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Maxime à vélo

Ingénieur de formation dans l'aéronautique, Maxime a un jour ressenti un décalage profond entre son métier et ses convictions écologiques naissantes. Après une reconversion et une brève expérience à l'ADEME, il ne trouve toujours pas le sens qu'il recherche dans les postes qui lui sont proposés. Il décide alors de tout quitter pour un projet radical et personnel : un tour de France à vélo des écovillages et des lieux de vie alternatifs. Au fil des rencontres et des kilomètres, il explore le « vivre autrement » pour trouver sa propre voie et, peut-être, inspirer les autres.

à vélo d'écovillage en écovillage pour réinventer sa vie

De l’aéronautique à l’écologie

Le parcours de Maxime commence de manière assez classique. Diplômé de l’école d’ingénieurs Estaca, il travaille pendant quatre ans chez Safran. Pourtant, une prise de conscience écologique grandit en lui, le poussant à remettre en question son orientation. Il raconte comment cette conviction lui est « un peu tombée dessus », sans événement déclencheur brutal. Cette nouvelle perspective le mène à une reconversion professionnelle : il suit un master spécialisé en environnement à l’INSA de Lyon et travaille ensuite huit mois pour l’ADEME, l’Agence de l’Environnement. Malgré ce virage, il peine à trouver un poste dans le secteur public qui soit en phase avec ses aspirations.

Cette quête de cohérence, couplée à des événements personnels, le conforte dans l’idée qu’il ne se reconnaît pas dans le modèle de vie standard.

La quête de sens à bicyclette

Face à cette impasse professionnelle et existentielle, Maxime décide de ne plus s’entêter et de créer son propre chemin. L’idée d’un voyage germe, et le vélo s’impose comme une évidence, lui qui a passé vingt ans à Paris à l’utiliser comme son principal moyen de déplacement. Son projet prend alors forme : un tour de France pour aller voir « comment vivent les autres », ceux qui ont choisi des modes de vie alternatifs. Il ne s’agit pas d’une simple aventure, mais d’une démarche profonde pour trouver des réponses et explorer des solutions concrètes à la crise écologique.

« Puisque je ne me reconnais pas dans cette vie, allons voir comment vivent les autres », explique-t-il pour résumer la genèse de son périple.

Le tour de France des alternatives

Pour organiser son itinéraire, Maxime compile une liste d’une soixantaine de lieux à visiter, piochés dans des annuaires en ligne comme celui de la coopérative des Oasis, mais aussi grâce au bouche-à-oreille. Il les positionne sur une carte et dessine un parcours cohérent à travers la France. Son critère principal : une forme de vie collective. Le voyage à vélo impose cependant une contrainte de temps, l’obligeant à s’adapter en permanence. Si un lieu ne peut pas le recevoir aux dates prévues, il en contacte un autre à proximité, ce qui mène souvent à de « belles découvertes » imprévues.

Au moment de l’interview, réalisée dans l’écovillage du Bois du Bard en Bretagne, il a déjà parcouru 4000 kilomètres et visité 44 lieux différents.

Le woofing comme porte d’entrée

Pour s’immerger pleinement dans chaque communauté, Maxime utilise le système du woofing. Le principe est simple : en échange de quelques heures de travail par jour, il est nourri et logé. Initialement conçu pour le monde agricole, le concept s’est élargi et lui permet de partager le quotidien des habitants. Il choisit un format court, une semaine par lieu en général, ce qui lui permet de visiter de nombreux endroits. Il estime que cette durée, bien que brève, est suffisante pour s’imprégner de l’atmosphère, comprendre l’organisation, les valeurs et observer les interactions humaines.

« Quand t’es épaule contre épaule à désherber une bande de maraîchage avec une autre personne, […] il y a quelque chose qui s’est créé », confie-t-il sur la puissance des liens tissés par le travail partagé.

Premiers enseignements du collectif

Ce voyage est avant tout une collecte d’informations. Dans chaque lieu, Maxime observe, analyse et note ce qui fonctionne et ce qui lui semble être un écueil. Il a ainsi constitué une « liste longue comme le bras » de principes et d’observations. Il partage l’un d’eux : le « syndrome du grand chef », où les fondateurs d’un lieu, même bien intentionnés, peinent à lâcher prise et à faire confiance au collectif, ce qui peut freiner la pérennité du projet. Son statut de voyageur de passage lui permet parfois de recueillir des confidences que les habitants n’osent pas partager entre eux.

Cette expérience de terrain lui offre une vision nuancée et concrète des défis et des réussites de la vie en communauté.

Et après le voyage ?

Alors que son tour de France approche de son terme, Maxime pense déjà à la suite. La première étape sera de valoriser toute la matière accumulée. S’il n’était pas parti dans une optique de communication, il estime aujourd’hui qu’il serait « dommage de garder tout ça pour moi ». Il a créé un site internet et envisage d’écrire un livre sous forme de récit de voyage, ou encore de donner des conférences. Mais son objectif ultime est plus ambitieux : fort de tous ses apprentissages, il ressent l’enthousiasme de créer son propre écolieu, en essayant, « en toute modestie », de ne pas reproduire les erreurs observées ailleurs.

Le voyageur s’apprête à devenir bâtisseur, pour mettre en pratique les leçons de son périple.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Personnes : Maxime, Alexandre Sattler
  • Organisations et entreprises : Estaca, Safran Transmission Système, INSA de Lyon, ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), CSTB
  • Lieux : Le Bois du Bard (écovillage en Bretagne), Colombes, Angers, Vitré, l’Orne, Normandie
  • Concepts et initiatives : Woofing, Coopérative des Oasis, congé individuel de formation

Au fil de l’épisode

  • Le contexte de l’enregistrement : un festival dans l’écovillage du Bois du Bard, en Bretagne.
  • Les trois raisons qui ont poussé Maxime à entreprendre son voyage : ses convictions écologiques, ses difficultés à trouver un travail qui a du sens et son sentiment de décalage avec la « vie standard ».
  • Son parcours initial : une formation d’ingénieur à l’Estaca et quatre ans de carrière dans l’aéronautique chez Safran.
  • Sa prise de conscience écologique et sa reconversion via un master spécialisé à l’INSA de Lyon.
  • Sa brève expérience à l’ADEME et sa recherche d’emploi infructueuse dans le secteur public.
  • Le choix du vélo comme mode de transport, un outil qu’il utilise au quotidien depuis des années.
  • Sa définition personnelle de l’écologie : prendre soin de la planète et avoir du respect pour tout ce qui nous entoure.
  • La préparation de son tour de France des lieux alternatifs : recherche des collectifs, création d’une liste et élaboration d’un itinéraire.
  • Son équipement : un vélo et une remorque à deux roues, initialement conçue pour les enfants.
  • La réalité du voyage : un itinéraire flexible, adapté au gré des réponses et des opportunités.
  • Sa méthode d’immersion : le woofing, qui consiste à échanger son travail contre le gîte et le couvert.
  • Le choix de séjours courts, d’une semaine en moyenne, pour pouvoir visiter un maximum de lieux.
  • La manière dont il se présente aux communautés pour être accueilli.
  • La force de la rencontre par le travail, qui crée des liens authentiques et profonds.
  • Sa démarche d’observateur : noter dans chaque lieu ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.
  • L’un de ses principaux enseignements : le « syndrome du grand chef », un écueil pour la pérennité des collectifs.
  • La gestion des moments difficiles, quand il ne se sent pas à sa place dans un lieu.
  • La fatigue émotionnelle générée par le changement constant de lieux et de rencontres.
  • La fin prochaine de son voyage, prévu pour fin novembre en Normandie.
  • Ses projets pour l’avenir : valoriser son expérience (site, livre, conférences) et, à terme, créer son propre écolieu.

FAQ

Qui est Maxime ?

Maxime est l’invité de cet épisode. Ingénieur de formation, il a travaillé quatre ans dans l’aéronautique avant de se reconvertir dans le domaine de l’écologie. Ne trouvant pas de sens dans les métiers traditionnels, il a décidé de se lancer dans un tour de France à vélo pour découvrir des modes de vie alternatifs, notamment en séjournant dans des écovillages grâce au woofing. Son voyage est une quête personnelle pour trouver une vie plus alignée avec ses valeurs.

Pourquoi Maxime a-t-il entrepris ce voyage à vélo ?

Maxime explique son départ par trois raisons principales. D’abord, ses convictions écologiques profondes. Ensuite, sa difficulté à trouver un emploi qui ait du sens après sa reconversion. Enfin, un sentiment personnel de ne pas se reconnaître dans le modèle de vie standard proposé par la société. Son voyage à vélo est une réponse active à ces questionnements, une manière d’explorer concrètement d’autres façons de vivre.

Qu’est-ce que le woofing, la méthode de voyage de Maxime ?

Le woofing est un système d’échange qui permet à une personne d’être nourrie et logée en échange de sa participation aux activités d’un lieu, souvent une ferme biologique (Worldwide Opportunities on Organic Farms). Pour Maxime, c’est le moyen idéal de s’immerger dans le quotidien des écovillages qu’il visite. En travaillant aux côtés des habitants, il partage leur vie, crée des liens authentiques et comprend de l’intérieur le fonctionnement de chaque communauté.

Quel est le projet de Maxime après son tour de France ?

Une fois son voyage terminé, Maxime prévoit d’abord de partager son expérience. Il a déjà un site internet et envisage d’écrire un livre ou de donner des conférences pour diffuser ce qu’il a appris. Son objectif à plus long terme est de mettre à profit cette riche expérience pour créer son propre écolieu, en s’inspirant des réussites qu’il a observées et en essayant d’éviter les écueils identifiés au cours de son périple.

Qu’a-t-il appris sur la vie en collectif ?

Après avoir visité plus de quarante lieux, Maxime a développé une analyse fine des dynamiques collectives. Il note systématiquement ce qui fonctionne et ce qui pose problème. Il a par exemple identifié ce qu’il appelle le « syndrome du grand chef » : la difficulté pour les fondateurs d’un lieu à déléguer et à faire confiance aux nouveaux arrivants, ce qui peut nuire à la pérennité du projet. Son voyage est une véritable étude de terrain sur les défis de la vie en communauté.

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