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Manon et Marie, Bambou au Laos

Manon et Marie sont des « bambous », le surnom donné aux volontaires de l'ONG Enfants du Mékong. Depuis le Laos, où elles sont en mission pour un an, elles racontent leur parcours et ce qui les a poussées à s'engager. Toutes deux partageaient une même quête de sens : Manon, photographe et graphiste, voulait se sentir plus utile, tandis que Marie, auxiliaire de puériculture, marchait sur les traces de ses parents, parrains de l'association depuis 25 ans. Au micro d'Alexandre Sattler, elles partagent sans filtre leur expérience du volontariat de solidarité internationale (VSI), entre le choc culturel, les doutes des débuts et la richesse des rencontres sur le terrain.

volontaires pour l'ONG Enfants du Mékong au Laos

Une quête de sens

Manon, 27 ans, photographe et graphiste, sentait qu’elle tournait en rond professionnellement. Marquée par un voyage au Cambodge en 2016, elle ressentait un besoin profond de « se sentir utile » et de s’engager auprès des jeunes. Cette quête de sens l’a conduite à mettre sa carrière en pause pour partir en mission. Pour Marie, 25 ans, auxiliaire de puériculture, le lien avec l’ONG Enfants du Mékong est familial. Ses parents parrainent un enfant via l’association depuis son enfance, une démarche qui l’a profondément marquée. « Pour moi ça n’avait pas de sens d’aller voir dans une autre association pour partir », explique-t-elle. Son désir d’être au service des autres et son attachement au monde de l’enfance l’ont naturellement menée vers cette mission.

Leurs parcours illustrent une volonté commune de donner une dimension plus humaine et solidaire à leur vie, loin d’un système jugé parfois déconnecté.

Le choc de l’expatriation

Le statut de Volontaire de Solidarité Internationale (VSI) offre un cadre rassurant pour s’engager, reconnu par l’État français et incluant une indemnité pour vivre sur place. Avant le départ, une semaine de formation prépare les volontaires au choc culturel. On leur apprend notamment la patience, une vertu essentielle en Asie. « En France on a l’habitude même malgré nous d’être dans la rentabilité et la productivité, ce qui n’est pas du tout le cas ici », raconte Manon. Il faut apprendre à s’adapter au rythme local, à ne jamais trop attendre et à se laisser porter. Cette adaptation permanente est un effort constant qui peut mener à des phases de doute et de fatigue. Marie a connu un début difficile à Vientiane, la capitale, remettant en question sa capacité à tenir un an. Manon, après cinq mois intenses, a ressenti le besoin de faire une pause pour se ressourcer.

Face à ces coups de mou, le soutien des autres volontaires est crucial. « On vit tous la même chose plus ou moins. Du coup on peut plus facilement échanger sur ce qui se passe », confie Manon.

Au cœur de la mission

Le travail de Manon et Marie se concentre exclusivement sur l’éducation, via un système de parrainage individuel ou collectif. Manon, basée à Takak, se déplace dans les villages pour suivre les enfants parrainés, visiter leurs familles, évaluer leurs conditions de vie et donner des nouvelles aux parrains en France. Elle organise des activités et crée du lien, malgré la barrière de la langue qu’elle tente de surmonter en apprenant le lao. Marie, elle, travaille dans une école pour enfants sourds et muets. Elle a dû apprendre la langue des signes locale, une expérience qu’elle a trouvée plus facile que d’apprendre une langue parlée. Leur quotidien est fait de rencontres fortes, parfois bouleversantes, comme cette famille de sept enfants vivant dans un dénuement extrême que Marie a proposée au parrainage.

Ce sont souvent des gestes simples qui les touchent le plus. Manon se souvient de cette petite fille qui, trop timide pour lui parler, lui a simplement attrapé la main en partant. Un signe de confiance qui donne tout son sens à leur engagement.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • ONG Enfants du Mékong
  • VSI (Volontariat de Solidarité Internationale)
  • Laos
  • Luang Prabang
  • Vientiane
  • Takak
  • Cambodge
  • Thaïlande

Au fil de l’épisode

  • Rencontre avec Manon et Marie, deux « bambous », volontaires pour l’ONG Enfants du Mékong au Laos.
  • Le parcours de Manon : de la photographie à la quête de sens et d’utilité.
  • L’histoire de Marie : un lien familial fort avec l’association grâce à ses parents parrains depuis 25 ans.
  • Le parrainage : participer à l’éducation d’un enfant à distance.
  • Le statut de VSI (Volontaire de Solidarité Internationale) : un engagement d’un an reconnu par l’État français.
  • Les avantages du contrat VSI : une indemnité pour vivre sur place et une couverture sociale.
  • La semaine de formation avant le départ pour se préparer au choc culturel.
  • L’adaptation à la mentalité asiatique : patience et flexibilité face à la notion de productivité.
  • Les phases émotionnelles de l’expatriation : les doutes de Marie à son arrivée à Vientiane.
  • La fatigue et l’usure après plusieurs mois de mission, et l’importance de faire des pauses.
  • Le rôle du soutien entre volontaires pour surmonter les moments difficiles.
  • Le cœur de la mission d’Enfants du Mékong : des projets exclusivement liés à l’éducation.
  • Le quotidien de Manon à Takak : visites dans les villages, suivi des enfants et de leurs familles.
  • La différence entre le parrainage individuel et le parrainage collectif.
  • Le processus de sélection des familles aidées, basé sur leurs conditions de vie.
  • L’histoire touchante d’une famille de sept enfants vivant dans une grande précarité.
  • L’anecdote de Manon sur une petite fille qui lui a pris la main, un geste plus fort que les mots.
  • La barrière de la langue et l’apprentissage du lao ou de la langue des signes locale.
  • Leurs conseils aux futurs volontaires : avoir peur est normal, mais il faut oser se lancer dans cette « expérience de dingue ».

FAQ

Qui sont Manon et Marie ?

Manon et Marie sont deux jeunes femmes françaises engagées dans une mission de volontariat de solidarité internationale (VSI) au Laos. Elles travaillent pour l’ONG Enfants du Mékong, où les volontaires sont surnommés les « bambous ». Manon était photographe et graphiste avant de partir, tandis que Marie était auxiliaire de puériculture. Toutes deux ont choisi cette expérience pour donner plus de sens à leur vie et se sentir utiles.

Qu’est-ce que le statut de VSI ?

Le VSI, ou Volontariat de Solidarité Internationale, est un statut reconnu par le gouvernement français qui permet de s’engager dans une mission humanitaire à l’étranger pour une durée d’au moins un an. Ce contrat offre un cadre sécurisant : les volontaires sont assurés, suivis par leur association, et perçoivent une indemnité qui leur permet de vivre sur place. Le VSI ouvre également des droits, notamment pour la cotisation à la retraite.

Pour quelle organisation travaillent-elles au Laos ?

Manon et Marie sont volontaires pour l’ONG française Enfants du Mékong. Cette association est présente dans plusieurs pays d’Asie du Sud-Est et concentre son action exclusivement sur l’éducation. Son principal mode d’action est le parrainage, qui permet à des enfants issus de familles pauvres de poursuivre leur scolarité et d’accéder à des études supérieures, afin de leur offrir un meilleur avenir.

Quelles sont les difficultés d’une mission de volontariat ?

Une mission de VSI implique plusieurs défis. Le principal est le choc culturel : il faut s’adapter à un rythme et à une mentalité très différents, notamment en matière de patience et de productivité. L’éloignement avec les proches et le confort habituel peut être difficile. Les volontaires passent par différentes phases émotionnelles, avec des moments d’émerveillement mais aussi des coups de mou, de la fatigue et des remises en question.

Qu’est-ce que le parrainage d’enfants ?

Le parrainage, tel que décrit dans l’épisode, est une forme de soutien financier qui permet à un enfant de poursuivre ses études. Un parrain en France envoie une somme d’argent qui sert à couvrir les frais de scolarité et les besoins de l’enfant. Le parrainage peut être individuel (pour un enfant spécifique) ou collectif (pour un groupe d’enfants, comme une classe ou une école). C’est un moyen de donner une chance à des jeunes qui n’ont pas les moyens de faire des études.

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