Un pasteur confiné
Nommé archevêque de Monaco fin 2019, Monseigneur Dominique-Marie David raconte les circonstances exceptionnelles de sa prise de fonction. Son ordination a lieu le 8 mars 2020, une semaine à peine avant le confinement général. Une situation qui le place d’emblée dans la position d’un « berger qui ne verrait pas ses moutons ». Il décrit cette période comme un bouleversement, une frustration initiale transformée en une opportunité de créativité pour rejoindre les fidèles autrement, notamment grâce aux outils numériques. Ce temps contraint lui a aussi permis de se poser et de porter dans la prière une communauté qu’il ne pouvait pas encore rencontrer physiquement.
Cette arrivée singulière l’a peut-être préservé, selon lui, d’un certain « activisme » qui peut rapidement saisir à Monaco.
Trouver le juste rythme
Une fois le confinement levé, Mgr David découvre la vie « foisonnante » de la Principauté, un rythme intense marqué par une multitude d’événements culturels, sportifs, associatifs et institutionnels. Il explique sa vision de l’évêque comme étant « l’évêque de tous », ce qui implique une grande disponibilité mais aussi la nécessité de faire des choix et de poser des limites pour préserver un équilibre. Il insiste sur l’importance de nourrir sa vie intérieure, non pas pour se mettre à distance du monde, mais au contraire pour être encore plus disponible aux autres. C’est un discernement constant entre dire « oui » et parfois « non, pas cette fois-ci », afin de ne pas être débordé.
Il évoque le principe de réalité et le consentement à ses propres limites comme des boussoles essentielles dans sa mission.
Devant, au milieu ou derrière le troupeau
Pour illustrer sa conception du rôle de pasteur, Monseigneur David reprend une image chère au pape François : celle du berger qui doit savoir se positionner. Parfois devant, pour guider le troupeau ; parfois au milieu, car il en fait partie et doit « sentir l’odeur de ses brebis » ; et parfois derrière, pour soutenir les plus faibles et se laisser inspirer par ceux qui connaissent déjà le chemin. Cette flexibilité est pour lui la clé d’une mission juste, loin d’une vision purement hiérarchique. Il applique ce principe à sa parole publique, notamment lors de l’homélie de la Fête Nationale, un exercice particulier où il s’adresse à tout le pays.
Il y voit une occasion d’appeler chacun à sa part de responsabilité pour préserver le « trésor » qu’est la Principauté.
Une Église de la rencontre
Au cœur de son action pastorale se trouve la conviction que la foi est avant tout une rencontre. « Aide-moi à voir l’invisible », fut sa prière en arrivant à Monaco, une demande pour regarder au-delà des apparences et des statuts. Il souligne le statut particulier de l’Église à Monaco, religion d’État, qui coexiste avec un profond respect de toutes les confessions. Pour lui, cette dimension spirituelle ne doit pas être un vestige du passé mais une source de sens. Il a ainsi initié des rendez-vous simples pour favoriser les contacts, comme une messe hebdomadaire suivie d’un déjeuner partagé où chacun peut venir avec son repas.
« Si on veut que notre vie ait de la valeur, du sens, elle ne peut s’appuyer que sur des rencontres », conclut-il.
Les références de l’épisode
- Personnes : Pape François, Pape Jean-Paul II, Pape Benoît XVI, Saint-Exupéry, M. Barcy.
- Organisations et communautés : Communauté de l’Emmanuel, Diocèse de Nantes, Jésuites.
- Lieux : Monaco, Rome (Trinité des Monts), Église Saint-Charles, Cathédrale de Monaco, Maison diocésaine de Monaco.
- Événements : Fête nationale de Monaco, Grand Prix de Monaco, Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ).
Au fil de l’épisode
- Le chemin de foi, un processus et un don à faire grandir plutôt qu’un objet que l’on possède.
- Son ordination comme archevêque de Monaco le 8 mars 2020, une semaine avant le confinement.
- Le défi d’apprendre à connaître son diocèse sans pouvoir rencontrer physiquement les gens.
- La créativité forcée par la pandémie pour maintenir le lien avec la communauté.
- La découverte, après le confinement, du rythme de vie intense et foisonnant de la Principauté.
- Sa mission d’être « l’évêque de tous » tout en faisant des choix pour ne pas être débordé.
- L’équilibre nécessaire entre la vie publique et la vie intérieure, la prière et la réflexion.
- L’image du pasteur selon le Pape François : savoir être devant, au milieu et derrière le troupeau.
- L’importance pour un pasteur de « sentir l’odeur de ses brebis », d’être proche des gens.
- Le rôle de sa parole publique, notamment lors de l’homélie de la Fête Nationale.
- Son appel à la responsabilité de chacun pour préserver ce qui fait la richesse de Monaco.
- La place de l’Église à Monaco, religion d’État dans un cadre de respect de toutes les croyances.
- Sa prière en arrivant : « Aide-moi à voir l’invisible » pour aller au-delà des apparences.
- Les initiatives pour favoriser la rencontre, comme les déjeuners partagés du jeudi.
- Les raisons pour lesquelles les gens demandent à le rencontrer : du conseil à la simple présentation.
- Son sentiment d’être désormais « chez lui » à Monaco, un pays qu’il a appris à connaître et à aimer.
- Sa vision du Pape François : une personnalité surprenante, qui bouscule et fait réfléchir.
- Le succès des Journées Mondiales de la Jeunesse et la capacité des jeunes au recueillement.
- L’augmentation des demandes de baptême chez les adultes et les adolescents.
- La foi définie comme une rencontre avec une personne, avant d’être une doctrine ou une morale.
- Ce qu’on peut lui souhaiter : la patience et la joie de l’Évangile.
FAQ
Qui est Mgr Dominique-Marie David ?
Mgr Dominique-Marie David est l’archevêque de Monaco et Grand Aumônier du Palais depuis 2020. Ordonné prêtre en 1991 pour le diocèse de Nantes, il est membre de la Communauté de l’Emmanuel. Avant sa nomination en Principauté, son parcours l’a notamment conduit à Rome et à la formation des séminaristes. Il se définit comme étant sur un « chemin de foi » constant.
Comment son arrivée à Monaco a-t-elle été marquée par la pandémie ?
Son ordination a eu lieu le 8 mars 2020, une semaine seulement avant le début du confinement. Cette situation inédite l’a empêché de rencontrer sa nouvelle communauté comme il l’aurait souhaité. Il a vécu cette période comme une frustration mais aussi comme une opportunité de développer de nouvelles formes de communication et de porter son diocèse dans la prière avant de pouvoir le découvrir sur le terrain.
Quelle est sa vision de la mission d’un pasteur ?
Il s’inspire de l’image du berger décrite par le pape François, qui doit savoir marcher devant, au milieu et derrière son troupeau. Pour lui, être pasteur, c’est avant tout une question de présence, d’écoute et de disponibilité. Il cherche à être « l’évêque de tous » tout en veillant à préserver un équilibre entre ses engagements publics et sa vie intérieure, essentielle pour nourrir sa mission.
Comment perçoit-il le rôle de l’Église à Monaco ?
Il souligne que l’Église est une partie intégrante de la société monégasque, le catholicisme étant religion d’État. Il constate cependant un grand respect pour toutes les autres croyances. Sa mission, telle qu’il la conçoit, est de s’assurer que cette dimension spirituelle reste une source de sens vivante pour la Principauté et non un simple héritage historique.
Quelle importance accorde-t-il à la rencontre ?
La rencontre est au cœur de son ministère. Il est convaincu que la foi est avant tout une rencontre personnelle. Dès son arrivée, il a prié pour être capable de « voir l’invisible » en chaque personne, au-delà des apparences. Il a mis en place des initiatives, comme des déjeuners ouverts à tous, pour favoriser des contacts simples et directs, estimant que toute vie de valeur s’appuie sur des rencontres.
