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Martin et l’oie gourmande

Ancien militant engagé dans la solidarité internationale, Martin a radicalement changé de vie. Après des missions au Burkina, au Mali ou en Côte d'Ivoire, il a choisi de s'installer dans les montagnes de l'Ariège pour y créer sa propre biscuiterie artisanale. Il raconte comment ce territoire, où les possibilités et l'entraide sont encore présentes, lui a permis de construire un modèle de vie en accord avec ses valeurs. Entre autonomie alimentaire, sobriété énergétique et un rapport différent au travail et à la richesse, il partage sa quête d'une vie simple, concrète et cohérente, loin de l'hyperconsommation.

de la solidarité internationale à la sobriété heureuse en Ariège

Un nouveau départ en Ariège

Originaire de Haute-Savoie, Martin raconte son arrivée en Ariège il y a six ans, un territoire qu’il ne connaissait pas mais dont l’énergie l’a immédiatement séduit. Il décrit une région où il est encore possible de s’installer à moindre coût et de vivre son « utopie ». Après des années passées dans la solidarité internationale, notamment en Afrique, il ressentait le besoin de se reconnecter à un environnement rural. C’est en restant sur place, en aidant des amis et en saisissant les opportunités, qu’il a pu trouver sa place. « Il y a des portes qui s’ouvrent et il y a des gens qui tendent la main », explique-t-il, soulignant la forte solidarité locale qui facilite l’installation.

C’est dans ce contexte qu’il a lancé son activité de biscuiterie, d’abord dans la boulangerie d’amis, avant de prendre son envol. Son modèle économique est simple : plutôt que de chercher à maximiser ses revenus, il préfère embaucher pour partager le travail et se préserver du temps.

Vivre l’autonomie au quotidien

Pour Martin, bien vivre ne signifie pas gagner beaucoup d’argent. Avec un revenu équivalent au SMIC, il s’estime « le roi du pétrole ». Son secret réside dans un mode de vie axé sur l’autonomie et la sobriété. Avec sa compagne maraîchère, il cultive un grand potager, transforme les fruits de leur verger et pratique le troc avec d’autres producteurs locaux. Cette démarche lui permet de ne quasiment plus fréquenter les supermarchés. Son objectif est d’étendre cette autonomie à l’énergie, avec un projet de maison passive, équipée de panneaux solaires et d’une petite éolienne, conçue pour une consommation minimale de bois de chauffage.

Cette quête de simplicité volontaire est aussi une posture politique. Martin défend une vision de la décroissance qui n’est pas un refus de créer de la richesse, mais une exigence de mieux la répartir. Fort de son expérience internationale, il critique un système mondial où « 1% de la planète qui a 90% des richesses mondiales ». Il appelle à incarner le changement que l’on souhaite voir, une philosophie qu’il résume par une citation de son amie rappeuse Kenya Arkana : « avant de vouloir changer le monde, il faudrait changer soi-même ».

Les références de l’épisode

  • Personnes : Kenya Arkana, Normère Bayagon
  • Lieux : Ariège, Haute-Savoie, Burkina, Côte d’Ivoire, Mali, Brazzaville, Saint-Giron, Sénégal, Bretagne
  • Organisations et marques : Enercoop, Biocoop, Carrefour, CGT
  • Événements : la crise des bonnets rouges

Au fil de l’épisode

  • Son arrivée et son installation en Ariège, un territoire d’opportunités et de solidarité.
  • Son parcours dans la solidarité internationale en Afrique et le besoin de revenir à la campagne.
  • La création de sa biscuiterie artisanale et son modèle économique basé sur le partage du travail.
  • Sa définition d’une vie riche : un SMIC, un grand potager, du troc et de l’autonomie.
  • La quête de l’autosuffisance pour les besoins vitaux, de l’alimentation à l’énergie.
  • Sa démarche pour limiter sa dépendance à l’économie capitaliste et aux supermarchés.
  • Le projet de rénovation d’une grange pour en faire une maison autonome en énergie.
  • Sa vision de la sobriété heureuse et de la décroissance : réduire la consommation et mieux répartir les richesses.
  • La nécessité pour le secteur du bio de rester militant et de ne pas devenir une simple niche pour les industriels.
  • Sa critique des inégalités économiques mondiales et de la concentration des richesses.
  • L’exemple de l’industrie du poulet au Sénégal, détruite par les subventions européennes.
  • L’importance de développer une pensée critique, une forme d’« autodéfense intellectuelle ».
  • Sa philosophie : incarner soi-même le changement pour inspirer les autres.

FAQ

Qui est Martin ?

Martin est un artisan biscuitier installé dans les montagnes de l’Ariège. Avant de lancer son activité, il a travaillé plusieurs années dans la solidarité internationale, notamment en Afrique. Son parcours l’a conduit à choisir un mode de vie basé sur la simplicité, la sobriété et la recherche d’autonomie, en accord avec ses convictions écologiques et sociales.

Pourquoi Martin a-t-il choisi de s’installer en Ariège ?

Il a été attiré par l’énergie de ce territoire rural qui offrait encore des possibilités d’installation à coût modéré. Il y a surtout trouvé une forte dimension de solidarité et d’entraide, qui lui a permis de s’intégrer et de lancer son projet. Le marché local très développé de Saint-Giron facilite également son mode de vie tourné vers l’autonomie.

En quoi consiste le mode de vie de Martin ?

Son mode de vie est centré sur la recherche d’autonomie pour les besoins essentiels. Avec sa compagne, il produit une grande partie de son alimentation grâce à un potager, pratique le troc et limite au maximum ses achats en supermarché. Il vise également l’autonomie énergétique pour sa maison. Ce choix de la « sobriété heureuse » lui permet de bien vivre avec un revenu modeste.

Quelle est sa vision de la décroissance ?

Pour Martin, la décroissance ne signifie pas la fin de la création de richesses, mais une nécessaire diminution de la consommation globale, en particulier dans les pays occidentaux. Il la conçoit comme une condition indispensable pour que les richesses mondiales soient réparties de manière plus juste et équitable, afin de réduire les inégalités profondes qui sont, selon lui, à l’origine de nombreux conflits.

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