Comprendre les objectifs avant de choisir
Loin des idées reçues, il n’existe pas un unique « meilleur » objectif pour la photographie de paysage. Michel Caumes explique que le choix dépend avant tout du type de photo que l’on souhaite réaliser. Il commence par un rappel des notions techniques fondamentales pour distinguer les différents types d’objectifs : les focales fixes, qui n’offrent qu’un seul angle de vue, et les zooms (ou focales variables), plus polyvalents. Il aborde également des objectifs plus spécialisés comme les objectifs à décentrement, utilisés en architecture, ou les objectifs macro, définis par leur rapport de reproduction de 1:1. Le critère principal de classification reste cependant l’angle de prise de vue, qui s’étend du très large « fisheye » aux très puissants téléobjectifs.
Avant tout achat, il est crucial de bien définir ses besoins pour éviter des dépenses inutiles, car le prix d’un objectif peut varier dans un rapport de 1 à 300.
Du grand-angle au téléobjectif : quel impact sur l’image ?
Le choix d’une focale a une incidence directe sur le rendu de l’image. Un grand-angle va accentuer l’effet de perspective, grossir les premiers plans et donner une impression d’immensité, au risque de déformer les éléments sur les bords de l’image. À l’inverse, un téléobjectif va « écraser » les perspectives, rapprocher les plans et isoler des sujets lointains. Michel Caumes insiste aussi sur l’importance de la taille du capteur : un objectif n’aura pas le même angle de champ sur un appareil « plein format » (24×36) que sur un appareil à capteur APS-C, plus petit, qui applique un coefficient multiplicateur. Il illustre ses propos avec des exemples concrets d’objectifs qu’il utilise, comme le Samyang 14mm pour son rapport qualité-prix, le Tokina 11-16mm pour sa polyvalence sur APS-C, ou encore le Sigma 70-300mm pour isoler des détails dans un paysage.
Chaque objectif, de l’ultra grand-angle au téléobjectif, devient ainsi un outil créatif pour interpréter le paysage de manière différente.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Objectifs : Fisheye Lincoln 10,5mm f2.8 DX, Samyang 14mm f2.8 FX, Tokina 11-16-F2-8 ATX Pro DX, Nincone 50mm f1.8 série D, Sigma 70-300 DG Macro, Nincone 8200 f2.8 AFD-FX
- Marques et appareils : Nikon (D7100, D5500), Canon
- Logiciels : Adobe Lightroom
- Concepts techniques : UGA (ultra grand-angle), capteur 24-36 (full frame / plein format), capteur APS-C, fisheye (œil de poisson), proxy photographie
Au fil de l’épisode
- Introduction à la question du meilleur objectif pour la photographie de paysage.
- Le principe de base : tout type d’objectif peut être utilisé selon le besoin et le résultat souhaité.
- Rappel des notions techniques : les objectifs à focale fixe et les zooms (focales variables).
- Présentation des objectifs spécialisés : les objectifs à décentrement (architecture) et les objectifs macro.
- La classification des objectifs par angle de prise de vue, du fisheye au téléobjectif.
- L’importance de connaître ses propres besoins avant d’investir dans du matériel.
- Explication de la distance focale, illustrée par l’exemple d’un zoom 24-70mm.
- Le cas du 50mm, considéré comme l’objectif standard proche de la vision humaine.
- L’impact concret du choix de l’angle sur la photographie : perspective, déformation et perception des plans.
- Les critères de choix d’un objectif en fonction de l’effet créatif recherché.
- L’importance de la taille du capteur : la différence entre le plein format (24-36) et l’APS-C.
- Le coefficient multiplicateur (crop factor) et son calcul pour les boîtiers Nikon (1,5) et Canon (1,6).
- Les questions de compatibilité des objectifs entre les différents formats de capteurs et le risque de vignettage.
- Exemple d’objectif UGA n°1 : le Fisheye Lincoln 10,5mm f2.8 DX.
- Exemple d’objectif UGA n°2 : le Samyang 14mm f2.8 FX, et la correction de sa déformation.
- Exemple d’objectif UGA n°3 : le Tokina 11-16mm f2.8, idéal pour les boîtiers APS-C.
- L’utilisation d’un objectif standard comme le Nincone 50mm f1.8 pour le paysage.
- L’intérêt des téléobjectifs pour isoler des sujets dans un paysage.
- Exemple de téléobjectif n°1 : le Sigma 70-300mm DG Macro, une option économique.
- Exemple de téléobjectif n°2 : le zoom professionnel Nincone 80-200mm f2.8.
FAQ
Quel est le meilleur type d’objectif pour la photo de paysage ?
Il n’y a pas de réponse unique. Le choix dépend de l’effet recherché. Un ultra grand-angle (UGA) est idéal pour capturer des scènes très larges et accentuer la perspective. Un objectif standard (comme un 50 mm) offre une vision naturelle, sans déformation majeure. Un téléobjectif permet d’isoler des éléments distants, comme un village sur une colline, et de compresser les plans pour un rendu plus graphique.
Qu’est-ce qu’un objectif ultra grand-angle (UGA) ?
Un objectif ultra grand-angle, ou UGA, est un objectif avec une très courte focale qui permet de capturer un angle de vue très large. Il est souvent utilisé en paysage pour donner une impression d’immensité, exagérer la taille des éléments au premier plan et obtenir une grande profondeur de champ. Il peut cependant introduire des déformations, notamment sur les bords de l’image, qui peuvent être utilisées de manière créative ou corrigées en post-traitement.
Quelle est l’influence de la taille du capteur sur le choix de l’objectif ?
La taille du capteur de l’appareil photo est cruciale. Un objectif donné n’aura pas le même angle de champ sur un capteur plein format (24×36 mm) et sur un capteur plus petit comme l’APS-C. Ce dernier applique un « coefficient multiplicateur » (par exemple 1,5x chez Nikon) qui resserre l’angle de vue. Un 50 mm sur un APS-C se comportera donc comme un petit téléobjectif de 75 mm.
Peut-on utiliser un téléobjectif pour la photographie de paysage ?
Oui, absolument. Alors que le grand-angle est souvent associé au paysage, le téléobjectif offre d’autres possibilités créatives. Il est très utile pour isoler un sujet précis dans une vaste scène, comme un arbre solitaire ou un détail architectural. Il permet également de compresser les différents plans de l’image, créant un effet où les éléments lointains semblent plus proches les uns des autres.
