentique comme en numérique. Il aime aussi regarder et faire de la photographie de rue et de paysage, selon l’inspiration du moment. En revanche, il dit ne pas apprécier la photo de soirée en boîte de nuit, même s’il reconnaît qu’on peut y réaliser de belles images.
Quel projet photo Jordan Dorey n’ose-t-il pas encore réaliser ?
Il rêve de faire de la photographie de plateau de cinéma. Deux obstacles le retiennent : il n’a pas les contacts nécessaires, indispensables selon lui pour accéder aux plateaux, et il ressent un fort syndrome de l’imposteur. Il lance d’ailleurs un appel à quiconque voudrait lui donner sa chance dans ce domaine.
Quels sont les projets de Jordan Dorey ?
Il prévoit de retourner vivre au Canada dès l’an prochain, « pour de bon », et ne pense pas revenir en France. Il veut continuer d’apprendre et de partager ses connaissances dans ses vidéos. Avant de quitter Paris, il boucle aussi un gros projet vidéo en collaboration avec d’autres photographes.
Qu’est-ce que le format « 10 questions » de Shashin Jutsu ?
C’est une série d’entretiens « interposés » du podcast Shashin Jutsu : l’hôte envoie ses questions à l’avance, et l’invité y répond seul, en vidéo et en audio, sans échange en temps réel. L’idée est de laisser tout l’espace à l’artiste. Jordan Dorey en est le troisième invité.
