Des podiums à la poterie
Originaire de la région niçoise, Olivia Cognet a toujours eu le dessin pour principal moyen d’expression. Repérée très jeune par Jean-Charles de Castelbajac, elle devient son illustratrice à Paris à seulement 19 ans. S’ensuit une riche carrière dans la mode, où elle apprend la rigueur et le perfectionnisme au sein de maisons prestigieuses comme Lanvin ou Mugler. Lassée de la vie parisienne et en quête de lumière, elle part s’installer à Los Angeles. C’est là-bas, dans un atelier de céramique du soir, qu’elle découvre le plaisir de maîtriser un objet de A à Z. « Je me suis rendue compte que je pouvais manufacturer de A à Z un produit magnifique sans l’aide de personne », explique-t-elle.
Frustrée de ne pouvoir y créer les pièces monumentales qu’elle imagine, elle installe son propre atelier dans son garage, à la manière des entrepreneurs américains.
L’art de l’entrepreneuriat
Le succès ne se fait pas attendre. Lors d’une foire de créateurs à Silver Lake, elle vend toutes ses pièces en deux jours et commence à recevoir ses premières commandes. De retour en France, elle installe à Vallauris un grand atelier où elle dirige aujourd’hui une équipe de dix personnes. Loin de l’image de l’artiste solitaire, elle chérit le travail en équipe et les collaborations avec d’autres artisans d’exception. Son approche, qui allie une vision artistique radicale à un sens aigu du marketing hérité de son expérience américaine, séduit. Elle réalise des projets pour de grandes marques comme Fendi, Dior ou Hermès, tout en développant ses créations personnelles.
Aujourd’hui, son travail est principalement exposé et vendu aux États-Unis, qui représentent 70 % de son chiffre d’affaires. « Je suis au début de ma carrière d’artiste », confie-t-elle, animée par l’ambition de créer des œuvres toujours plus monumentales.
Les références de l’épisode
- Personnes : Geneviève Berti, Renzo Piano, Oscar Niemeyer, Jean-Charles de Castelbajac, Albert Elbaz, Picasso, Emmanuel Perrotin, Calder, Roger Capron, Derval, Nathanaël Lebert, Christian Louboutin, India Hicks, David Hicks, Jean-Christophe Maillot.
- Lieux et événements : Mareterra (Monaco), Vallauris, Cagnes-sur-Mer, Nice, Paris, Los Angeles (Venice, Silver Lake), Harrods (Londres), Cannes, Art Basel (Paris, Miami), Frieze (Londres).
- Marques et institutions : Monaco Info, Lanvin, Mugler, Fendi, Hermès, Dior, Oliver Peoples, PrestaZure.
Au fil de l’épisode
- L’exposition « Vision » à Mareterra, en dialogue avec l’installation « Vestige » dans d’anciens fours de potiers à Vallauris.
- Son processus de création, qui part systématiquement d’un dessin avant de se laisser guider par la matière.
- La gestion de son atelier de dix personnes et ses collaborations avec d’autres artisans (marbriers, miroitiers, dinandiers).
- Ses débuts dans la mode à 19 ans comme illustratrice pour Jean-Charles de Castelbajac.
- Son parcours dans les grandes maisons de couture et l’apprentissage de la technique et de l’exigence.
- La nécessité de produire en grande quantité pour atteindre l’excellence, à l’image de Picasso ou Calder.
- Son départ de Paris pour Los Angeles, motivé par un besoin de lumière, d’espace et de nature.
- La découverte de la céramique dans un cours du soir, comme une révélation.
- La création de son premier atelier dans son garage pour pouvoir réaliser des pièces de grande taille.
- Son premier succès commercial lors d’une foire à Silver Lake, qui a lancé sa carrière américaine.
- Son retour en France et l’installation de son atelier à Vallauris, ville de céramistes.
- L’utilisation stratégique d’Instagram pendant le Covid pour développer sa notoriété.
- La collaboration avec un bureau de presse parisien qui l’a aidée à assumer sa signature d’artiste.
- Sa méthode de travail : l’expérimentation sur les matériaux précède le dessin final.
- Ses projets sur mesure pour des marques de luxe comme Fendi, Hermès ou Dior.
- Les défis logistiques liés à la création et au transport international d’œuvres monumentales.
- Son ambition de créer des pièces toujours plus grandes et de travailler pour des institutions.
FAQ
Qui est Olivia Cognet ?
Olivia Cognet est une artiste, designer et céramiste française. Après une première carrière dans la mode pour de grandes maisons comme Lanvin ou Mugler, elle s’est reconvertie dans la céramique. Installée d’abord à Los Angeles puis à Vallauris, elle dirige aujourd’hui un atelier où elle crée des pièces uniques et monumentales, entre art et design, comme des bas-reliefs, des totems ou du mobilier sculptural.
Comment est-elle passée de la mode à la céramique ?
Après des années dans l’industrie de la mode à Paris, Olivia Cognet a ressenti une frustration créative. Installée à Los Angeles, elle s’inscrit à un cours de poterie du soir et y découvre la possibilité de maîtriser tout le processus de création, du dessin à l’objet fini. Cette révélation la pousse à monter son propre atelier pour explorer la sculpture et les pièces monumentales, loin des contraintes de la mode.
Quel est le lien d’Olivia Cognet avec les États-Unis ?
C’est à Los Angeles qu’Olivia Cognet a opéré sa reconversion professionnelle. Elle y a découvert la céramique, monté son premier atelier et rencontré ses premiers succès commerciaux. Les États-Unis restent son marché principal, représentant 70 % de son chiffre d’affaires. Elle y est représentée par plusieurs galeries et apprécie la mentalité américaine, qu’elle juge plus ouverte et moins prompte à mettre les artistes dans des cases.
Qu’est-ce que l’exposition « Vision » à Mareterra ?
« Vision » est une exposition d’Olivia Cognet présentée à Mareterra, à Monaco. Elle constitue le second volet d’un diptyque commencé à Vallauris avec l’exposition « Vestige ». L’artiste y présente un ensemble de ses créations contemporaines (céramiques, pièces en travertin, bois sculpté) dans un espace moderne, dialoguant avec l’architecture visionnaire du lieu conçu par Renzo Piano.
Comment Olivia Cognet conçoit-elle ses œuvres monumentales ?
Chaque œuvre part d’un dessin, mais la conception est aussi guidée par la matière. Olivia Cognet aime expérimenter avec différents matériaux (céramique, plâtre, métal, bois) et techniques, parfois anciennes comme la dinanderie. Pour ses pièces les plus imposantes, elle collabore avec son équipe et des artisans spécialisés. La réalisation d’une seule pièce, comme un bas-relief, peut prendre trois à quatre mois.
