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Laetitia Saren, artiste nomade

Laetitia Saren est une artiste nomade. Très jeune, inspirée par les récits de son père, elle rêve de parcourir le monde. À 22 ans, elle quitte une vie conventionnelle pour un aller simple en Amazonie, en quête d'elle-même et d'un sens plus profond. Cet épisode retrace son parcours initiatique, marqué par des épreuves comme la maladie ou le dénuement matériel. Elle y raconte comment la perte de sa carte bancaire l'a forcée à voyager sans argent, ouvrant la voie à des rencontres humaines d'une richesse insoupçonnée. Une conversation sur le lâcher-prise, la force du mental et la bienveillance fondamentale de l'humanité.

artiste nomade, en quête d’essentiel et de découverte

Le déclic du départ

Inspirée par les récits de voyage de son père nomade, Laetitia Saren ressent l’appel du monde dès son plus jeune âge. Un esprit rebelle la pousse à défier l’idée qu’une femme ne pourrait pas voyager aussi librement qu’un homme. Après une période de vie conventionnelle, avec un compagnon et un travail, elle se sent vide et insatisfaite. Le tournant se produit sur une simple invitation d’une amie en Guyane. Alors qu’elle rédige un message listant toutes les raisons pour lesquelles elle ne peut pas partir, elle a une prise de conscience soudaine. « J’ai lu mon message en me disant, mais j’ai quel âge ? Qu’est-ce qui se passe en moi ? […] J’ai effacé le message et j’ai juste dit, j’arrive. »

À 22 ans, elle achète un billet aller simple pour l’Amazonie, laissant tout derrière elle pour redécouvrir la vie avec un grand V.

L’épreuve du dénuement

Son périple en Amérique du Sud prend une tournure inattendue lorsque, après s’être séparée de son amie, une série d’événements improbables la laisse seule et sans argent. Sa carte bancaire est avalée par un distributeur et un lézard provoque une panne électrique au bureau de Western Union. Cette situation, qui incarnait ses plus grandes craintes, se révèle être une bénédiction. Contrainte de compter sur les autres, elle découvre la puissance des liens humains. « C’est en voyant que quand mes craintes arrivent vraiment […] c’est-à-dire de m’ouvrir à quelle est l’opportunité maintenant si je n’ai pas d’argent pour me débrouiller. »

Elle passe les quatre mois suivants à voyager sans argent, échangeant ses talents d’artiste contre le gîte et le couvert, et réalise que ce mode de vie la rapproche authentiquement des gens.

La voie des plantes médecine

D’abord méfiante envers ce qu’elle appelait les « drogues », en raison d’une tragédie familiale, Laetitia Saren hésite à explorer le monde des plantes médecine comme l’ayahuasca. Sa perspective change après avoir traversé une grave dysenterie, une expérience de mort imminente qui lui enseigne le lâcher-prise et révèle sa propre capacité d’auto-guérison. Cette confiance renouvelée dans la vie la mène à un rassemblement de guérisseurs dans la Vallée Sacrée, au Pérou. En observant leur bienveillance et leur pureté, ses peurs se dissipent. « Je me suis dit, mais si ces gens-là, c’est des personnes qui travaillent avec cette plante, je vois pas comment elle peut être mauvaise en fait. »

Cette rencontre lui ouvre les portes de nouveaux états de conscience et oriente ses voyages vers une compréhension spirituelle plus profonde.

Le voyage comme état d’être

Pour Laetitia, le retour en France ne marque pas la fin du voyage, mais une nouvelle étape de celui-ci. Elle explique que la personne qui revient n’est plus la même que celle qui est partie, ce qui rend le connu étrangement nouveau. Pour éviter le jugement, elle décide d’aborder la France comme n’importe quel autre pays : avec curiosité. Cet état d’esprit lui permet de trouver sa place, découvrant des communautés alternatives qui résonnent avec son nouveau mode de vie. Elle ne conçoit plus le voyage comme une série de déplacements, mais comme un processus continu pour se dépouiller de ses couches et se rapprocher de sa véritable nature. « Pour moi le voyage finalement c’est une espèce d’épuration de qui je suis. »

Aujourd’hui, elle ne fait plus de distinction entre être sur la route et être en France ; le voyage est la vie elle-même, une exploration constante de qui elle est.

Les références de l’épisode

  • Alexandre Sattler (animateur)
  • Peuple Shipibo
  • Ayahuasca (plante médecine)
  • Émission « Nus et Culottés »
  • Western Union
  • Amazonie
  • Guyane
  • Brésil
  • Colombie
  • Pérou (Vallée Sacrée, Cusco, Machu Picchu)
  • France (Strasbourg, Colmar, Ariège)
  • Cambodge (Kampot)
  • Nouvelle-Zélande

Au fil de l’épisode

  • La genèse de l’envie de voyager, inspirée par un père nomade.
  • Le déclic à 22 ans : quitter une vie stable pour un aller simple en Amazonie.
  • La rupture avec sa famille et son ancien mode de vie pour se redécouvrir.
  • Les premiers pas en Guyane et la remontée de l’Amazone en bateau.
  • L’épreuve de se retrouver seule et sans argent au Pérou après un incident bancaire.
  • La découverte du voyage sans argent comme une porte d’entrée vers l’autre.
  • Le troc de compétences artistiques (fresques, tatouages) pour vivre.
  • La remise en question de la nécessité de l’argent et du confort matériel.
  • L’expérience de la maladie (dysenterie) et la découverte de ses propres capacités d’auto-guérison.
  • Le lâcher-prise face à la mort comme une étape de transformation.
  • La rencontre avec les plantes médecine, notamment l’ayahuasca.
  • Dépasser sa peur des « drogues », liée à un drame familial.
  • La découverte du chamanisme et des « hommes médecine » dans la Vallée Sacrée au Pérou.
  • Comment le voyage permet de déconstruire ses propres croyances culturelles.
  • Le retour en France : redécouvrir son propre pays avec un regard d’étrangère.
  • La difficulté de se réadapter et le deuil des anciennes relations.
  • Le voyage comme un état d’être permanent, même en France.
  • La réflexion sur l’équilibre entre liberté nomade et contraintes économiques.
  • La conclusion que l’être humain est fondamentalement bienveillant.

FAQ

Qui est Laetitia Saren ?

Laetitia Saren est une artiste et voyageuse nomade. Inspirée dès son plus jeune âge par son père, elle a choisi un mode de vie itinérant pour explorer le monde et elle-même. Dans cet épisode, elle se décrit comme quelqu’un qui a quitté une vie conventionnelle à 22 ans pour partir à l’aventure en Amazonie, cherchant à se défaire des constructions sociales pour découvrir son essence véritable.

Pourquoi a-t-elle décidé de voyager sans argent ?

Ce n’était pas un choix initial, mais une situation imposée qui s’est révélée être une chance. Lors de son premier grand voyage en Amérique du Sud, sa carte bancaire a été avalée par un distributeur, la laissant sans ressources. Cette épreuve l’a obligée à faire confiance aux autres et à développer des échanges non monétaires, comme peindre des fresques contre le gîte et le couvert. Elle a découvert que l’absence d’argent rendait les rencontres humaines plus authentiques et profondes.

Quelle a été son expérience avec les plantes médecine en Amérique du Sud ?

Initialement très méfiante envers ce qu’elle considérait comme des drogues, notamment à cause d’un drame familial, Laetitia Saren a changé de perspective. Après avoir surmonté une grave maladie seule, elle a appris le lâcher-prise. Au Pérou, elle a rencontré des guérisseurs travaillant avec des plantes comme l’ayahuasca. Observant leur bienveillance, elle a accepté d’expérimenter cette médecine traditionnelle, qui a profondément transformé sa vision du monde et orienté la suite de son parcours.

Comment vit-elle le retour en France après de longs voyages ?

Laetitia Saren n’envisage pas le retour comme une fin, mais comme une autre étape du voyage. Elle explique que le regard qu’elle porte sur son pays a changé, la faisant se sentir comme une étrangère au début. Pour éviter de juger, elle aborde la France avec la même curiosité qu’un nouveau pays. Elle a ainsi pu trouver des lieux et des communautés plus en phase avec son mode de vie, considérant que le voyage est un état d’esprit permanent, où qu’elle soit.

Le voyage est-il toujours une expérience positive pour elle ?

Non, Laetitia Saren insiste sur le fait que le voyage n’est pas toujours facile ou agréable. Elle a fait face à des épreuves difficiles comme la maladie, la solitude et le dénuement. Elle décrit le voyage comme un processus d’épuration, où l’on se dépouille de ses croyances et de son identité construite. Certaines de ces étapes sont inconfortables, mais elle les considère nécessaires pour se rapprocher de son essence.

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