Une éducation à la liberté
Krishna Mac Kenzie raconte comment son parcours a débuté dans une école fondée sur les principes de Jiddu Krishnamurti en Angleterre. Loin de le pousser vers une carrière conventionnelle, cette éducation l’a encouragé à se poser des questions existentielles et à trouver sa propre voie. C’est à cette période qu’il découvre l’œuvre de Masanobu Fukuoka, le pionnier de l’agriculture naturelle, qui deviendra sa principale source d’inspiration. Il comprend alors que l’agriculture peut être bien plus qu’une simple production de nourriture : une véritable voie spirituelle.
« Fukuoka disait que le but de l’agriculture, ce n’est pas de pousser des plantes, c’est de pousser l’âme de l’être humain. »
Le retour à la terre mère
Installé à Auroville depuis 1996, où il a créé la ferme Solitude, Krishna Mac Kenzie met en pratique une philosophie simple : honorer la terre, qu’il considère comme une divinité vivante, à l’image de Gaïa ou Pachamama. Le premier acte, fondamental, consiste à nourrir le sol en lui restituant toute la matière organique disponible. Il porte un regard critique sur notre société moderne, qui a perdu le contact avec les fondations de la vie en courant après des valeurs matérielles dénuées de sens. Selon lui, nous avons oublié que notre existence dépend de la fertilité des sols et de la pureté de l’air et de l’eau.
« On a des valeurs qui sont vraiment à l’ouest. On valorise plutôt d’avoir un iPad et des Nike […] mais il n’y a plus d’eau dans les robinets. »
Les trésors de la nourriture locale
La démarche de Krishna Mac Kenzie repose sur la valorisation des dons de la nature, et en particulier des plantes locales. Sa ferme compte plus de 140 variétés comestibles, dont beaucoup sont considérées comme de « mauvaises herbes ». Il explique que ces plantes sont une solution à de nombreux problèmes : elles poussent en abondance avec peu d’eau, n’ont aucun coût écologique lié au transport ou à la transformation, et possèdent des qualités nutritionnelles et médicinales bien supérieures aux légumes standardisés que l’on trouve en magasin. Manger local devient ainsi un acte écologique, social et culturel.
« On est divorcé d’un acte qu’on fait trois fois par jour, chaque jour. […] On ne sait pas d’où vient notre nourriture. »
Partager une culture vivante
Aujourd’hui, la ferme Solitude n’est pas seulement un lieu de production, mais aussi un centre de transmission. Krishna Mac Kenzie y accueille de nombreux groupes, des fermiers aux écoliers, pour des ateliers et des formations. Son objectif est de montrer qu’un autre modèle est possible et accessible à tous. Il travaille beaucoup avec la communauté tamoule locale pour l’aider à se réapproprier son identité culturelle et nutritionnelle, intimement liée aux plantes de son environnement. Pour lui, le changement passe par l’expérience directe : toucher la terre, récolter, cuisiner et manger ensemble pour retrouver le sens du vivant.
« Le facteur humain, finalement, c’est ce qui est le plus difficile dans un projet. […] La permaculture, c’est facile. Le côté humain, c’est là où on se coince. »
Pour aller plus loin
- Le compte Instagram d’Alexandre Sattler
- La page Facebook d’Alexandre Sattler
- Le site officiel d’Alexandre Sattler
- Le site de Kaizen Magazine
Les références de l’épisode
- Masanobu Fukuoka, agriculteur et philosophe japonais, pionnier de l’agriculture naturelle.
- Jiddu Krishnamurti, philosophe et penseur spirituel.
- Auroville, communauté intentionnelle située en Inde.
- Solitude Farm, la ferme de Krishna Mac Kenzie à Auroville.
- Vandana Shiva, militante écologiste et écrivaine indienne.
- Pebble Garden, projet de régénération de terres mentionné par l’invité.
- Bernard et Deepika, personnes associées au projet Pebble Garden.
- Clitoria Ternatea, plante locale aux multiples vertus.
- Moringa, arbre dont les feuilles sont consommées.
- Tamil Nadu, État du sud de l’Inde.
- Ayurveda, médecine traditionnelle indienne.
Au fil de l’épisode
- L’influence de son éducation dans une école Krishnamurti en Angleterre.
- La découverte de Masanobu Fukuoka et de l’agriculture comme voie spirituelle.
- La philosophie du « non-faire » et de l’observation de la nature.
- La critique des valeurs matérialistes de la société moderne.
- La terre comme une divinité vivante (Gaïa, Pachamama).
- Le premier principe : rendre à la terre la matière organique.
- La ferme Solitude à Auroville, un projet démarré en 1996.
- La richesse de la biodiversité locale, avec plus de 140 plantes comestibles.
- Les trois grands bénéfices de la nourriture locale : abondance, absence de coût écologique et vertus médicinales.
- L’uniformisation de l’alimentation comme un problème mondial.
- Les activités de la ferme : culture, café, transformation, conservation des graines et ateliers.
- Le travail de transmission auprès de la communauté tamoule.
- Retrouver son identité culturelle et nutritionnelle à travers les plantes locales comme le moringa.
- La difficulté du « facteur humain » dans les projets de permaculture.
- La notion d’autonomie, un idéal difficile à atteindre dans une économie globalisée.
- L’importance de l’expérience concrète pour comprendre et intégrer ces principes.
FAQ
Qui est Krishna Mac Kenzie ?
Krishna Mac Kenzie est le fondateur de la ferme Solitude à Auroville, en Inde. Inspiré par la philosophie de Masanobu Fukuoka et l’éducation de Jiddu Krishnamurti, il pratique et enseigne l’agriculture naturelle. Son approche vise à restaurer la fertilité des sols, à promouvoir la biodiversité locale et à reconnecter l’être humain à la nature, considérant l’agriculture comme une voie de développement spirituel.
Qu’est-ce que la ferme Solitude à Auroville ?
Fondée en 1996 par Krishna Mac Kenzie, la ferme Solitude est un projet d’agriculture naturelle et de permaculture situé à Auroville, en Inde. Le projet a transformé une terre peu végétalisée en un écosystème riche de plus de 140 plantes comestibles. La ferme comprend également un café, organise des ateliers et travaille à la conservation des semences locales pour promouvoir un mode de vie durable et respectueux de l’environnement.
Quelle est la philosophie de Masanobu Fukuoka ?
Selon Krishna Mac Kenzie, la philosophie de Masanobu Fukuoka, pionnier de l’agriculture naturelle, est avant tout une voie spirituelle. Son principe central est le « non-faire », qui consiste à intervenir le moins possible et à laisser la nature agir. L’objectif de l’agriculture n’est pas simplement de produire de la nourriture, mais de servir de moyen pour cultiver et perfectionner l’âme humaine en observant et en respectant les processus naturels.
Pourquoi la nourriture locale est-elle si importante ?
Pour Krishna Mac Kenzie, la nourriture locale est essentielle car elle est adaptée à son environnement, poussant en abondance avec peu d’eau. Elle n’a pas de coût écologique lié au transport ou à la transformation industrielle. De plus, les plantes locales possèdent des bénéfices nutritionnels et médicinaux souvent supérieurs aux produits standardisés. Enfin, consommer local permet de renouer avec une identité culturelle et de se reconnecter à la terre.
