Un levier de croissance spectaculaire
Aline raconte comment elle a commencé à proposer le CPF en 2020 pour le premier lancement de sa formation, la BSB Academy. Convaincue par son amie Amel Rachem, spécialiste du sujet, elle entreprend les démarches pour devenir organisme de formation et obtenir la certification DataDoc. Le processus est mené à temps pour son lancement de septembre 2020, et le résultat est immédiat et dépasse toutes ses attentes.
Le CPF se révèle être un véritable accélérateur pour son business. « Je suis partie avec un objectif de 200 000 euros et on est arrivé finalement à 350 000 euros de chiffre d’affaires avec sur ces 350 000 euros une moitié de dossier CPF », explique-t-elle.
Le revers de la médaille
L’expérience positive tourne court. Fin 2020, un premier décret (annulé depuis) menace son éligibilité. Mais le véritable coup de massue arrive en décembre : un contrôle surprise de la Caisse des dépôts. Deux inspectrices débarquent chez elle pour un audit de huit heures sur son organisme de formation. Aline décrit une expérience particulièrement désagréable, où ses méthodes de suivi, jugées trop « amateur » (tableurs Google Sheets, retours par messages vocaux), ne correspondent pas aux standards attendus par l’administration.
Bien qu’elle respecte les critères sur le fond, la forme n’y est pas, et elle a le sentiment d’être jugée sur des a priori. « J’étais pas du tout dans un mood de contrôle d’audit, j’avais pas du tout conscience de comment ça se passait », confie-t-elle.
Une gestion chronophage et démotivante
À cette mauvaise expérience s’ajoute la lourdeur administrative de la fin de formation. Pour être payée par le CPF, Aline doit s’assurer que ses élèves ont bien complété l’intégralité du parcours. Elle passe alors un mois à « harceler » ses clients pour qu’ils terminent les modules, une situation qu’elle juge pénible pour tout le monde et contraire à l’expérience qu’elle souhaite offrir.
Entre l’audit stressant et cette gestion chronophage, elle prend une décision radicale : ne plus proposer le CPF. Elle prouvera d’ailleurs lors de son lancement suivant qu’il est tout à fait possible de réussir sans, dépassant son objectif de 500 000 euros pour atteindre plus de 750 000 euros de chiffre d’affaires.
Pour aller plus loin
- Episode #91 – Devenir organisme de formation lorsqu’on est entrepreneur
- Episode #114 – Les coulisses du lancement de la BSB Académie 2021
- Le plan d’action en 10 étapes pour développer votre business
- Retrouver Aline sur Instagram
Les références de l’épisode
- Compte Personnel de Formation (CPF)
- BSB Academy
- Amel Rachem
- DataDoc
- Calliopi
- Caisse des dépôts
- Digiforma
- RNCP (Répertoire National des Certifications Professionnelles)
- RS (Répertoire Spécifique)
- Directe (aujourd’hui DREETS)
- Google Sheet
- Loom
Au fil de l’épisode
- Introduction au sujet : le CPF, un retour d’expérience très demandé.
- Qu’est-ce que le Compte Personnel de Formation et pourquoi est-il si populaire ?
- La perception du CPF comme une « manne financière » pour les formateurs.
- L’expérience d’Aline : une proposition du CPF entre septembre 2020 et janvier 2021.
- Pourquoi Aline a initialement décidé de proposer le CPF pour sa formation BSB Academy.
- Les démarches pour devenir organisme de formation et obtenir le DataDoc.
- Le succès du premier lancement : 350 000 € de chiffre d’affaires, dont la moitié grâce au CPF.
- Le premier signal d’alarme : un décret en novembre 2020 sur les numéros de SIRET (finalement annulé).
- Le tournant : le contrôle surprise de la Caisse des dépôts en décembre 2020.
- Le déroulé de l’audit : 8 heures d’inspection à domicile.
- Le décalage entre ses méthodes de suivi et les attentes des inspecteurs.
- La lourdeur administrative de fin de formation pour pouvoir être payée.
- L’obligation de relancer les élèves pour qu’ils terminent la formation.
- La décision d’arrêter le CPF suite à ces mauvaises expériences.
- Est-il possible de vendre des formations en ligne sans CPF ? La réponse d’Aline.
- Le succès du lancement suivant sans CPF : plus de 750 000 € de chiffre d’affaires.
- Aline envisage-t-elle de reproposer le CPF à l’avenir ? Oui, mais sous conditions strictes.
- Pourquoi la BSB Academy ne sera plus éligible : liberté pédagogique et volonté d’avoir des élèves 100% engagés.
- Le lien entre l’engagement des élèves et le fait qu’ils paient de leur poche.
- Mise en garde sur les abus et la « chasse aux sorcières » lancée par la Caisse des dépôts.
- Les 3 arguments pour le CPF : source de revenus, accès à la formation, augmentation de la qualité.
- Les 3 arguments contre le CPF : contrôles de l’État, moindre implication des élèves, dépendance à un système.
- Le conseil final : ne jamais faire du CPF son seul argument de vente.
FAQ
Pourquoi Aline de TheBBoost a-t-elle arrêté de proposer le CPF ?
Elle a arrêté suite à une expérience très négative, marquée par un contrôle surprise de huit heures de la Caisse des dépôts qu’elle a trouvé stressant et inadapté à son profil d’entrepreneure. Elle a également jugé la charge administrative, notamment l’obligation de relancer ses élèves pour qu’ils terminent leur formation afin d’être payée, trop lourde et contraire à l’expérience client qu’elle souhaitait offrir.
Qu’est-ce que le CPF (Compte Personnel de Formation) ?
D’après l’épisode, le CPF est un droit à la formation qui prend la forme d’une cagnotte en euros, alimentée tout au long de la vie active d’un salarié. Cette somme peut ensuite être utilisée pour financer une formation, à condition que celle-ci soit répertoriée dans le catalogue officiel du CPF. C’est un dispositif largement promu par l’État pour faciliter l’accès à la formation continue.
Proposer le CPF a-t-il été bénéfique pour son business au début ?
Oui, absolument. Pour le premier lancement de sa formation BSB Academy en 2020, le CPF a été un formidable levier de croissance. Aline explique que la moitié de son chiffre d’affaires de 350 000 euros provenait de dossiers CPF, ce qui lui a permis de dépasser très largement son objectif initial de 200 000 euros. C’était donc un véritable succès financier au départ.
Est-il possible de vendre des formations en ligne sans proposer le CPF ?
Oui, et Aline en apporte la preuve avec sa propre expérience. Après avoir arrêté le CPF, elle a réalisé un nouveau lancement avec un objectif de 500 000 euros et a finalement atteint plus de 750 000 euros de chiffre d’affaires. Elle soutient qu’il est plus durable de construire une audience qui achète pour la valeur de la formation et la confiance en son créateur, plutôt que pour la seule facilité de financement.
Quels sont les principaux risques à proposer le CPF selon Aline ?
Les risques majeurs sont de subir des contrôles de l’État, comme l’audit qu’elle a vécu, de devoir gérer une lourde charge administrative, et de constater un engagement moindre de la part des élèves qui ne paient pas directement de leur poche. Elle alerte aussi sur le durcissement des règles et le danger de bâtir son modèle économique uniquement sur un dispositif que l’on ne maîtrise pas.
