De la physique à la photographie
Olivier Adam n’a pas toujours été photographe. Il raconte son parcours atypique, qui l’a mené des études de physique à Normale Sup aux reportages en Asie. C’est sa passion pour la photographie, cultivée dans les clubs photo durant ses études, qui a finalement pris le dessus. Il explique comment son bagage scientifique l’a paradoxalement aidé à enseigner la technique photographique. Aujourd’hui, il mène une double vie : celle d’enseignant dans une école de photo à Paris, qui lui assure une stabilité financière, et celle de photographe indépendant, qui lui offre la liberté de mener des projets personnels au long cours.
Cette indépendance lui permet de se consacrer à des sujets qui le passionnent, loin des contraintes commerciales. « J’ai la chance de pouvoir personnellement ne pas avoir besoin de la photographie pour vivre », confie-t-il.
Sur les traces du Dalaï-lama
Son intérêt pour le bouddhisme tibétain est né d’une rencontre amicale il y a plus de vingt ans, suivie d’un premier voyage en Inde il y a quinze ans. Ce qui n’était qu’une curiosité est devenu le fil rouge de son travail. Olivier Adam a commencé à collaborer avec des magazines spécialisés dans la spiritualité, en France puis aux États-Unis. De fil en aiguille, il s’est mis à suivre et à photographier très régulièrement sa Sainteté le Dalaï-lama lors de ses visites en Europe, au point d’en devenir le photographe quasi attitré. Il partage quelques souvenirs de l’homme, qu’il décrit comme un « simple moine », accessible et doté d’un grand sens de l’humour.
Cette passion pour l’ailleurs lui vient de l’enfance, lorsqu’il accompagnait son père, routier international, dans son camion à travers l’Europe. Une école du voyage qui a marqué sa vie et nourri son désir de découverte.
Les nonnes de l’Himalaya, un projet au féminin
Depuis 2008, Olivier Adam se consacre à un projet documentaire majeur sur les nonnes bouddhistes de l’Himalaya. Parti du constat qu’on parlait beaucoup des moines mais très peu des femmes, il a commencé à documenter leur quotidien, d’abord autour de Dharamsala, en Inde. Il témoigne de la profonde transformation de leur statut : traditionnellement en retrait, elles accèdent désormais à des niveaux d’études équivalents à ceux des moines et jouent un rôle de plus en plus central dans la communauté. Le projet s’est étendu au Ladakh, au Zanskar et au Népal, et il espère pouvoir le poursuivre au Bhoutan et au Tibet.
Ce travail est mené en duo avec sa compagne, Dominique, qui réalise les interviews et écrit les textes. « C’est à la fois plus efficace et il y a aussi une dynamique qui est plus grande de travailler ce projet à deux », explique-t-il.
Un regard sur le métier
En tant qu’enseignant, Olivier Adam est au contact direct avec la nouvelle génération de photographes. Il leur conseille de nourrir leurs rêves tout en étant conscients des réalités du métier. Pour lui, la photographie est un « truc de passionné » qui demande une énergie folle, mais qui peut apporter d’immenses satisfactions. Il reste optimiste sur l’avenir de la profession, convaincu que le monde aura toujours besoin d’images. Face à une société occidentale qu’il trouve parfois en manque d’élan, il puise dans ses voyages en Asie une énergie et une inspiration qu’il s’efforce de transmettre.
Il évoque même le projet de s’arrêter de travailler pendant un an ou deux pour se consacrer pleinement à son reportage, et pourquoi pas, « rester coincé avec les nonnes trois mois sous la neige ».
Pour aller plus loin
- Le compte Instagram d’Alexandre Sattler
- La page Facebook d’Alexandre Sattler
- Le site officiel d’Alexandre Sattler
- Le site de l’association Regard’Ailleurs
Les références de l’épisode
- Personnes : sa Sainteté le Dalaï-lama, Mathieu Ricard, Alexandra David-Néel, Dominique (compagne d’Olivier Adam).
- Lieux : Paris, Inde, Népal, Himalaya, Dharamsala, Tibet (Lhassa, Amdo, Kam), Ladakh, Zanskar, Bhoutan, Cambodge, Mayenne.
- Institutions et médias : Normale Sup, National Geographic, Géo, Regards Bouddhistes.
- Événements : Jeux Olympiques de 2008.
- Marques : Nikon.
Au fil de l’épisode
- Le parcours d’Olivier Adam, de la physique à la photographie.
- Sa double activité de photographe indépendant et d’enseignant en BTS photographie.
- Ses débuts dans la photographie, via des collaborations avec des magazines sur la spiritualité.
- Sa découverte du bouddhisme tibétain et son premier voyage en Inde.
- Comment il est devenu le photographe attitré du Dalaï-lama pour ses visites en Europe.
- La personnalité simple et accessible du Dalaï-lama.
- L’origine de son goût pour le voyage, né des trajets en camion avec son père routier.
- Ses nombreux séjours en Inde et au Népal depuis les années 2000.
- Son projet au long cours, débuté en 2008, sur les nonnes de l’Himalaya.
- L’objectif du projet : documenter la vie et l’évolution du statut des nonnes bouddhistes.
- La collaboration avec sa compagne Dominique, qui écrit les textes.
- L’évolution de la place des femmes dans le bouddhisme tibétain en exil.
- Les difficultés actuelles pour voyager et obtenir des informations fiables sur le Tibet.
- La présence du thème du féminin dans ses travaux antérieurs, notamment au Cambodge.
- Sa quête de sens et de cohérence entre ses valeurs et sa vie professionnelle.
- Son projet de prendre une année sabbatique pour se consacrer entièrement à son reportage.
- Ses conseils aux jeunes étudiants qui souhaitent se lancer dans la photographie.
FAQ
Qui est Olivier Adam ?
Olivier Adam est un photographe et enseignant français. Physicien de formation, il s’est reconverti à la photographie, une passion développée durant ses études. Il est aujourd’hui spécialisé dans la culture et le bouddhisme tibétain, et voyage très régulièrement en Inde et au Népal pour ses projets documentaires. Il partage son temps entre son travail de photographe indépendant et l’enseignement dans une école de photographie à Paris.
Quel est le lien entre Olivier Adam et le Dalaï-lama ?
Olivier Adam photographie sa Sainteté le Dalaï-lama de manière très régulière depuis plusieurs années, notamment lors de toutes ses visites en Europe. Cette proximité lui a permis de développer une relation privilégiée et de témoigner de la personnalité simple et naturelle du chef spirituel tibétain, loin de l’image officielle. Il est considéré comme son photographe quasi officiel pour la France et l’Europe.
En quoi consiste son projet sur les nonnes de l’Himalaya ?
Il s’agit d’un projet documentaire au long cours, initié en 2008, visant à mettre en lumière la vie des nonnes bouddhistes. Constatant qu’elles étaient peu visibles par rapport aux moines, il a décidé de documenter leur quotidien, leur parcours et surtout l’évolution de leur statut. Son travail, mené en Inde, au Népal ou au Ladakh, montre comment elles accèdent à l’éducation et prennent une place croissante dans la société tibétaine en exil.
Comment est-il passé de la physique à la photographie ?
La transition s’est faite progressivement. Durant ses études de physique, notamment à Normale Sup, Olivier Adam était déjà très investi dans le club photo de son école, y passant plus de temps que dans ses cours. Cette passion a grandi jusqu’à devenir une évidence. Son bagage scientifique lui a cependant été utile pour comprendre et enseigner les aspects techniques de la photographie, créant un pont entre ses deux univers.
Quels conseils donne-t-il aux jeunes photographes ?
En tant qu’enseignant, il encourage ses étudiants à avoir des rêves et de l’ambition, mais aussi à être pragmatiques et conscients des réalités du métier. Il insiste sur l’importance de maîtriser la technique pour ensuite pouvoir s’en libérer. Pour lui, la photographie est un métier de passion qui demande beaucoup d’énergie et de persévérance, mais qui offre de réelles opportunités dans un monde où le besoin d’images est constant.
