La cohérence, pilier de l’éducation
Philippe Pérennes insiste sur un principe fondamental de la pédagogie Steiner : la collaboration. Pour lui, un enfant ne peut être éduqué isolément. Il est essentiel que les professeurs travaillent en lien constant les uns avec les autres, afin que les enseignements ne soient pas des « tranches qui n’ont pas de lien les unes avec les autres ». Cette synergie permet de renforcer les apprentissages, comme lorsqu’une notion de grammaire vue en cours principal est reprise en anglais ou en allemand. Cette cohérence doit s’étendre aux parents. L’école et la maison ne peuvent tirer dans des directions opposées. Des réunions régulières permettent donc d’expliquer les objectifs pédagogiques, invitant les parents à s’impliquer dans la vie de l’école, chacun à sa mesure.
L’implication parentale, qu’elle soit administrative ou ponctuelle comme la tenue d’un stand de crêpes, envoie un message fort à l’enfant : « Mon père, ma mère ne me met pas simplement à l’école là pour que je reçoive la pédagogie, mais il fait aussi vivre l’école. »
Révéler le mystère de chaque enfant
Au cœur de la démarche Waldorf se trouve le refus de la notation et du classement. Philippe Pérennes questionne la légitimité de juger un enfant, considéré comme un « mystère », à travers une note. Pour lui, une mauvaise note reflète souvent un échec du professeur à adapter sa méthode, par exemple en s’adressant uniquement aux élèves visuels au détriment des auditifs. L’absence de hiérarchisation crée un climat de classe propice à l’entraide. Un élève rapide en calcul n’est pas valorisé pour sa seule performance, mais encouragé à aider celui qui a plus de difficultés. Cette dynamique transforme une simple compétence intellectuelle en « intelligence du cœur ».
Cette pédagogie reconnaît ainsi plusieurs formes d’intelligence : celle de la tête, celle du cœur qui s’exprime dans les arts, et celle des mains et des pieds qui se manifeste dans le mouvement et les activités manuelles. L’objectif est de les faire dialoguer, car « il n’y a pas d’élève qui n’ait aucun talent ».
Les références de l’épisode
- Pédagogie Steiner-Waldorf
- École Steiner de Logelbach
- Théorème de Pythagore
- Kaizen Magazine
Au fil de l’épisode
- Le principe du professeur qui suit sa classe pendant huit ans pour accompagner l’évolution de chaque élève.
- L’importance de la collaboration entre enseignants pour créer des liens entre les matières et donner de la cohérence aux apprentissages.
- Le rôle crucial de la cohérence entre le monde de l’école et celui de la maison.
- L’implication des parents dans la vie associative de l’école, un soutien essentiel pour l’enfant.
- L’objectif de la pédagogie Steiner : éveiller la sensibilité artistique et les habiletés manuelles pour nourrir le monde intérieur de l’enfant.
- L’absence de notes et d’évaluations chiffrées durant la majeure partie de la scolarité.
- La critique du système de notation qui hiérarchise les élèves et peut brider leur potentiel.
- La responsabilité du professeur : une mauvaise note est d’abord une question sur sa propre pédagogie.
- L’exemple des différents canaux d’apprentissage (visuel, auditif) et la nécessité d’adapter les cours.
- L’entraide entre élèves comme outil pour développer une « intelligence du cœur ».
- Comment un élève en difficulté devient une « chance » pour les autres d’apprendre à expliquer et à être patient.
- La critique d’une société trop centrée sur la performance intellectuelle au détriment des qualités humaines.
- Les trois formes d’intelligence : intellectuelle (tête), artistique (cœur) et pratique (mains).
- L’idée que chaque enfant possède des talents et qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les intelligences.
- Ce que trente ans d’enseignement ont appris à Philippe Pérennes : respecter le mystère de chaque enfant et cultiver sa curiosité.
FAQ
Qui est Philippe Pérennes ?
Philippe Pérennes est un professeur expérimenté qui enseigne depuis trente ans à l’école Steiner de Logelbach. Dans cet épisode, il partage son expérience et sa vision de la pédagogie Waldorf, une approche éducative qui met l’accent sur le développement global de l’enfant, en intégrant les dimensions artistiques, manuelles et intellectuelles, ainsi que sur la collaboration entre enseignants et parents.
Qu’est-ce que la pédagogie Steiner-Waldorf selon cet épisode ?
C’est une approche éducative qui considère l’enfant comme un « mystère » à révéler plutôt qu’un esprit à remplir. Elle vise à développer différentes formes d’intelligence, pas seulement intellectuelle mais aussi artistique et manuelle. Elle se caractérise par l’absence de notation chiffrée, une forte collaboration entre les enseignants et une implication importante des parents dans la vie de l’école.
Pourquoi n’y a-t-il pas de notes dans les écoles Steiner ?
Selon Philippe Pérennes, la notation est évitée car elle hiérarchise et classe les enfants les uns par rapport aux autres, ce qui est jugé injuste. Une note est vue comme un reflet de l’incapacité du professeur à s’adapter à l’élève. L’absence de notes favorise un climat d’entraide plutôt que de compétition, où les élèves les plus rapides aident ceux qui ont des difficultés, développant ainsi leur empathie.
Quel est le rôle des parents dans une école Steiner ?
Les parents sont des partenaires essentiels de l’éducation. L’école cherche à établir une cohérence entre ce qui est vécu à la maison et en classe. Les parents sont invités à s’impliquer dans la vie de l’école à travers diverses commissions ou en participant à des événements. Cette implication montre à l’enfant que ses parents soutiennent et font vivre activement son lieu d’apprentissage.
Quelles sont les différentes formes d’intelligence évoquées ?
L’épisode distingue trois grandes formes d’intelligence. D’abord, l’intelligence intellectuelle, classiquement reconnue. Ensuite, l’intelligence artistique ou « du cœur », qui s’exprime dans la sensibilité aux couleurs ou à la musique. Enfin, l’intelligence des membres (mains et pieds), qui se manifeste dans le mouvement, la danse ou les activités manuelles. La pédagogie Steiner cherche à toutes les valoriser et les harmoniser.
