Un pilote engagé
Interrogé par Geneviève Berti, Maro Engel se livre d’abord sur un aspect moins connu de sa carrière : son engagement. Champion de la paix pour l’organisation monégasque Peace and Sport depuis 2008, et également impliqué auprès de Laureus, il estime que les valeurs sont « la base de la société ». Il raconte comment le sport, par son caractère universel, peut unifier les gens comme aucune autre activité. Cette notoriété lui permet de toucher les plus jeunes, notamment ceux issus de familles en difficulté, pour les aider à « choisir le bon chemin ». Un rôle qu’il prend très au sérieux, même s’il admet avec humour que sur la piste, la diplomatie a ses limites.
« Si quelqu’un me fait une sale manœuvre, ce n’est pas le moment de lui dire, écoute, pense à Peace & Sport. »
L’école de la vitesse
Maro Engel a grandi à Monaco, où il a découvert sa passion pour la course très jeune. Il se souvient de ses débuts en karting à l’âge de six ans, en même temps que son ami d’enfance Nico Rosberg, sur les pistes de la région comme celle de la Sarrée. À onze ans, son père lui demande de choisir entre le football, où il avait un certain talent, et le karting. Il choisit la course et ne le regrettera pas. Il décrit son parcours comme « l’école et l’université du sport auto », jusqu’à la signature de son premier contrat professionnel à 22 ans avec Mercedes-AMG en DTM, le prestigieux championnat de tourisme allemand.
Il insiste sur la dimension collective de son sport, souvent perçu à tort comme individuel. Derrière le pilote, il y a une immense équipe de mécaniciens, d’ingénieurs et de stratèges : « Sans l’équipe, on n’est rien du tout. C’est vraiment un sport très collectif. »
La course, un métier
La vie d’un pilote professionnel est intense. Maro Engel évoque un rythme effréné, avec 27 week-ends de course l’année précédente, partout dans le monde. Un défi pour la vie de famille, qui demande une organisation sans faille et le soutien de son épouse. Il raconte aussi l’évolution de sa discipline : ce qui était une passion pure en karting est devenu un business complexe au plus haut niveau. Il faut des sponsors, des investisseurs, et une rentabilité. Il aborde son passage en Formule E avec l’écurie Venturi, une expérience intéressante au début du championnat électrique, mais confirme sa préférence pour le sport automobile traditionnel, « où il y a du bruit, où il y a une émotion un petit peu différente ».
Cette professionnalisation est une nécessité, car le sport automobile est très coûteux. Le business assure la pérennité des courses et des équipes.
Au cœur du Grand Tourisme
Maro Engel explique ce qui fait la particularité des courses de Grand Tourisme (GT) : les voitures sont des versions de compétition de modèles de route que l’on peut croiser à Monaco. Il court sur une Mercedes-AMG GT3, dérivée de l’AMG GTC. Il détaille les différences techniques entre les voitures, comme la position du moteur qui change radicalement le style de pilotage. La préparation physique est également cruciale pour supporter la chaleur, les forces G et maintenir une concentration absolue. L’entraînement est constant et spécifique, notamment pour renforcer le cou, les abdominaux et le dos.
Il décrit la compétition comme extrêmement féroce mais respectueuse. Les pilotes se connaissent bien et adaptent leur stratégie en fonction de leurs adversaires. Le danger est présent, mais il est géré par un respect de la vitesse et des risques calculés.
Monégasque d’adoption
Bien qu’il soit de nationalité allemande, Maro Engel se sent profondément monégasque. Arrivé en Principauté à l’âge de trois ans, il y a grandi, a appris le français avec ses amis au football, et y a fondé sa famille. Pour lui, Monaco est « la maison ». Il apprécie ce cadre de vie unique, entre le prestige de la Principauté et l’authenticité de l’arrière-pays, ainsi que la culture méditerranéenne. Il conclut sur ses objectifs à venir, notamment celui de remporter le championnat DTM, après une saison précédente couronnée de succès avec une victoire à la Coupe du Monde FIA GT.
Sa carrière est loin d’être terminée, et sa motivation reste intacte pour aller chercher de nouvelles victoires.
Les références de l’épisode
- Personnes : Geneviève Berti, Nico Rosberg, Prince Albert, Michel Vaillant.
- Organisations et équipes : Mercedes-AMG, Peace and Sport, Laureus, FIA, Venturi, ASM (club de football), CHPG (Centre Hospitalier Princesse Grace).
- Compétitions et titres : Coupe du Monde FIA GT, Sprint Cup, 24 Heures de Daytona, 24 heures du Mans, DTM, GT World Challenge, 24h Nürburgring.
- Voitures : AMG GTC, AMG GT3, AMG GT Black Series.
- Lieux : Monaco, Gourdon, La Sarrée, Manicourt, Nürburgring (boucle du Nord), Macao, Bathurst (Mount Panorama), circuit Paul Ricard, circuit du Luc.
- Médias : The Days of Thunder (film), magazine Autosport.
Au fil de l’épisode
- Son engagement auprès des associations Peace & Sport et Laureus pour promouvoir les valeurs d’unité par le sport.
- La différence entre l’image du compétiteur féroce sur la piste et l’homme engagé en dehors.
- Ses débuts en karting à six ans avec son ami d’enfance, Nico Rosberg.
- Le jour où il a dû choisir entre une carrière dans le football et le sport automobile.
- Pourquoi la course automobile est avant tout un sport d’équipe.
- La vie intense d’un pilote professionnel, entre les 27 week-ends de course par an et la vie de famille.
- L’évolution du sport, de la passion pure du karting au business du haut niveau.
- Son expérience en Formule E avec l’écurie monégasque Venturi.
- Les spécificités des courses de Grand Tourisme (GT) avec des voitures dérivées de modèles de série.
- Les différences techniques entre les voitures de course et l’adaptation du style de pilotage.
- La préparation physique et mentale indispensable pour supporter les contraintes de la course.
- Le modèle économique du GT, où les victoires des pilotes d’usine stimulent la vente de voitures de course aux pilotes amateurs.
- La gestion du danger et l’importance du respect entre concurrents sur la piste.
- L’anecdote de sa myocardite en 2011, où il a continué à courir sans connaître la gravité de son état.
- Son attachement à Monaco, où il a grandi et vit depuis l’âge de trois ans.
- Ses succès récents, comme la Coupe du Monde FIA GT, et son ambition de remporter le championnat DTM.
FAQ
Qui est Maro Engel ?
Maro Engel est un pilote automobile professionnel de nationalité allemande, résident à Monaco depuis son enfance. Pilote officiel pour Mercedes-AMG depuis 2008, il est spécialisé dans les courses de Grand Tourisme (GT). Il a remporté de nombreuses victoires prestigieuses, dont la Coupe du Monde FIA GT et les 24 Heures de Daytona. En dehors des circuits, il est engagé comme champion de la paix auprès de l’organisation Peace and Sport.
Qu’est-ce que le Grand Tourisme (GT) en sport automobile ?
Le Grand Tourisme, ou GT, est une catégorie de sport automobile où s’affrontent des voitures de course dérivées de modèles de sport de série. Comme l’explique Maro Engel, la base est une voiture de route, comme la Mercedes-AMG GTC, qui est ensuite modifiée pour la compétition (allégement, renforcement du châssis, suspensions de course). Cette filiation avec des voitures connues du grand public est l’une des clés de sa popularité.
Pourquoi le sport automobile est-il un sport d’équipe ?
Selon Maro Engel, bien que le pilote soit seul dans la voiture, la victoire est toujours le fruit d’un travail collectif. Il souligne qu’une immense équipe de mécaniciens, d’ingénieurs, de stratèges et de techniciens travaille sur la voiture. Chaque membre a une responsabilité cruciale, et la moindre erreur, comme une mauvaise pression de pneu, peut ruiner une course. Le succès est donc le résultat de la performance de toute l’équipe.
Quel est l’engagement de Maro Engel en dehors des circuits ?
Maro Engel met sa notoriété au service de causes qui lui sont chères. Il est champion de la paix pour l’organisation Peace and Sport, basée à Monaco, qui promeut la paix par le sport. Il s’engage également auprès de l’association Laureus, qui vient en aide aux adolescents issus de milieux difficiles. Pour lui, le sport est un outil unique pour unifier les gens et transmettre des valeurs fondamentales.
Quels sont les liens de Maro Engel avec Monaco ?
Bien qu’Allemand, Maro Engel considère Monaco comme sa maison. Ses parents s’y sont installés alors qu’il n’avait que trois ans. Il a grandi en Principauté, y a fait ses études, a appris le français avec ses amis et y a fondé sa propre famille. Il exprime un profond attachement pour la culture méditerranéenne et le cadre de vie unique qu’offre Monaco, où il revient toujours avec bonheur entre deux courses.
