Wave Storia se consulte en mode portrait sur téléphone.
Merci de retourner votre appareil.

Proposer un podcast Produire mon podcast
Wave Storia

Pierre Casiraghi

Aventurier dans l'âme, Pierre Casiraghi est le vice-président du Yacht Club de Monaco. Il vient d'offrir à la Principauté une victoire historique en remportant la prestigieuse Admiral's Cup dès sa première participation. Dans cet entretien, il revient sur cette compétition mythique, l'une des plus exigeantes du circuit. Il raconte la stratégie, l'épuisement, la peur et la solidarité qui soudent un équipage dans l'épreuve. Plus qu'un sport, la voile est pour lui une aventure humaine, un espace de partage et de dépassement de soi où il puise la fierté de représenter Monaco au plus haut niveau.

la compétition en mer, une aventure humaine entre héritage et transmission

Une victoire historique

Pierre Casiraghi revient sur sa récente victoire à l’Admiral’s Cup, une compétition qu’il juge unique et prestigieuse, notamment par la qualité des marins qui l’ont remportée par le passé. Il raconte son émotion en découvrant la coupe pour la première fois, un trophée qu’il s’est interdit de toucher avant la victoire, par superstition. Le monde de la voile, explique-t-il, est pétri de ces petites croyances, même s’il ne s’y attarde pas. Le format de l’épreuve est particulièrement exigeant : deux semaines de courses intenses, mêlant parcours côtiers et une épreuve finale mythique, le Fastnet.

La préparation pour un tel événement a débuté près d’un an auparavant, avec la recherche et l’optimisation d’un bateau adapté aux conditions attendues.

La clé des petits bateaux

La compétition se court avec deux bateaux par équipe, un grand et un petit. Pierre Casiraghi était sur un bateau de la petite catégorie, où se sont retrouvés, à sa grande surprise, les plus grands noms de la voile. L’équipe monégasque a fait un pari technique risqué en choisissant un bateau très performant dans une tranche de vent spécifique, mais fragile en cas de forte mer. « On savait que le bateau allait peut-être pas tenir », confie-t-il. Ce choix s’est avéré payant, mais l’a placé face à des légendes comme Dean Barker, l’une de ses idoles. Il raconte avec amusement être allé lui demander un selfie avant le départ, conscient de l’immense défi que représentait le fait de l’affronter.

« L’importance d’une victoire, elle est aussi fonction des adversaires qu’on a battus », souligne-t-il, reconnaissant la difficulté de tenir tête à des barreurs aussi expérimentés.

L’épreuve de l’épuisement

La course au large est une épreuve d’endurance extrême. Pierre Casiraghi décrit l’état d’épuisement total dans lequel se trouvent les marins, surtout dans les dernières heures avant l’arrivée, où la concentration doit être maximale. Sur le Fastnet, la proximité constante avec les concurrents a ajouté une dimension de guerre psychologique. L’équipage se forçait mutuellement à multiplier les manœuvres pour pousser l’autre à la faute. Le sommeil est rare et non réparateur, pris par tranches de quelques heures dans des conditions très précaires. Le bateau, rempli d’eau et constamment en mouvement, n’est absolument pas conçu pour être habité.

« Personne n’a enlevé son ciré, ni ses chaussures ni ses bottes pendant les quatre jours de course », illustre-t-il pour décrire l’inconfort permanent.

L’aventure humaine avant tout

S’il y a une chose que Pierre Casiraghi ne fera jamais, c’est courir en solitaire. Sa passion est indissociable du partage avec un équipage. Il raconte son admiration pour l’abnégation des marins qui, malgré la fatigue, le froid et la faim, trouvent toujours la force d’aider un coéquipier. « On pense plus à soi, on va aider l’autre », explique-t-il. Ces moments de générosité dans l’effort sont pour lui une source d’inspiration, des instants qui le rendent meilleur. Il évoque notamment la présence de femmes à bord, comme Cole Brauer, première Américaine à avoir bouclé un tour du monde en solitaire, dont l’énergie et les compétences techniques l’ont bluffé.

C’est cette dimension de communion, cette solidarité face à l’adversité, qui donne tout son sens à la compétition pour lui.

Des rencontres et des souvenirs marquants

Son parcours a été jalonné de rencontres fortes, comme celle avec le navigateur italien Giovanni Soldini, son premier skipper en course au large. Il se souvient de son calme et de sa capacité à faire beaucoup avec peu de moyens, une attitude qui l’a profondément marqué. C’est avec lui qu’il a battu le record de la traversée de l’Atlantique Sud, qui tient toujours. Il évoque aussi le plaisir de retrouver sur l’Admiral’s Cup deux marins italiens avec qui il avait navigué 17 ans plus tôt, des moments de complicité qui permettent de décompresser au milieu de la tension de la course.

Ces liens tissés en mer sont indélébiles, car ils naissent d’expériences que seuls ceux qui les ont vécues peuvent comprendre.

Dans le dur

La mer peut être impitoyable. Pierre Casiraghi raconte l’un de ses pires souvenirs, lors de la course « Cape Turio », où une tempête d’une violence inouïe a frappé la flotte. Il décrit le bruit assourdissant, les vagues de 12 à 15 mètres qui ressemblaient à des immeubles, et la peur. Un chandelier a traversé le pont du bateau et a manqué de le blesser de quelques centimètres dans sa couchette. Il explique le rôle de la « peur constructive », celle qui maintient en alerte et pousse à prendre les bonnes décisions pour survivre. La peur qui paralyse, dit-il, n’est pas le trait des marins.

« Un homme qui n’a pas peur, c’est un homme qui est mort », affirme-t-il, soulignant que cette peur est essentielle pour évaluer le risque.

Porter les couleurs de Monaco

Cette victoire à l’Admiral’s Cup est avant tout celle de Monaco. Pierre Casiraghi confie l’immense fierté qu’il a ressentie en représentant la Principauté. Savoir que cette performance mettrait Monaco au centre du monde de la voile a été une puissante source de motivation dans les moments les plus difficiles. « J’avais envie de rendre le pays fier, les Monégasques fiers », dit-il. Il a reçu des centaines de messages de grands noms de la voile, confirmant l’impact de cet exploit. Pour lui, qui a commencé la compétition assez tard, c’est l’aboutissement d’un parcours guidé par la passion et le plaisir de la compétition.

Après un tel sommet, il avoue qu’il sera difficile de revivre un moment aussi intense, mais la faim de compétition, elle, sera toujours là.

Les références de l’épisode

  • Personnes : Geneviève Berti, Dean Barker, Boris, Giovanni Soldini, Cole Brauer, Nico Robel, Jean-Pierre Dick, Chabot, Jimmy Spitey, Roger Federer.
  • Compétitions et événements : Admiral’s Cup, Fastnet, Vendée Globe, Coupe de l’Amérique, Cape Turio.
  • Organisations et équipes : Yacht Club de Monaco, Team Maletia, Richard Mille, Hull Club de Hong Kong.
  • Bateaux : Twiga.

Au fil de l’épisode

  • Le prestige de l’Admiral’s Cup, une compétition mythique.
  • Les superstitions dans le monde de la voile, comme ne jamais toucher une coupe avant de l’avoir gagnée.
  • La préparation d’un an pour une course aussi exigeante.
  • Le pari stratégique de choisir un petit bateau, plus rapide mais plus fragile.
  • Régater contre son idole, le navigateur Dean Barker.
  • L’importance de rester concentré jusqu’à la ligne d’arrivée, car rien n’est jamais joué.
  • L’épuisement physique et mental extrême de la course au large.
  • Les conditions de vie à bord : l’humidité, le bruit, le manque de sommeil et d’espace.
  • Pourquoi il préfère la navigation en équipage à l’aventure en solitaire.
  • La générosité et l’abnégation, qualités essentielles d’un bon marin.
  • La place des femmes dans la voile, avec l’exemple de la navigatrice Cole Brauer.
  • Sa relation avec son mentor, le skipper italien Giovanni Soldini.
  • Le record de la traversée de l’Atlantique Sud, toujours imbattu.
  • La communication en anglais au sein d’un équipage international.
  • La difficulté de décrire l’expérience de la mer à ceux qui restent à terre.
  • Le choc du retour à la vie normale après plusieurs jours en mer.
  • La fierté de représenter Monaco et de placer la Principauté sur la carte mondiale de la voile.
  • Ses débuts tardifs dans la compétition et son aisance naturelle à la barre.
  • Le parallèle entre piloter une voiture et barrer un bateau.
  • La vie à bord décrite comme un « camping absurde ».
  • Le souvenir d’une tempête terrifiante lors de la course Cape Turio, avec des vagues de 15 mètres.
  • La « peur constructive » comme outil de survie en mer.
  • Le management du Team Maletia avec Boris.
  • La différence entre le monde amateur et professionnel dans la voile.
  • La difficulté de trouver un nouveau défi après une victoire aussi éclatante.

FAQ

Qui est Pierre Casiraghi ?

Pierre Casiraghi est un navigateur et compétiteur, vice-président du Yacht Club de Monaco. Passionné par la mer, il s’est illustré dans de nombreuses courses au large. Il décrit la voile non seulement comme un sport exigeant, mais aussi comme une profonde aventure humaine, où l’esprit d’équipe et la solidarité sont des valeurs fondamentales. Il est particulièrement attaché à la navigation en équipage, qu’il préfère à la course en solitaire.

Quelle compétition majeure Pierre Casiraghi a-t-il récemment remportée ?

Pierre Casiraghi a récemment remporté l’Admiral’s Cup, l’une des compétitions de voile les plus prestigieuses au monde. C’est une victoire historique pour le Yacht Club de Monaco, qui y participait pour la première fois. Cette course par équipes est réputée pour sa difficulté, combinant plusieurs épreuves sur deux semaines et se terminant par la mythique course du Fastnet. Ce succès a placé Monaco au centre de l’attention du monde de la voile.

Pourquoi la course du Fastnet est-elle si difficile ?

Le Fastnet est une course au large particulièrement éprouvante. Son format de trois à cinq jours empêche les marins de trouver un rythme de sommeil stable, menant à un épuisement extrême. Les conditions de vie à bord des bateaux de course sont très précaires : ils sont humides, bruyants et non conçus pour le repos. La compétition y est souvent très serrée, ajoutant une pression psychologique constante où chaque manœuvre compte pour ne pas se laisser distancer.

Pourquoi Pierre Casiraghi préfère-t-il naviguer en équipage ?

Pour Pierre Casiraghi, la voile est avant tout une aventure à partager. Il ne s’intéresse pas à la course en solitaire car il est fasciné par la dynamique d’un équipage. Il admire la générosité et l’abnégation des marins qui s’entraident malgré la fatigue extrême, le froid ou la faim. Ces moments de solidarité et de dépassement collectif sont, selon lui, ce qui donne sa véritable valeur à la compétition et à l’expérience en mer.

Comment cette victoire à l’Admiral’s Cup profite-t-elle à Monaco ?

Cette victoire historique place Monaco et son Yacht Club au premier plan de la scène internationale de la voile. Elle renforce la réputation de la Principauté dans le domaine du yachting de haut niveau. Pour Pierre Casiraghi, c’était une source de motivation majeure de pouvoir rendre son pays et les Monégasques fiers. Ce succès associe l’image de Monaco aux valeurs d’excellence, de persévérance et d’esprit d’équipe propres au sport de haut niveau.

Épisodes similaires
Portrait de Laurent Puons, directeur de Monaco Mediax et président de la Fédération monégasque de Boxe
Monaco Info - Le Podcast Laurent Puons
Laurent Puons raconte les défis du Festival de Télévision de Monte-Carlo, ses rencontres avec les stars et sa passion pour la boxe.
26 juillet 2026 · 42 min
Écouter l'épisode
Portrait de l'acteur Gil Alma, invité du podcast de Monaco Info
Monaco Info - Le Podcast Gil Alma
Gil Alma se confie sur son parcours atypique, de la poissonnerie à la série « César Wagner » et sa nouvelle passion pour la réalisation.
19 juillet 2026 · 22 min
Écouter l'épisode
Que souhaitez-vous écouter maintenant ?
Choisissez un mot-clé, appuyez sur Entrée pour parcourir les épisodes.