Du service de l’État à l’entrepreneuriat
Pierre Van Klaveren raconte ses débuts professionnels au sein de l’administration monégasque, notamment à la Direction de la Communication puis au Welcome Office. Il décrit cette période comme une formidable école où il a rencontré de nombreux entrepreneurs aux parcours très variés. C’est cette expérience, couplée à une curiosité naturelle et à l’envie de tenter sa chance, qui le pousse avec son collègue Aymeric à quitter la fonction publique pour se lancer dans l’entrepreneuriat. Il souligne la chance unique qu’ont les Monégasques de pouvoir prendre de tels risques, sachant qu’ils auront toujours un soutien de l’État en cas de besoin. « Mes parents m’ont toujours dit : si tu bosses, tu auras la chance que tu auras à Monaco, c’est que tu auras toujours un toit sur la tête et tu auras toujours de quoi mettre quelque chose dans ta gamelle. »
Cette sécurité lui a permis de faire un choix audacieux, loin des postes plus administratifs qui s’offraient à lui s’il était resté.
Une histoire d’amour avec Special Olympics
L’engagement de Pierre Van Klaveren auprès de Special Olympics Monaco commence très tôt, à l’âge de 14 ans, et de manière totalement fortuite. Alors qu’il joue au football, son entraîneur cherche des jeunes pour participer au nouveau « programme unifié », qui consiste à créer des équipes mixtes composées d’athlètes en situation de handicap mental et de partenaires valides. Il rejoint l’aventure sans rien connaître au handicap, avec un regard neuf. « J’ai commencé gamin, ces gars-là je les vois aujourd’hui dans la rue, ils m’ont vu arriver, j’avais 14 ans, j’étais un petit con, et maintenant je suis un peu plus vieux, toujours aussi con, mais il n’empêche que t’as un peu vieilli quoi. »
Il décrit une relation qui s’est construite sur le terrain, transformant ses coéquipiers en amis et faisant de l’association une part essentielle de sa vie.
Prendre le relais de Mireille Calme
La transition vers la présidence de l’association s’est faite naturellement, préparée de longue date par la fondatrice de l’antenne monégasque, Mireille Calme. Dès 2011, elle commence à le former pour qu’il prenne sa succession, une responsabilité qu’il accepte pour faire perdurer son œuvre. Il insiste sur le rôle fondamental de l’association, qui va bien au-delà du sport : c’est un outil de socialisation essentiel pour des athlètes parfois isolés. Financée en grande partie par l’État monégasque, l’association permet à ses membres de voyager dans le monde entier pour des compétitions, une opportunité unique. « Tout ce qu’on doit faire, l’objectif premier, c’est que quand ils sortent de là, il faut qu’ils se sentent un peu mieux que quand ils sont arrivés et qu’ils ont envie de revenir. »
Son objectif est que Special Olympics Monaco soit reconnue comme une institution solide, qui ne dépende pas uniquement de la personnalité de son président.
L’engagement politique, un autre hasard
L’entrée en politique de Pierre Van Klaveren est, elle aussi, le fruit du hasard. C’est sur une boutade lancée à un collègue qu’il se retrouve à discuter avec Stéphane Valéri, qui montait alors une liste pour les élections nationales de 2018. Séduit par la démarche de réflexion collective, il participe aux réunions préparatoires sans intention initiale d’être candidat. De fil en aiguille, il accepte de s’engager et vit une campagne électorale qu’il juge passionnante par la richesse des débats et des échanges avec les citoyens. « Je n’y connais pas grand-chose. C’est Apollo 14. Tu ne savais pas que ce n’était pas possible, alors tu l’as fait. C’est un peu ça l’idée. »
Il est élu et découvre le fonctionnement du Conseil National, une expérience qu’il qualifie de très intéressante et durant laquelle il a beaucoup appris.
Un mandat et puis s’en va
Pendant ses cinq années de mandat, il participe à l’élaboration de plusieurs lois importantes, notamment celle sur le pacte civil de solidarité. Il insiste sur la dimension collective du travail d’élu, loin de toute ambition personnelle. « Je ne peux pas dire que moi j’étais plus utile que d’autres. Par contre, j’espère que les conversations qu’on a pu avoir […] ont pu servir à apporter à la réflexion générale. » Conciliant ce rôle avec son travail, sa présidence de Special Olympics et sa vie de famille, il décide de ne pas se représenter en 2023, une décision mûrie et annoncée tôt pour ne pas faire les choses à moitié. Il continue cependant de suivre la vie politique avec intérêt et se dit prêt à aider si on le sollicite.
Fidèle à son caractère direct et honnête, il conclut en expliquant que l’hypocrisie est une perte de temps dans un « village » comme Monaco.
Les références de l’épisode
- Special Olympics Monaco
- Mireille Calme
- Conseil National de Monaco
- AMAPEI (mentionnée comme la MAPI)
- Geneviève Berti
- Stéphane Valéri (mentionné comme Stéphane Valécon)
- Lionel Yacono
- Marco Muratori
- Lionel Galfrey
- Welcome Office (Monaco)
- Pacte Civil de Solidarité (CVC)
- Direction de la Communication du gouvernement monégasque (Direcom)
Au fil de l’épisode
- Ses débuts dans l’administration monégasque à la Direction de la Communication.
- L’expérience au Welcome Office et la rencontre quotidienne avec des entrepreneurs.
- La décision de quitter la fonction publique pour créer sa propre entreprise avec un collègue.
- La sécurité offerte par le statut de Monégasque comme tremplin pour oser entreprendre.
- Comment il a rejoint Special Olympics à 14 ans, via son club de football.
- La création du programme « unifié » mélangeant athlètes valides et en situation de handicap.
- Sa relation avec Mireille Calme, fondatrice de Special Olympics Monaco.
- La manière dont Mireille Calme l’a préparé à prendre sa succession à la présidence.
- Le rôle de socialisation de l’association, au-delà de la pratique sportive.
- Le financement de l’association et l’organisation des nombreux déplacements internationaux.
- La scission entre Special Olympics Monaco et l’AMAPEI (MAPI) pour permettre aux deux entités de grandir.
- Le sentiment d’utilité immédiate au contact des athlètes.
- L’importance de l’inclusion et la manière dont son propre fils interagit avec les athlètes.
- Le besoin de bénévoles ayant des compétences techniques sportives spécifiques.
- Son entrée inattendue en politique, à la suite d’une simple blague.
- Sa participation à la campagne de 2018 et son élection au Conseil National.
- La découverte du fonctionnement de l’institution et l’équilibre avec sa vie professionnelle et personnelle.
- Sa participation à des textes de loi majeurs comme le Contrat de Vie Commune (CVC).
- La décision de ne pas se représenter pour un second mandat.
- Son regard actuel sur la politique et sa disponibilité pour aider de manière informelle.
- Sa personnalité franche et directe, héritage de son éducation.
- Ce qu’il souhaite pour l’avenir : continuer à avoir de la chance et à s’amuser.
FAQ
Qui est Pierre Van Klaveren ?
Pierre Van Klaveren est un entrepreneur monégasque, principalement connu pour son engagement associatif en tant que président de Special Olympics Monaco. Il a succédé à la fondatrice, Mireille Calme. Il a également eu un engagement politique en étant élu conseiller national de 2018 à 2023. Il a commencé sa carrière dans l’administration monégasque avant de créer son entreprise.
Qu’est-ce que Special Olympics Monaco ?
Special Olympics Monaco est une association sportive dédiée aux personnes en situation de handicap mental. Fondée par Mireille Calme, elle propose des entraînements et la participation à des compétitions sportives à travers le monde. Son but n’est pas seulement la performance, mais aussi et surtout la socialisation, l’inclusion et l’épanouissement de ses athlètes. Elle fonctionne grâce à des subventions et à l’implication de nombreux bénévoles.
Comment Pierre Van Klaveren s’est-il engagé dans Special Olympics ?
Son engagement a débuté à l’âge de 14 ans, de manière fortuite. Son entraîneur de football cherchait des jeunes joueurs pour lancer le « programme unifié », qui intègre des joueurs valides (partenaires) dans les équipes d’athlètes en situation de handicap. Il a rejoint le programme sans connaître le monde du handicap et n’a plus jamais quitté l’association, créant des liens d’amitié forts avec les athlètes.
Pourquoi Pierre Van Klaveren s’est-il engagé en politique ?
Son entrée en politique s’est faite sur un « coup de tête ». Suite à une plaisanterie avec un collègue, il a été mis en contact avec Stéphane Valéri qui préparait une liste pour les élections nationales. Intéressé par la démarche de réflexion collective, il a participé aux réunions et a finalement accepté d’être candidat, sans plan de carrière, mais avec l’envie de se sentir utile pour son pays.
