Une vocation née à Londres
C’est presque par accident que Nurfeta Zejnulahi a découvert la pédagogie qui allait devenir sa passion. Partie à Londres après son bac pour apprendre l’anglais, elle travaille dans une maternelle où la directrice l’inscrit à une formation pour compléter son BAFA, non reconnu en Angleterre. Le cours s’intitule « Montessori ». Nurfeta Zejnulahi ne connaît pas, mais la découverte est une révélation. Elle tombe « complètement en amour » avec cette vision de l’enfant qui la passionne depuis plus de 25 ans. Loin de tout dogmatisme, elle s’est aussi intéressée à d’autres approches comme celles de Steiner ou de Freinet.
Pour elle, ces différentes pédagogies sont comme les pièces d’un grand puzzle qui, assemblées, permettent de construire un accompagnement plus juste et bienveillant pour l’enfant.
Maria Montessori, une femme visionnaire
L’histoire de la créatrice de la méthode, Maria Montessori, est tout aussi fascinante. Nurfeta Zejnulahi rappelle le parcours de cette femme exceptionnelle qui, à la fin du 19e siècle, fut la première Italienne à entreprendre des études de médecine. Confrontée au scepticisme de ses pairs masculins, elle fait preuve d’une détermination sans faille. C’est en travaillant dans un centre pour enfants présentant des déficiences intellectuelles qu’elle commence à développer son approche. En observant leur comportement, comme le fait de gratter la terre ou de porter des objets à la bouche, elle comprend leur besoin fondamental d’explorer le monde par les sens.
Grâce au matériel qu’elle conçoit, ces enfants considérés comme inaptes réussissent des examens que beaucoup d’autres échouent. C’est le début d’une révolution : elle démontre que l’enfant n’est pas « un vase que l’on remplit mais une source qui jaillit ».
L’autonomie au cœur de l’apprentissage
Si la pédagogie Montessori perdure et se déploie dans le monde entier, c’est parce qu’elle touche à l’universel. Elle repose sur l’observation fine de l’enfant et la confiance en son potentiel. Nurfeta Zejnulahi insiste sur un concept clé : les « périodes sensibles ». De zéro à six ans, l’enfant traverse des phases où son énergie est décuplée pour acquérir des compétences spécifiques, comme la marche ou le langage. L’adulte n’est pas là pour enseigner, mais pour préparer un environnement qui permettra à l’enfant de faire ses propres découvertes, comme un petit scientifique. Dans une classe Montessori, l’enfant est libre de choisir ses activités, ce qui nourrit sa curiosité et sa confiance en lui.
Cette liberté n’est pas du laxisme : elle implique la responsabilité. L’objectif est de rendre l’enfant autonome, capable de faire par lui-même, en suivant le célèbre adage : « Aide-moi à faire seul ».
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Maria Montessori
- Pédagogie Steiner
- Pédagogie Freinet
- BAFA (Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur)
- Londres
Au fil de l’épisode
- La découverte inattendue de la pédagogie Montessori par Nurfeta Zejnulahi lors d’un séjour à Londres.
- Sa passion immédiate pour cette approche de l’éducation.
- La comparaison avec d’autres pédagogies alternatives comme Steiner et Freinet, vues comme complémentaires.
- Le parcours de Maria Montessori, première femme médecin d’Italie à la fin du 19e siècle.
- Son travail auprès d’enfants en difficulté et les succès inespérés qui en ont découlé.
- Le principe fondamental de l’enfant considéré comme « une source qui jaillit » et non « un vase que l’on remplit ».
- Les raisons de la pérennité et du succès mondial de la méthode Montessori.
- Les bonnes questions à se poser pour les parents qui choisissent une école.
- L’importance d’avoir confiance dans le potentiel et la force de son enfant.
- L’explication des « périodes sensibles », ces fenêtres d’apprentissage intense chez le jeune enfant.
- À quoi ressemble une classe Montessori : un environnement préparé pour l’exploration et la découverte.
- L’enfant perçu comme un « petit scientifique » qui apprend par la manipulation et l’expérience.
- L’objectif final : former un adulte autonome, fort et responsable.
- La distinction cruciale entre la liberté, qui implique la responsabilité, et le laisser-faire.
- La devise « Aide-moi à faire seul », au cœur de la démarche.
FAQ
Qui est Nurfeta Zejnulahi ?
Nurfeta Zejnulahi est une enseignante et formatrice spécialisée dans la pédagogie Montessori. Elle partage dans cet épisode sa passion pour cette approche de l’éducation, qu’elle pratique et transmet depuis plus de 25 ans. Elle a découvert la méthode Montessori à Londres et a été immédiatement séduite par sa vision de l’enfant, centrée sur l’autonomie et le respect de son développement naturel.
Qu’est-ce que la pédagogie Montessori ?
C’est une méthode d’éducation développée par Maria Montessori à la fin du 19e siècle. Elle est fondée sur l’observation de l’enfant et vise à favoriser son autonomie et sa confiance en lui. Dans un environnement adapté et avec du matériel spécifique, l’enfant est libre de choisir ses activités et d’apprendre à son propre rythme. L’adulte a un rôle d’accompagnateur qui guide l’enfant sans lui imposer les savoirs.
Qui était Maria Montessori ?
Maria Montessori (1870-1952) était une pédagogue et la première femme médecin d’Italie. C’est en travaillant avec des enfants présentant des déficiences intellectuelles qu’elle a commencé à élaborer sa méthode. En se basant sur une observation scientifique, elle a compris que les enfants apprennent naturellement par l’expérimentation et la manipulation, et a créé un environnement et des outils pour soutenir ce processus.
Quelle est la différence entre liberté et laisser-faire dans l’éducation Montessori ?
Dans la pédagogie Montessori, la liberté est un concept central mais elle est toujours associée à la responsabilité et à un cadre structuré. L’enfant est libre de choisir son travail et de se déplacer, mais il doit respecter le matériel et les autres. Le laisser-faire, au contraire, serait de laisser un enfant sans cadre ni limites, ce qui, selon Maria Montessori, le laisserait perdu et ne l’aiderait pas à se construire.
Que sont les « périodes sensibles » selon Maria Montessori ?
Les périodes sensibles sont des phases temporaires dans le développement de l’enfant, de la naissance à six ans, durant lesquelles il est particulièrement réceptif à l’apprentissage de compétences spécifiques. Il peut s’agir du langage, du mouvement, de l’ordre ou des relations sociales. Durant ces périodes, l’enfant apprend sans effort et avec une grande joie, car il est poussé par une forte motivation intérieure.
