Les deux pièges de l’entrepreneur
Face à un projet qui ne décolle pas, le doute s’installe rapidement. Aline, coach business, identifie deux erreurs de jugement courantes qui peuvent mener soit à un abandon prématuré, soit à un acharnement stérile. La première est de confondre la lenteur avec l’échec. Elle insiste sur le fait que « les résultats prennent toujours plus de temps que prévu » et qu’une absence de résultats immédiats ne signifie pas que la stratégie est mauvaise. Pour contrer cette impatience, elle propose une règle simple : se donner un minimum de 90 jours pour évaluer sérieusement une nouvelle action, une nouvelle offre ou un nouveau canal de communication. C’est le temps nécessaire pour qu’une graine puisse germer, même si rien n’est visible en surface au début.
La seconde confusion est de prendre l’entêtement pour de la persévérance. Persévérer, explique Aline, ce n’est pas répéter sans cesse la même action en espérant un résultat différent, mais plutôt tester, ajuster et itérer. S’obstiner dans une seule et même direction sans jamais rien modifier relève de l’entêtement et mène rarement au succès.
Le temps de la décision
Pour aider à y voir plus clair, Aline propose une grille d’analyse simple. Si vous appliquez une stratégie depuis moins de 90 jours, la patience est de mise. Entre trois et six mois, si les résultats sont modestes malgré une application constante, il est temps d’adapter : changer le message, l’offre, le format. C’est souvent la manière de communiquer qui doit être ajustée, pas le projet lui-même. En revanche, si après plus de six mois d’efforts constants, d’ajustements multiples et d’itérations, aucun signal positif n’apparaît — ni engagement, ni curiosité, ni prospects — et que l’enthousiasme a disparu, il est probablement temps d’envisager un pivot majeur.
Aline nuance toutefois son propos en rappelant qu’il n’y a pas de règle absolue. Elle cite l’exemple de Starbucks, qui a essuyé des centaines de refus de financement avant de réussir. Ces repères sont des guides, mais l’intuition et la connaissance fine de son propre marché restent essentielles pour prendre la décision finale.
Les références de l’épisode
- Starbucks
- YouTube
- TheBBoost
- Podcast « Je peux pas, j’ai business »
Au fil de l’épisode
- La question centrale des entrepreneurs : comment persévérer quand les résultats n’arrivent pas ?
- Première confusion à éviter : ne pas confondre la lenteur naturelle d’un projet avec un échec.
- La règle des 90 jours : le délai minimum indispensable pour évaluer une nouvelle stratégie.
- Tenir un « journal de preuves » pour noter les micro-victoires et les signaux faibles.
- Deuxième confusion : la différence entre la persévérance (qui inclut des ajustements) et l’entêtement (qui répète les mêmes erreurs).
- Le seuil des six mois comme signal pour envisager un pivot stratégique si les résultats sont inexistants.
- Les quatre questions à se poser pour faire le point sur sa situation et décider de la suite.
- Quand persévérer, quand adapter et quand lâcher prise : un résumé des trois scénarios.
- L’exemple de Starbucks pour nuancer ces règles et rappeler l’importance de la vision à long terme.
FAQ
Quand faut-il persévérer dans son projet entrepreneurial ?
Selon Aline, il faut persévérer si vous avez lancé votre stratégie depuis moins de 90 jours, car il est trop tôt pour conclure à un échec. La persévérance est également de mise si vous observez des signaux faibles positifs, comme de l’interaction, de la curiosité de la part de prospects ou des retours encourageants, même s’ils ne se traduisent pas encore en ventes. Enfin, si vous croyez profondément en votre offre, la patience est votre meilleure alliée.
Quelle est la différence entre persévérance et entêtement en business ?
La persévérance implique une démarche active d’ajustement. C’est la capacité à continuer tout en testant différentes approches, en modifiant son message ou son offre pour trouver ce qui fonctionne. L’entêtement, au contraire, consiste à répéter exactement la même action encore et encore, en espérant un résultat différent sans jamais rien changer. La persévérance est constructive, tandis que l’entêtement est souvent une voie sans issue.
Comment savoir s’il est temps de pivoter sa stratégie ?
Un pivot stratégique doit être envisagé après une période significative d’efforts. Si cela fait plus de six mois que vous testez différentes approches avec constance sans obtenir le moindre signe de traction (ni engagement, ni prospects qualifiés), il est temps de se poser la question. Un autre signal fort est la perte de votre propre enthousiasme et de votre énergie pour le projet, qui indique souvent que vous êtes dans une impasse.
Quel est le délai minimum pour évaluer une nouvelle stratégie business ?
Aline recommande un délai minimum de 90 jours pour évaluer une nouvelle stratégie, une nouvelle offre ou un nouveau canal de communication. En dessous de cette durée, il est très difficile de tirer des conclusions fiables, car la plupart des actions mettent du temps à produire des effets visibles. Abandonner avant ce terme revient souvent à renoncer juste avant que les résultats n’apparaissent.
