La naissance d’une artiste
Laurence Jenkell se destinait à une carrière en sciences politiques avant que la vie ne la pousse vers la création. Devenue mère, et face au souhait de son mari de la voir femme au foyer, elle trouve dans l’art un espace de liberté. C’est dans ce contexte qu’elle commence à créer, d’abord pour elle-même, en explorant la peinture et diverses matières. Totalement autodidacte, elle puise son inspiration dans son quotidien. Le déclic viendra des sucreries de ses deux filles, Jennifer et Kelly, dont la contraction des prénoms formera son premier nom d’artiste, Jenkel. Elle se lance alors dans ses premières expérimentations, emprisonnant de vrais bonbons dans de la résine époxy.
Cette démarche, loin des canons académiques, est le point de départ d’une aventure artistique singulière. « Je suis complètement autodidacte. Jamais, d’ailleurs, on m’aurait autorisé si j’avais fait une école d’art », confie-t-elle.
La magie du bonbon
L’idée de la sculpture du bonbon en plexiglas naît presque par hasard. En cherchant à protéger ses premières créations à base de vrais bonbons, elle utilise des boîtes en plexiglas. Un jour, en chauffant une chute de cette matière dans son four de cuisine, elle la tord instinctivement. Le geste est fondateur : le fameux « twist » qui deviendra sa signature est né. Malgré le scepticisme de son entourage, elle persévère. Limitée par la taille de son four, sa rencontre avec deux artisans à Menton, Nino et Marcel, sera déterminante pour lui permettre de créer des œuvres plus monumentales. Elle raconte aussi comment une œuvre précoce, une composition de sucettes en résine, fut entièrement dévorée par des fourmis, ne laissant que l’empreinte vide des sucreries.
Le bonbon s’impose alors comme un sujet universel, intemporel et intergénérationnel, qui éveille tous les sens. « Quel que soit l’âge, quelle que soit la nationalité, la religion, l’éducation, c’était pour tout le monde. Tout le monde avait une référence. »
Une carrière internationale
Portée par ce symbole puissant, sa carrière décolle. Pendant plus de treize ans, elle collabore avec Opéra Galerie, exposant ses œuvres dans le monde entier, de Séoul à Londres en passant par Hong Kong et Genève. Cette période est un tourbillon d’expositions et de voyages, une effervescence qui nourrit son besoin d’action. Après la période du Covid et des changements personnels et professionnels, elle décide de changer de nom d’artiste pour Jenk, un pseudonyme plus « rock », et de s’installer à Monaco, qui devient sa nouvelle base. Elle y a récemment ouvert un pop-up au Métropole pour renouer le contact avec ses collectionneurs.
Elle évoque la complexité de passer du plaisir de créer à la gestion d’un planning de commandes, tout en affirmant que l’énergie des projets et le désir de faire plaisir restent son principal moteur.
L’art comme engagement
Pour Laurence Jenkell, l’art est aussi un moyen de dénoncer et de faire réfléchir. La torsion de ses bonbons devient un support pour aborder des sujets de société qui la touchent profondément : la violence faite aux femmes, la surconsommation ou encore la protection de l’environnement. Elle a notamment offert une œuvre puissante à la Fondation des femmes à Paris, présidée par Brigitte Macron. Très engagée, elle multiplie les participations à des événements caritatifs et à des initiatives collectives, comme celles du Monaco Economic Board ou des Femmes Chefs d’Entreprise. Aujourd’hui, elle se reconstruit en tant que femme et artiste, déterminée à surmonter les obstacles.
Comme l’indique un récent communiqué, un nouveau chapitre s’ouvre pour elle, marqué par la résolution d’un litige avec Monsieur Bruno DARDE et la SARL ARTMEDI, lui permettant d’assurer la pérennité de sa production artistique.
Les références de l’épisode
- Personnes : Geneviève Berti (journaliste), Jennifer et Kelly (ses filles), Nino et Marcel (artisans), Gilles Dian (directeur d’Opéra Galerie), Brigitte Macron, Bruno DARDE.
- Lieux et institutions : Monaco, Cannes, Menton, Mougins, Londres, Séoul, Singapour, Hong Kong, Genève, Dubaï, Turquie, Amsterdam, Australie, Opéra Galerie, Métropole Shopping Monte-Carlo, Fondation des femmes à Paris, Monaco Economic Board, Women and Finance, SARL ARTMEDI.
- Œuvres et concepts : sculptures Bonbons, Wrapping Twists, œuvres ADN, Butterflies, Biltard, Robots.
- Matériaux : Bronze, Plexiglas, aluminium, marbre, résine époxy.
Au fil de l’épisode
- L’origine de son nom d’artiste, Jenkel, contraction des prénoms de ses filles, et son évolution vers le pseudo Jenk.
- Son parcours d’autodidacte, loin des écoles d’art, et ses études initiales en sciences politiques.
- Comment le souhait de son mari de la voir femme au foyer a déclenché sa vocation artistique.
- La naissance du thème du bonbon, inspiré par les sucreries de ses filles.
- Ses premières créations : de vrais bonbons emprisonnés dans de la résine.
- L’anecdote d’une œuvre de sucettes dévorée par une invasion de fourmis.
- La découverte de la torsion du plexiglas, née d’une expérimentation dans son four de cuisine.
- Le scepticisme de son entourage face à ses premières sculptures de bonbons.
- Sa rencontre décisive avec Nino et Marcel à Menton, qui l’ont aidée à produire des œuvres de plus grande taille.
- Son engagement dans de nombreuses causes caritatives.
- Sa carrière internationale avec Opéra Galerie et les expositions dans le monde entier.
- Son installation à Monaco, devenue sa base pour toutes ses activités.
- La gestion du succès et la transition entre la création par plaisir et les contraintes d’un planning.
- La difficulté de concilier sa carrière et sa vie de mère, et le sentiment d’avoir manqué des moments avec ses filles.
- Les défis d’être une femme artiste à succès et la jalousie que cela peut susciter.
- L’évolution de son art pour dénoncer des sujets de société comme la violence ou les enjeux environnementaux.
- L’histoire personnelle derrière le thème du bonbon : une interdiction maternelle durant son enfance.
- Son quotidien de femme cheffe d’entreprise, entre création et gestion administrative.
- Sa relation avec ses collectionneurs, qu’elle aime retrouver.
- Sa vision de la condition féminine et son engagement auprès des femmes.
- Son besoin de se reconstruire et de retrouver la pleine maîtrise de son œuvre et de son nom.
FAQ
Qui est Laurence Jenkell ?
Laurence Jenkell est une artiste française contemporaine de renommée internationale, particulièrement connue pour ses sculptures monumentales en forme de bonbons. Autodidacte, elle a développé une technique unique de torsion du plexiglas. Son œuvre, à la fois ludique et colorée, aborde aussi des thèmes de société plus profonds. Elle est classée parmi les artistes français les plus vendus aux États-Unis et figure dans le top 100 mondial des artistes contemporains les plus vendus aux enchères.
Pourquoi les sculptures de Laurence Jenkell représentent-elles des bonbons ?
Le choix du bonbon est lié à une histoire très personnelle. Enfant, sa mère lui interdisait strictement d’en manger, créant un véritable traumatisme. Seul son grand-père lui en offrait en secret en récompense de ses bonnes notes. Devenue artiste, elle a transformé cette frustration en une source d’inspiration majeure. Le bonbon est aussi pour elle un symbole universel et intemporel, qui parle à toutes les cultures et toutes les générations, évoquant la douceur, la récompense et l’enfance.
Comment Laurence Jenkell a-t-elle commencé sa carrière d’artiste ?
Laurence Jenkell est une artiste autodidacte. Sa carrière a débuté de manière inattendue, alors que son mari de l’époque souhaitait qu’elle arrête de travailler pour devenir femme au foyer. Pour s’occuper et s’exprimer, elle a commencé à peindre et à expérimenter avec divers matériaux. C’est en observant les bonbons de ses filles qu’elle a eu l’idée de les intégrer à ses créations, avant de développer sa technique de sculpture en plexiglas qui a fait son succès.
Quel est le lien entre Laurence Jenkell et Monaco ?
Après une carrière très internationale, Laurence Jenkell a choisi de faire de Monaco sa base principale. Elle y vit et souhaite que toutes ses nouvelles créations partent de la Principauté. Elle est active dans la vie locale, participant à des événements comme les missions du Monaco Economic Board ou en créant des œuvres pour des associations monégasques. Elle a également ouvert un espace d’exposition temporaire au Métropole pour y présenter son travail et rencontrer ses collectionneurs.
Quel est le message derrière les œuvres de Laurence Jenkell ?
Si ses bonbons sont joyeux et colorés, ils portent souvent un message plus profond. Laurence Jenkell utilise la torsion, sa signature artistique, pour symboliser des contraintes et dénoncer des sujets de société qui lui tiennent à cœur. Ses œuvres peuvent ainsi traiter de la violence faite aux femmes, de la société de surconsommation ou des enjeux environnementaux. L’art devient pour elle un moyen de susciter une émotion et de provoquer une prise de conscience.
