Le cœur, moteur de la vie
Pour Khelil Yaïci, le choix de la cardiologie s’est imposé en fin d’études de médecine, attiré par une spécialité où l’urgence et la rapidité de décision sont cruciales. Il raconte la responsabilité immense qui pèse sur ses épaules, où quelques minutes peuvent faire la différence, notamment lors d’un arrêt cardiaque. Cette pression est palpable dès le début de sa carrière, marquée par le souvenir intense de son premier patient sauvé grâce à un défibrillateur, un moment fondateur qui lui a donné le sentiment « de servir à quelque chose ». Mais il confie que les échecs sont encore plus marquants.
« On garde une marque plus profonde quand on les perd », explique-t-il, soulignant le poids de devoir annoncer la nouvelle à la famille. Ce métier, selon lui, ne se pratique jamais seul, mais toujours en équipe, en collaboration étroite avec les infirmières, les autres spécialistes et les centres partenaires comme le centre cardiothoracique de Monaco.
Prévenir plutôt que guérir
Les maladies cardiovasculaires demeurent la première cause de mortalité dans le monde. Face à ce constat, Khelil Yaïci insiste sur le rôle central de la prévention. Il détaille les principaux facteurs de risque modifiables : l’intoxication tabagique, le diabète, l’excès de cholestérol, la sédentarité et une mauvaise alimentation. Il rappelle que des gestes simples ont un impact majeur, expliquant qu’une activité physique quotidienne de 30 minutes peut réduire la mortalité cardiovasculaire de 80 %. Il prône une « alimentation équilibrée » plutôt qu’un « régime », encourageant la consommation de fibres, de fruits, de légumes et de protéines végétales, tout en limitant le sel, le sucre et les plats industriels.
Le cardiologue souligne aussi l’évolution des mentalités : les maladies cardiaques ne sont plus uniquement une affaire d’hommes. Avec l’augmentation du tabagisme féminin, les femmes sont de plus en plus concernées, justifiant la création de journées de sensibilisation dédiées.
Une médecine en pleine révolution
En près de trente ans de carrière, Khelil Yaïci a été le témoin de progrès spectaculaires. « Ce n’est plus la même médecine », affirme-t-il. L’un des changements les plus importants est l’avènement de l’imagerie cardiaque, avec le scanner et l’IRM, qui permettent de visualiser le muscle et les artères coronaires avec une précision inédite. La technologie a aussi révolutionné le suivi des patients grâce à la télésurveillance des pacemakers et défibrillateurs, qui envoient des alertes quotidiennes à l’hôpital. Les interventions sont devenues beaucoup moins invasives.
Il cite l’exemple du remplacement de la valve aortique, qui se fait désormais par l’artère fémorale sous anesthésie locale, évitant une lourde opération à cœur ouvert. Cette technique permet d’opérer des patients très âgés, comme cette femme de 99 ans qui, grâce à cette intervention, a pu fêter ses 102 ans en pleine forme. Ces avancées exigent une formation continue et ont conduit à une hyper-spécialisation des jeunes cardiologues.
Les références de l’épisode
- Personnes : Alexander Zverev
- Institutions : Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG), Croix-Rouge, Centre cardiothoracique de Monaco
- Événements : Journée Mondiale du Cœur, Grand Prix de Monaco, Festival International du Cirque de Monte-Carlo
- Pathologies et concepts médicaux : infarctus du myocarde, coronaires, diabète de type 1 et 2, insuffisance cardiaque, arythmie, embolie pulmonaire, hypercholestérolémie familiale, péricarde, bicuspidie aortique
- Technologies et traitements : défibrillateur, pacemaker, stimulateur cardiaque, scanner cardiaque, IRM cardiaque, échodoppler, stent
- Lieux : Monaco, Marseille, Lourdes, Toulouse, Paris
Au fil de l’épisode
- Le choix de la cardiologie : une spécialité de l’urgence et de la responsabilité.
- Les gestes qui sauvent en cas d’arrêt cardiaque et l’importance de la formation.
- Les maladies cardiaques, première cause de mortalité dans le monde.
- Les principaux facteurs de risque : tabac, diabète, alimentation et sédentarité.
- Le cas du diabète, illustré par le tennisman Alexander Zverev.
- Le suivi régulier des patients diabétiques par le cardiologue.
- Le souvenir de son premier patient sauvé d’un arrêt cardiaque à 28 ans.
- L’impact plus profond laissé par la perte d’un patient.
- Le rôle des infirmières d’éducation thérapeutique pour le suivi des traitements.
- Les progrès immenses de la cardiologie et la Journée Mondiale du Cœur, créée en 2000.
- La santé cardiaque des femmes, un enjeu de plus en plus important.
- L’efficacité de 30 minutes d’activité physique quotidienne.
- Les principes d’une alimentation équilibrée pour protéger son cœur.
- L’augmentation de l’espérance de vie, y compris après un accident cardiaque.
- Les symptômes d’alerte, comme une douleur thoracique persistante.
- La rééducation cardiovasculaire après un infarctus.
- La collaboration entre le CHPG et le Centre cardiothoracique de Monaco.
- Son parcours, de la faculté de médecine de Marseille à son arrivée à Monaco en 1997.
- La révolution de la télésurveillance pour les porteurs de pacemakers.
- Le stress, un facteur de risque difficile à quantifier.
- La difficulté de se déconnecter de son métier, même en dehors de l’hôpital.
- L’impact de sa carrière sur sa vie de famille et la transmission de la vocation médicale à ses enfants.
- L’évolution de l’hôpital et l’arrivée de l’intelligence artificielle dans les diagnostics.
- Les nouvelles technologies d’imagerie : scanner et IRM cardiaques.
- La différence entre problèmes artériels et veineux, comme l’embolie pulmonaire.
- Les facteurs de risque génétiques, comme l’hypercholestérolémie familiale.
- Une avancée majeure : le remplacement de valve aortique sans chirurgie à cœur ouvert.
- L’émotion de la première greffe cardiaque à laquelle il a assisté.
- La cardiologie pédiatrique, une spécialité à part entière.
- Ses réflexions sur la fin de sa carrière et son attachement à l’hôpital de Monaco.
FAQ
Qui est Khelil Yaïci ?
Khelil Yaïci est un cardiologue exerçant au Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG) à Monaco. Invité du podcast de Monaco Info à l’occasion de la Journée Mondiale du Cœur, il partage son expérience sur la prévention des maladies cardiaques, l’évolution de sa spécialité et les défis quotidiens de son métier. Il a fait ses études de médecine à Marseille avant de rejoindre Monaco en 1997.
Quels sont les principaux facteurs de risque pour les maladies cardiaques ?
Selon Khelil Yaïci, les principaux facteurs de risque sont le tabagisme, le diabète, un taux de cholestérol élevé, la sédentarité et une alimentation déséquilibrée. Il souligne que le stress est également un facteur important, bien que plus difficile à mesurer. Il existe aussi des facteurs génétiques non modifiables, comme l’hypercholestérolémie familiale, qui nécessitent un dépistage précoce.
Comment peut-on prévenir les maladies du cœur ?
La prévention repose sur des règles d’hygiène de vie simples. Khelil Yaïci recommande une activité physique régulière d’au moins 30 minutes par jour, qui peut réduire la mortalité de 80 %. Il conseille également d’adopter une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes et fibres, tout en diminuant la consommation de sel, de sucre et de viandes rouges. L’arrêt du tabac est également une mesure préventive essentielle.
Quels progrès majeurs la cardiologie a-t-elle connus ?
La cardiologie a connu des avancées technologiques considérables. Khelil Yaïci cite notamment le développement de l’imagerie cardiaque (scanner, IRM), la télésurveillance des appareils implantés comme les pacemakers, et l’intelligence artificielle qui aide au diagnostic. Les interventions sont devenues moins invasives, comme le remplacement de valves cardiaques par voie artérielle, qui évite une chirurgie à cœur ouvert et permet de traiter des patients très âgés.
