Un départ par la mer
Marc raconte son adolescence en France, marquée par un désintérêt total pour l’école mais une passion dévorante pour la voile, discipline dans laquelle il excelle jusqu’à devenir champion de France. Sa vie bascule à la lecture des écrits du navigateur et poète Bernard Moitessier, qui lui inspire un projet fou : construire son propre bateau pour prendre le large. À 17 ans, il se lance dans l’aventure et met le cap sur l’Orient. Son voyage initiatique prend une tournure dramatique lorsqu’il fait naufrage le long des côtes indiennes, le jour de Noël 1983. Récupéré par des pêcheurs, il se retrouve seul, avec seulement 20 dollars en poche.
Ce naufrage n’est pas une fin, mais un commencement. « Ça a été le début d’une aventure assez extraordinaire », confie-t-il.
L’immersion indienne
Venu initialement pour voir sa sœur, mariée à un Indien, Marc tombe amoureux de la culture du pays et décide de ne plus repartir. Il éprouve à l’époque une forme de « répugnance » pour la culture française, se sentant totalement étranger à son pays d’origine. Il s’immerge alors complètement, apprend la langue et vit de divers métiers, de la création de bijoux à la peinture avec des miniaturistes de Jaipur. Pendant sept ans, il sillonne inlassablement le pays au volant d’une vieille jeep, du Cachemire au Kerala, explorant l’Inde dans sa diversité la plus profonde. Pour lui, ce pays est « la preuve que le chaos, ça marche ».
Son parcours est aussi marqué par une vie personnelle riche, notamment sa rencontre avec une Américaine dans l’Himalaya, qui deviendra sa femme.
La voie du yoga
Peu après son arrivée, Marc découvre le yoga à Goa, une pratique qui deviendra le fil conducteur de sa vie pendant près de quarante ans. Il s’y consacre corps et âme, pratiquant plusieurs heures par jour. Avec le recul, il porte un regard critique sur l’obsession de la performance physique. Selon lui, le yoga tel qu’il est pratiqué en Occident se trompe de cible en se focalisant sur les postures acrobatiques, les asanas. Il rappelle que dans la tradition du Raja Yoga, la seule raison des postures est d’apprendre à s’asseoir correctement pour méditer. C’est dans cette quête intérieure, loin du matérialisme occidental qu’il voit s’étendre en Inde, qu’il trouve le véritable bonheur : « avoir le mental en paix ».
« Si tu respires mieux, tu penses moins. Si tu penses moins, tu es plus heureux. »
Pour aller plus loin
- Le compte Instagram d’Alexandre Sattler
- La page Facebook d’Alexandre Sattler
- Le site internet du photographe Alexandre Sattler
- Le site de l’association Regard’Ailleurs
Les références de l’épisode
- Personnes : Bernard Moitessier, Parvin Sultana, Yogananda, Nietzsche
- Lieux : Inde, France, Népal, Goa, Jaipur, Himalaya, Australie, Sri Lanka, Djibouti, Pakistan, Cachemire, Kerala, Tamil Nadu, Rajasthan, Afghanistan, Katmandou
- Concepts et œuvres : Raja Yoga, Yoga Sutra de Patanjali, London Magic Bus
- Marques : Kaiser (jeep)
- Groupes : Bisnoe (tribu du Rajasthan)
Au fil de l’épisode
- La rencontre avec Marc dans le jardin d’un monastère au Népal.
- Son adolescence de « cancre » et sa passion pour la voile.
- L’inspiration trouvée dans les écrits du navigateur Bernard Moitessier.
- La construction de son propre voilier à 17 ans pour partir en voyage.
- Son naufrage sur les côtes de l’Inde le jour de Noël 1983.
- Ses débuts en Inde avec 20 dollars en poche et la découverte du yoga à Goa.
- Son rejet de la culture française à l’époque.
- Sa rencontre avec sa future femme, une Américaine, dans les montagnes de l’Himalaya.
- La question existentielle qui l’a toujours hanté : « Qui sommes-nous ? ».
- Le voyage sans guide, pour laisser place à l’imprévu et aux surprises.
- Son immersion dans la culture indienne et l’apprentissage de la langue.
- Sa pratique quotidienne et intensive du yoga pendant 30 ans.
- Sa critique du yoga moderne, trop axé sur les postures acrobatiques.
- Le véritable but des asanas : apprendre à s’asseoir pour méditer.
- Comment un appel à sa mère depuis Djibouti a changé sa destination pour l’Inde.
- Son périple de sept ans à travers tout le pays au volant d’une jeep Kaiser.
- Sa définition de l’Inde : « la preuve que le chaos, ça marche ».
- Ses années à Jaipur avec des peintres miniaturistes et ses huit ans de solitude dans le Tamil Nadu.
- L’évocation du « London Magic Bus » et de l’Afghanistan d’avant-guerre.
- Son expérience des drogues locales, comme l’opium au Rajasthan.
- Son regard sur l’évolution de l’Inde, gagnée par le matérialisme occidental.
- Sa définition du bonheur : avoir le mental en paix.
- La philosophie indienne des cinq couches de l’être.
- La citation de Nietzsche sur l’Inde comme « médicament » pour l’Europe.
- Le sens du voyage, résumé par un proverbe chinois : « la meilleure chose que l’on puisse ramener d’un voyage, c’est soi-même ».
- L’explication de l’expression « Just Be » : trouver un espace de paix intérieur.
FAQ
Qui est Marc ?
Marc est un Français qui a quitté l’Europe à l’adolescence pour rejoindre l’Inde sur un voilier qu’il a lui-même construit. Après un naufrage, il s’est installé dans le pays où il vit depuis plus de quarante ans. Son parcours est marqué par une profonde immersion dans la culture indienne et une longue quête spirituelle, notamment à travers une pratique assidue du yoga. Il partage dans cet épisode son expérience de vie et sa philosophie.
Pourquoi Marc a-t-il quitté la France pour l’Inde ?
Jeune, Marc se sentait en décalage avec la culture française. Passionné de voile et inspiré par le navigateur Bernard Moitessier, il a construit son bateau pour partir à l’aventure. Sa destination initiale était l’Indonésie, mais il a changé de cap pour l’Inde en apprenant que sa sœur venait d’y épouser un Indien. Son installation définitive dans le pays a été scellée par un naufrage et sa fascination immédiate pour la culture locale.
Quelle est la vision de Marc sur le yoga ?
Après près de 40 ans de pratique, Marc considère que le yoga populaire en Occident est dénaturé. Il critique la focalisation sur les postures physiques et acrobatiques, qu’il voit comme un obstacle potentiel à la véritable quête. Pour lui, selon les textes traditionnels du Raja Yoga, les postures (asanas) n’ont qu’un seul but : préparer le corps et l’esprit à s’asseoir confortablement pour la méditation, qui est le cœur de la pratique.
Comment Marc a-t-il vécu en Inde pendant 40 ans ?
Marc a mené une vie riche et variée. Pour gagner sa vie, il a d’abord fabriqué des bijoux, puis a travaillé avec des peintres miniaturistes à Jaipur. Il a également passé huit ans dans une petite maison en lisière de forêt dans le Tamil Nadu pour explorer la solitude et la méditation. Il a surtout beaucoup voyagé, parcourant l’Inde de long en large pendant sept ans au volant de sa jeep, s’immergeant dans la diversité du pays.
Quel regard Marc porte-t-il sur l’évolution de l’Inde ?
Marc porte un regard critique et plutôt négatif sur les changements récents en Inde. Il déplore que le pays adopte progressivement le modèle matérialiste occidental, qu’il qualifie de « mensonge ». Selon lui, cette évolution entraîne une perte de la diversité culturelle et spirituelle qui faisait la richesse de l’Inde. Il regrette que les jeunes Indiens aspirent à un mode de vie occidental, oubliant la profondeur de leur propre tradition philosophique.
