Un anniversaire fédérateur
Pierre Ciot et Olivier Brillanceau reviennent sur la grande exposition collective organisée pour les 20 ans de la SAIF dans un lieu prestigieux. Conçue comme un pari, l’initiative a dépassé toutes les attentes en réunissant plus de 900 auteurs de tous les répertoires : photographes, dessinateurs, architectes, designers ou encore sculpteurs. Chacun a envoyé une image, parfois accompagnée de textes très personnels, témoignant d’un fort besoin d’expression. Face à cette richesse, la publication d’un catalogue s’est imposée pour pérenniser l’événement.
Le succès du vernissage, qui a rassemblé des centaines de personnes, a matérialisé la force de ce collectif. « C’était aussi une façon de dire merci à la société », souligne Olivier Brillanceau, évoquant un moment où la notion parfois abstraite de société d’auteurs est devenue tangible, incarnée par des créateurs heureux de célébrer ensemble leur outil commun.
Le combat pour la valeur
Cet événement illustre le chemin parcouru par la SAIF. D’abord considérée comme une « quantité négligeable » vouée à disparaître, la société est aujourd’hui un acteur « incontournable dans le paysage », respecté des autres organisations et écouté des pouvoirs publics. Pour les auteurs, l’adhésion se traduit concrètement par la perception de droits collectifs, des sommes qui peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros et qui donnent un sens tangible à la défense de leurs intérêts. Ce combat se poursuit aujourd’hui sur le front du numérique.
Face à la « culture de la gratuité » et à la facilité avec laquelle les images sont utilisées sans contrepartie, la SAIF se bat pour « remettre de la valeur ». L’enjeu principal est de faire payer les grandes plateformes numériques, les GAFAM, pour l’utilisation des contenus qu’elles exploitent. « Le combat, c’est celui-là. Remettre de la valeur pour qu’il y ait de la rémunération pour les photographes et pour les auteurs en général. »
Les références de l’épisode
- SAIF (Société des Auteurs des arts visuels et de l’Image Fixe)
- Olivier Brillanceau, Directeur général de la SAIF
- Pascal Therme
- Rapport Racine sur le droit d’auteur
- Clément Vallette
- Festival Voix Off à Arles
- GAFAM
Au fil de l’épisode
- Retour sur l’exposition anniversaire des 20 ans de la SAIF.
- Le pari d’une exposition collective avec plus de 900 auteurs participants.
- La diversité des répertoires représentés : photographes, dessinateurs, architectes, sculpteurs.
- La création d’un catalogue pour pérenniser l’événement et valoriser les textes des auteurs.
- Le sentiment de communauté et de reconnaissance exprimé lors du vernissage.
- L’engagement d’artistes habituellement réticents aux expositions collectives.
- La SAIF, une société d’auteurs qui n’est pas une « nébuleuse administrative ».
- L’évolution de la SAIF : d’une « quantité négligeable » à un acteur incontournable.
- La reconnaissance par les institutions et les pouvoirs politiques.
- L’importance concrète des répartitions de droits pour les photographes.
- Le combat contre la « culture de la gratuité » à l’ère du numérique.
- L’objectif de faire payer les plateformes numériques pour redonner de la valeur aux contenus.
FAQ
Qui est Pierre Ciot ?
Pierre Ciot est le vice-président de la SAIF (Société des Auteurs des arts visuels et de l’Image Fixe). Dans cet épisode, il revient sur les 20 ans de l’organisation, son rôle dans la défense des droits des photographes et des artistes visuels, et les grands enjeux du secteur, notamment face à la révolution numérique.
Qu’est-ce que la SAIF ?
La SAIF est une société de gestion collective qui protège et défend les droits des auteurs des arts visuels. Elle représente des milliers de créateurs issus de divers répertoires (photographie, dessin, architecture, design, sculpture). Sa mission est de percevoir et de répartir les rémunérations dues aux auteurs, notamment au titre de la copie privée, et de les représenter dans les négociations nationales et internationales.
Pourquoi les 20 ans de la SAIF ont-ils été un événement marquant ?
L’anniversaire a été célébré par une exposition collective de grande ampleur, réunissant les œuvres de plus de 900 auteurs membres. Cet événement a permis de matérialiser la force du collectif et de créer un moment de cohésion fort. Il a démontré l’attachement des auteurs à leur société, perçue non pas comme une entité administrative mais comme un outil de combat qui leur appartient.
Quel est le principal combat de la SAIF aujourd’hui ?
Le principal combat de la SAIF est de lutter contre la « culture de la gratuité » qui s’est développée avec le numérique. L’objectif est de « remettre de la valeur » dans la création en obtenant que les grandes plateformes en ligne, comme les GAFAM, rémunèrent les auteurs pour l’utilisation de leurs œuvres. Il s’agit d’un enjeu crucial pour l’avenir de la rémunération des créateurs.
Pourquoi un photographe devrait-il adhérer à une société d’auteurs ?
Selon les intervenants, adhérer à une société comme la SAIF permet à un photographe de protéger ses droits de manière collective. Au-delà de la solidarité professionnelle, cela se traduit concrètement par la perception de droits collectifs qui peuvent représenter une part non négligeable de ses revenus. C’est aussi un moyen de peser dans les négociations avec les institutions et les diffuseurs.
